ORGANISATION DES VACHERIES
Or, on conçoit que les vaches continuellement renfermées dans ces étables, mal nourries, mal soignées, ne peuvent donner de bon lait. Pour combattre ce danger, le Conseil de salubrité de France a proposé d'exiger à Tavenir les conditions suivantes : 1* les vacheries ne pourront avoir moins de 4 mètres de hauteur ; 2^ les vacheries à un seul rang de vaches ne pourront avoir moins de 4 mètres de largeur depuis la mangeoire jusqu'au mur opposé ; 3^ les vacheries à deux rangs de vaches ne pourront avoir moins de 7 mètres d*une mangeoire à l'autre, si les mangeoires sont placées au milieu de retable ; 4'' l'espace réservé à chaque vache, sur la longueur de i*ëtable, ne pourra être moindre de 2 mètres.
Enfin, dit Tardieu, le Conseil a jugé qu'il était nécessaire d'énoncer d'une manière positive que toute vacherie, située en contre>bas du sol environnant, ne pourrait être autorisée, et que l'autorisation devra toujours être refusée, lorsqu'il s'agira d'établir une vacherie dans un local où les eaux qui en sortent devront être reçues dans des puisards, en ne regardant cependant pas comme tels les trous à fumiers des exploitations rurales.
Ces sages dispositions ont été consacrées par Tordonnance (le police du 27 février 1838, qui a complété celles des 12 et 25 juillet 1822.
En 1886, sur les propositions de M. Goubaux, le Conseil de salubrité de la Seine a fixé, en ce qui concerne la place et le cube d'air qui doivent être réservés à chaque vache dans les étables, 1",60 de largeur au minimum et un volume de -0 mètres cubes d'air respirable. Le Conseil de salubrité du Nord s'est montré moins exigeant en 1889. 11 est certain, dit à ce sujet M. Pallet, son rapporteur, que 20 mètres cubes d'air pour un animal de race ôamande ou hollandaise seraient
insuffisants, si des dispositions spéciales n'en permettaient le renouvellement. Mais, au moyen d'une ventilation convenable qui assurerait la pureté de F atmosphère, il ne serait pas besoin de tout Tespace réclamé par le Conseil d'hygiène de la Seine, et que nous trouvons exagéré. Nous sommes convaincus que nous aurions à recueillir tous les avantages d'une étable parfaitement installée, en restreignant l'emplacement à 1™, 30 pour chaque vache, même en état de gestation, puisque, dans son état ordinaire, sa plus grande dimension transversale est de 80 centimètres. Donnons au local 3 mètres de hauteur avec 5 mètres de largeur, et nous trouverons 19"*<î,500 dont on retranchera 1™^,500 pour le volume de l'animal et celui de la mangeoire comme maximum; il restera 18 mètres cubes d'air respirable. C'est suffisant, pourvu que, de 2 mètres en 2 mètres, on établisse des cheminées d'appel de 30 centimètres de diamètre, et que des châssis mobiles facilitent la ventilation pour chasser les miasmes délétères.
La stabulation prolongée, dans les grandes villes, a de grands inconvénients pour la santé des femelles laitières, qui fournissent, par suite, un lait nuisible ou de qualité très inférieure. Pour prévenir ces inconvénients, beaucoup de municipalités, dans les centres importants, ont tenté d'obliger les vacheries à s'installer dans les campagnes environnantes. Cette tendance est excellente. On améliore la qualité du lait fourni, on évite les inconvénients de la circulation des vaches sur la voie publique, et les émanations incommodes du fumier, etc. Une surveillance un peu sévère, par la police, du lait transporté sur les marchés suffit à prévenir les falsifications de ce liquide pendant le trajet. Malheureusement, les municipalités ne disposent d'aucune mesure absolue pour exiler les vacheries hors des villes, et c'est regrettable. Force