SCARLATINE
l'épidémie apparat, en pleine desquamation de scarlatine. La trûte s'effectuait sans ordre ûxe, c*est-à-dire qae chaque vadier trayait tantôt une béte, tantôtuneautre, mais tous trois versaient leur lait dans un récipient commun. Deux fois par jour, des Toitures menées par B... et par le neveu de A..., transportaient par des routes différentes, le lait destiné aux clients éloignés, formant deux groupes, Tun au nord,rautreau sud de la ferme. G... portait le lait aux clients du voisinage.
Pour admettre que la scarlatine eût été communiquée directement par le contact personnel, il eût fallu que l'épidé mie n'atteignit que le groupe de clients desservis par G..., le grand-père de l'enfant malade. Or, il n'en était pas ainsi: les dix-huit familles contaminées étaient réparties dans les trois gronpeSy ce qui rend plausible la conclusion que la propaga tion morbide s'est opérée par Fintermédiaire du lait.
C... habitait, au sein de la famille de son fils, une maisonnette où Tencombrement était très grand ; il est vraisemblable que ses mains ou ses vêtements ont été le véhicule des germes scarlatineux, qui sont tombés dans le lait qu'il trayait.
D'autres épidémies reconnaissant la même origine avaient été signalées à South Keissington et Saint-Andrew» en 1870.
En janvier 1800, la fille d'un laitier des environs de New- York, en visite dans la cité contracta la fièvre scarlatine ; sans qu'on pût soupçonner l'origine de l'infection. Deux semaines après la guérison, sur les conseils de son médecia elle regagna le domicile paternel.
Quinze jours plus tard, le 11 mars, sa jeune sœur qui couchait avec elle, contracta à son tour la scarlatine.
Le médecin hygiéniste visita la maison, la mit en quarantaine et interdit tout rapport entre elle et la laiterie.
Rien de nouveau jusqu'au 4 avril, où plusieurs cas de scarlatine éclatèrent dans diverses parties du village. Un adulte et deux enfants dans des familles différentes furent simultanément atteints. Le médecin hygiéniste soupçonna une infection du lait.
Une enquête approfondie démontra que les malades avaient tous bu du lait, et que les individus demeurés sains s'en étaient abstenus. Les ordres du médecin avaient été scrupuleusement observés à la laiterie, dont le propriétaire avait employé, pour laver et nettoyer les pots, des guenilles en ûanelle blanche abandonnées dans la grange par un misérable colporteur.
Le 7, on interdit la vente du lait, et à partir du 8, aucun nouveau cas de scarlatine ne fut signalé jusqu'aux 18 et 19; alors éclatèrent deux nouveaux cas dans les familles déjà atteintes antérieurement. Ce furent les derniers : vingtquatre cas de scarlatine avaient été occasionnés par le lait (L. H. Miller).
Les épidémies précédentes ne sont pas les seules connues en Angleterre, où la scarlatine a causé 543.000 décès dans ces trente dernières années. J'en ai rapporté déjà antérieurement des exemples. Au commencement de 1887, on a aussi observé une autre épidémie de scarlatine à Wimbledon près de Londres, due comme les autres à un lait infecté.
Cette cause de contagion a assez préoccupé l'opinion publique, pour que l'attention de la Chambre des communes ait été, il y a quelques mois, attiré sur ce sujet d'importance capitale pour la santé publique. Le mal, il est vrai, n'est pas sans remède. D'après Klein, il suffit de chauffer le lait à 85 degrés, pour lui enlever toute propriété nocive, de sorte que, bouilli, ce liquide ne peut jamais être pernicieux et servir
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de yéhicule à la scarlatine. La crème est plus dangereuse que le lait, car on ne peut la chauffer sans Taltérer. En 1875, à Kensington, son ingestion a provoqué une épidémie de scarlatine.
Diphtérie. — Parmi les épidémies de diphtérie dues au lait, il faut signaler celle de Veybridge et d'Addlestone en 1879, dans laquelle quatorze personnes contractèrent la maladie, après avoir bu de la crème à une soirée chez un attorney général; l'épidémie de York -Town et Gamberley 1886, et celles de Barking et d'Ënûeld 1888.
Pneumonie infectieuse. — Dupré et Lécuyer ont publié en 1885, deux observations de pneumonie infectieuse chez des enfants de quatre et trois ans, frère et sœur, qui ont snceombé à une semaine de distance. Ils attribuent cette maladie à Tusage que les enfants auraient fait de lait provenant de trois vaches atteintes de la même affection. La seule enfant qui ait échappé à la contagion, avait toujours refusé de boire le lait des vaches malades.
L'explication donnée par nos confrères est-elle réellement admissible? Je suis porté à le croire, quoique Dujardin Beaumetz ait mis le fait en doute. La nature infectieuse de la pneumonie est en effet aujourd'hui admise, sans contestation dans la science.
Restent deux points à élucider: 1^ la pneumonie des vaches est-elle contagieuse pour l'homme ? 2^ la contagion peut-elle se faire par le lait ?
i^Gostello, médecin de l'armée anglaise des Indes, rapporte qu'en 1875, le premier régiment d'infanterie du Pendjab, en allant d*Abbotabab à Dera- Ghazi -Khan eut à traverser plusieurs districts infestés par la peste bovine. Dès son arrivée à destination, éclata dans son sein une épidémie de
pneumonie qui, en deux semaines, emporta une quarantaine d'hommes; l'épidémie sévissait presque exclusivement sur deux compagnies. Lorsqu'elle atteignait des hommes mariés logeant avec leur famille, tous les membres de celle-ci étaient successivement ses victimes. A l'hôpital, elle se propagea à divers malades des mêmes salles, à des infirmiers et à un médecin.
Le 5® régiment du Pendjab, qui avait permuté avec le précédent et traversé les mêmes régions, fut atteint d'une épidémie semblable qui lui fit éprouver des pertes très sérieuses. L'épidémie fut enrayée par l'isolement des malades et le campement en plein air.
De quelle nature était cette peste bovine sur laquelle Costello ne s'explique pas davantage? On peut supposer, non sans raison, que c'était la pleuropneumonie contagieuse des bétes à cornes. On comprendrait alors parfaitement l'épidémie des soldats du 1®** et du 5® régiment, puisque Pools et Nolen ont montré que le microcoque de cette affection était identique à celui de la pneumonie de l'homme. 11 est vrai que Cornil conteste les affirmations des savants hollandais.
2* Je n'ai aucune répugnance à admettre que l'infection, dans le cas de pneumonie, puisse se faire par le lait. L'agent infectieux se comporte ici exactement comme dans une foule d'autres affections, fièvres éruptives, diathèses, etc. Mais en admettant cette voie, on peut admettre que les microorganismes de la pneumonie (ûg, 25) existent dans le lait encore renfermé dans les glandes mammaires, ou qu'ils s'y déposent après la traite, dans les récipients destinés à le contenir. L'une et l'autre hypothèse étaient autrefois des plus vraisemblables ; aujourd'hui la première est devenue une
FIÉ vas APHTEUSE
réalité d^uîs le« observatiouB de Foa chez les anim
i6 Bouolo dans l'espace humaine qui assimilent le mie
de la pneumonie, au ϔ-
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(1885), qui a consUté dans ^^ «g.
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VIO. n. — Ulcrube de la piieui Modi/îcatiofu du lait. —
Dans la cocotte au fièvre aphteuse des vaches, Chevr iné, Lassaigne ont trouvé dans le lait des globules ag tinés, muriformes, muqueux ou puruleots. Ce lait traitt rammoniaque devient visqueux ; au contact de l'air, il i bientôt en ^utréfaetion et exhale parfois une odeur té Il est fortement alcalin.
D'autres examens n'ont permis de constater aucune ; ration dans la composition de ce liquide.
Transmission de la maladie par le tait. — On < o)aclu qu'il est parfaitement inoff'eusif(Dujardin-Beaum Cette opinion erronée est bas^ sur les observationi Levrat, Magne, Rayer, Tisserant, Mathieu (des Voa( Rajnal, etc. En 1853, k l'Ëipnsition du Palais de l'indus i Paria, vingt élèves de l'Ucole d'Alfort ont bu impunéi datait provenant d'une vache atteinte d'une fièvre aphte DaoB une épicootie aphteuse sur les animaux de la ferm Viacennes et ceux de l'Asile des convaleEcents à '' tiennes, aucun cas de transmission par l'usage du lail iD être enregistré par les m4decin& qui suivaient avec at
tion les consommateurs du lait. En 1859, le Conseil de salubrité du département de la Seine, a conclu sur un rapport de Ghevreul à la complète innocuité du lait.
Mais Michel Sagar(1764),Bredin (i81i),Boulay d'Avesne, V. Galtier, Delest François, Reynal, Neuberburg, Tilgner, Lehnard, H. Bouley, Cire (du Puy), Viseur (d'Arras), Hulin (de Louvain), Robinson, Demme, A. OUivier, ont rapporté des cas de transmission à l'homme par Tintermédiaire du lait cru. Hertwig, Thann et Villain expérimentèrent, sur eux-mêmes, les propriétés infectieuses du lait fourni par une vache malade. Tous trois contractèrent la maladie.
Bircher, médecin suisse, en 1872, a été atteint d'une éruption aphteuse pour avoir bu du lait provenant de chèvres affectées de la maladie. Il constata des accidents de même nature, chez plusieurs personnes en rapport avec ces animaux.
Des faits semblables ont été observés en Amérique, à Albouy, à South-Dower, à Dutchen-Gountry, à New- York 1870), etc. En Angleterre, à Bagley près Bolton et Manchester (février 1879).
A Beecles, cent personnes présentèrent une éruption vésiculeuse de la bouche après ingestion du lait de vaches malades. A Bexhill, on compte treize malades après consommation de lait non cuit. A Douvres, en 1884, 205 personnes furent affectées d'aphtes dans la bouche et dans la gorge ; Tenquète démontra que toutes consommaient le lait d'une ferme dont les vaches étaient atteintes de fièvre aphteuse.
Sur les malades atteints, un grand nombre appartiennent à la première enfance. Demme rapporte, qu'en 1883, deux