MODE DB TRANSMISSION DBS MALADIBS PAR LE LAIT
Tair. Des recherches ultérieures en feront connaître bien d'autres. Quoi qu'il en soit, il est logique d'admettre que ces microorganismes peuvent se déposer dans le lait et propager un grand nombre de maladies par son intermédiaire. Transmission par ^intermédiaire de Veau. — Un grand nombre de laitiers ne se gênent guère pour allonger d'eau leur lait. Ils accomplissent cette fraude avec assez de discrétion pour échapper au contrôle des laboratoires municipaux. Bien souvent l'eau ajoutée au lait n'est pas pure. Elle renferme en suspension un grand nombre de germes. Ce sont eux qui font tourner le lait à la cuisson. Parfois cette eau employée pour le coupage, est l'origine des troubles pathologiques les plus graves. On a vu à Paris, dit Gh. Girard, des laitières établies sous des portes cochères, verser dans leurs bidons l'eau recueillie dans le ruisseau. Ces eaux infectées de matières putrides, de germes de toutes sortes, constituent un véritable poison. La diarrhée, les vomissements, les coliques, la ûèvre typhoïde, etc. sont les suites inévitables de l'ingestion du lait coupé à l'aide d'une pareille eau. Les mêmes conséquences résultent du coupage du lait, dans les fermes, avec de l'eau fournie par une source impure.
Un exemple intéressant de ce mode d'infection a été donné par Simpson. L'équipage du navire Ardenclutha^ appartenant au port de Hambourg, présenta une véritable épidémie de choléra, pendant son séjour à Calcutta. L'enquête ût constater que les hommes atteints avaient tous absorbé un lait contaminé par le mélange de l'eau d'un tank voisin, où l'on avait jeté les déjections de cholériques.
Ghantemesse et Widal ont trouvé de nombreux bacilles typhiqtùes (fig. 26), lors de l'épidémie de Pierrefonds, dans une eau de puits ne renfermant que des proportions très faibles
|4 GERMES DE IIALADIES
uatières azotées'. D'après lea recherches deWolfbugel et del, les eaux de boiasons riches en matières organiques, éea et stérilisées permettent à des températures faTorablee, déTeloppement aboodant du spirille du choléra, àa
i^ia. 80. — Bacilles de la flèTre F:o. Î7. — Bacillus komma
t7phoide. virgule du choléra.
ilte de charbon, du bacille tt/phique. Le bacille du chappullule même dans l'eau non stérilisée, soutenant ainsi la e avec les saprophytes qui font, au contraire, disparaître idement le spirille du choléra.
lutre les microorganismes, il faut encore signaler la préje dans certaines eaux dupneumococcus deFriedlander, niaroccocus de rérysipéle, du Bacillus coli communié, >îbrionpyOffàne{PaBteuT),daB.murisepticus{QaS\s.yy. lans les eaux stagnantes, on rencontre plus particulièicnt Micrococcus urex, M. cinnabareus, Bacillus fluo-
EnquAle sur une épidémie de Qèvre t7phoide qui a régné i
Tefoods (Ann<Ues d'hygiène, 1887, t. XVII).
EtoDi, Prieit d'anatyie bactériologique des eaux, 1S92.
f MODE DE TRANSMISSION DES MALADIES PAR LE LAIT 225
I rescens putidus, B, erythrospQruSy B. flttorescens liguefaciens, B. ureœ, B. mesentericus fuscuSy B* mesentericus vîdgatus, B, (remulus^ etc. Les eaux courantes sont caractérisées par M. coronatus^ M* radiattcs^ M, viticulosus^ M, îuteics^ B, luteuSy etc.
D'une façon générale, les eaux courantes et surtout les sources de montagnes sont moins riches en bactéries de toute sorte que les autres. Le contraire existe pour les eaux qui alimentent la plupart de nos grandes villes. Je prends pour exemple Paris, L;yon et Marseille.
Les eaux de Paris présentent les richesses moyennes suivantes. (Miquèl) :
Bactéries par cent, cube
Vauue « 80O
Dhuis 1.890
Seine à Iviy 32.500
Marne à Saint- Maur 36.500
LesLyonnais sont mieux partagés par les deux cours d'eaux qui traversent lejur ville. (Gabriel Roux) :
Bacléries par cent, cube
Rhùne en amont de Lyon 75
Bassin filtrant n» 1. 7
Réservoir du bas service. ....... 18
Réservoir du service supérieur 26
Eau du robinet d'aHmentation 60
Rbône en aval de Lyx>n 800
Saône en anaont de Lyon 586
— Pont Mouton 1.594
~ PontTilsitt 860
~ en aval de Lyon 4.280
A Marseille, la canalisation, après avoir quitté la Durance à la limite du département des Bouches-dn-Rliône, traverse
J. Bouvier, L*» Lait. 15
rillagea, expose au contact et aux souilloreB ms compter l'atilisatîon dans de nombreux éti- U8trielB(minoterio8, huileries, etc. )quirejetteiit lu dans le canal ? Pour apprécier la valeur de ISt de citer les recherches de M. Rietsch. Âa pour la distribution aux habitants de l'eau du lille, cet auteur acompte 1098 à 1 5,275 bacimètre cube.
i microbes d'une eau peut varier dans des proies, suivant la saison et l'état de hautes ou de nsi qu'en témoigne la série d'analyses suivantes M. Miquel :
BtcUriaa par cent, cnbe
i29juillet 1890 go
2Ù févriar — • 100
23 mai — 500
6 juin — 1.000
SjuiUet — 5.900
1" août — 14.000
Seine a. l'usine d'Ivbv
1 19 mai ISOO 4.O0O
2 juin — 12.000
3 mars — 40.000
6 janvier— 188.000
n de le rappeler, M. Miquel a dressé une échelle içon approximative, par multiples de 10, afin er les chiffres dans la mémoire, quelle doit être ictéries des différentes catégories d'ean :
MODE DE TRANSMISSION DES MALADIES PAR LE LAIT 22t
Bactéries par cent, cube
Ëau excessivement pure A 10
— très pure iO à 100
— pure 100 à 1.000
— médiocre 1.000 à 10.000
— impure 10000 à 100.000
— très impure 100.000 et au delà.
L'aspect et le goût ne prouvent absolument rien. Sur ce point, M. Gabriel Poucbet cite à ce propos un exemple t jpique. Si Ton ajoute, dans une eau de source fort pure et constituant une boisson des meilleures et des plus agréables, une petite quantité de bouillon de culture de certaines bactéries, Bacillus fluor escens purtidus par exemple, ou simplement du liquide de macération de foin en fermentation, l'aspect et le goût de cette eau sont suffisamment altérés pour qu'elle soit rejetée avec dégoût, bien qu'elle ne soit pas dangereuse. A une autre portion de cette môme eau, on ajoute une très faible qaantité de bouillon de culture de bacille typhique, cette eau n'aura rien perdu de son aspect engageant et de ses qualités organoleptiques, elle sera cependant deyenue une cause d'infection pour ceux qui la boiraient.
En 1885, à la Conférence du cboléra à Berlin, Koch indiquait que la quantité de microorganismes contenus dans Teau a naturellement la plus grande importance pour juger de sa qualité. Une eau où les microbes sont abondants, devrait être tenue pour suspecte. Elle indiquerait, en effet, un milieu de culture extrêmement favorable au développement des bactéries, et pouvant éventuellement recevoir et faire prospérer des germes infectieux.
Depuis, la question est entrée dans une nouvelle phase. Les bactériologues se sont préoccupés non seulement du nombre
QBRMHS DU U
■S individus (microbiens) existant dans une eau, mais re relatif d'espèces qui en constituent pour ainsi dire <actérieane. D'après W, Migula, si l'on trouve plus >ècet dans un centimètre cube d'eau, on doit admettre I eau est plus- ou moins contaminée par des subrganiques et impures, et, dans ce cas, les bactéries de iction prédominent.
mitsion dans tes traites. — Un grand nombre itions identiques à celles que j'ai déjà rapportées à > la scarlatine (p. 210) et de la cocotte {p. 21 5) ren- Lode de transmission des maladies indéniables. ;mple assez -frappant est celui concernant la fièvre
rapporté par le D' Tripe et cité aU commencement pitre (p. 209).
•nission par le» récipient» â lait. — Beaucoup de aitiers, comme d'ailleurs, les gens appartenant à la loriease, dans les campagnes, se montrent fort peu
pour les soins de propreté.
:y, les laitières de la campagne ont, d'après Vallin, se habitude, après la vente du lait, de remplir leurs des d'eauï grasses achetées en ville, et destinées aux de leur basse cour et de leur porcherie. Cette éminemment dangereuse a été signalée avec raison I d'tiygiène comme pouvant provoquer l'apparition typhoïde, pour peu que le nettoyage des ustensiles lite à désirer,
pporté plus haut, à propos des épidémies de fièvre et de scarlatine, des exemples de contagions par liaire défi récipients à lait (p. 208 et 212). J'y ;ore le suivant : decins de Genève ont été furl ('tonnés de constater.
FBEQUENCB DU LA TRANSMISSION DES MAtAD
«nmars 1800, une éclosion brusqae de fièvres L'épidémie se limitait à un quartier de la ville Pïquis, il deux ou trois rues de ce quartier princ Une enquête démontra que tous les individus a iwnibre de trente-six, étaient servis par le m^me 1 eelai-ci recevait une partie de son lait d'une fern cas de dothiéncntérie avaient éclaté au ( février, à la suite du passade, pendant q omTÎer, qui très probablement atteint de fièvre alla mourir à l'hApital.
Le 10 mars, l'un des clients du laitier P.. . tomb;) e\i partir du 20 mars, les cas se multipliaient ave
L'enquête démontre que l'eaii, originairement qualité, dont on se sert à la ferme pour le lavagi pients qui servent au transpcn-t du lait, est reçu bisain, dans lequel et autour duquel on lave les léj linges, les ustensiles divers : C'est dans ce bassin évidemment par les linges des deux malades, que i après rinçage à l'eau chaude, les vases destinés port du lait. L'origine de l'épidémie est donc fai oallre. La plupart des malades atteints buvaient d Pour deux seulement d'entre eux, il est absolume qu'ils ne le prenaient jamais autrement que bouilli. de ces deux malades, une enfant a eu une doth extrêmement atténuée (J.-R. Comte et A. Major)
Fréquence. — Un article du D'^ Hart a établi i aurait été l'agent d'infection, dans 50 épidémies tjphoïde, dans 14 de scarlatine et dans 7 de dipbté
Ces laits auraient infecté 3500 individus de typhoïde, communiqué la scarlatine à 800, et la à 700. Par rapport à la fièvre typhoïde, la manièi
MICBO taOAMISU :s DKVBLUPPËS DANS IM LAIT
a pénètre dans le lait est le plus souvent l'iafiltration substance spécifique contenne dans les déjections des les, dans les puits servant à nettoyer les vases et sonlussi à diluer 1; lait. La scarlatine a été propagée, dans ijorité des épidémies rapportées, par les personneE lyées dans les laiteries. Toutes soignaient en ce moment lalades atteints de cette âèvre éruptive. Dans aucune apt épidémies de diphtérie dues au lait, il n'a été possi lit>on, de trouver la cause, quoiqu'il ne reste aacan sur la transmission de la maladie par ce liquide *.