MESURES POUR PREVENIR LA CONTAMINATION DU LAIT
La Société laitière de Mulhouse fait passer le lait, à sa réception à la halle, par un double tamis qui le débarrasse des corps étrangers, puis il repasse encore par une autre série de tamis, après avoir été refroidi dans les cylindres.
Mesures pour prévenir la contamination du lait. — La plupart des épidémies propagées par Tintermédiaire du lait pourraient facilement être prévenues par quelques mesures administratives.
Dépôts du lait. — Le D*" Goldie demanda, en 1882, avec raison, que les Conseils d'hygiène fassent interdire la vente da lait, aux gens obligés de placer ce liquide dans la seule chambre où ils vivent. Dans des cas semblables, le lait, étant placé dant des récipients non couverts, devient un réceptacle pour toutes sortes de germes infectieux, surtout pour ceux de la fièvre typhoïde, et de diverses fièvres éruptives. Groldie en citait un fait typique. A la surface d'un lait, la couleur blanche avait presque disparu, tant la poussière s'y était accumulée en grande quantité. On ne connaît pas d'exemples de maladies propagées par le lait provenant de maisons bien tenues ^
L'ordonnance anglaise du 15 juin 1885 a fait droit aux réclamations de Goldie. Elle interdit à toute personne exerçant le métier de nourrisseur, laitier, fournisseur de lait, de faire servir un dépôt ou un débit de lait, occupé par lui, comme chambre à coucher, et de Tafiecter à tout autre usage incompatible avec le maintien convenable de la plus stricte propreté du dépôt ou débit de lait, des vases à lait et du lait y contenu, ou pouvant favoriser la contamination du lait.
* Goldie, Annales éChygiène imhlique, 1388, 3e série, t. VIII, p. 82.
Maladies des employés des laiteries et vacheries, — Pour éviter la contamination du lait, les nourrisseurs, laitiers, fournisseurs de lait sont obligés de se conformer à certains règlements. Ils ne peuvent permettre à une personne quelconque souffrant de désordres infectieux dangereux, ou ayant été récemment en contact avec une personne atteinte d'une pareille affection, de traire les vaches ou de manipuler les vases employés pour contenir le lait destiné à la vente ; de prendre part ou d'aider en aucune façon à la conduite du travail ou du nourrisseur, laitier ou fournisseur de lait, occupant un dépOt ou débit de lait, tant que son labeur concerne la production, la distribution et l'emmagasinage du lait. Les nourrisseurs, laitiers et fournisseurs de lait sont également obligés, en cas de maladie, de cesser de prendre une part active à leur travail ordinaire, jusqu'à ce que tout danger de communiquer l'infection au lait ait disparu.
La Compagnie d^ approvisionnement de lait de Copenhague a institué comme une quarantaine spéciale, organisée pour tous ceux qui sont employés dans les laiteries : tout employé quelconque d'une ferme, qui se trouve indisposé ou malade, ou qui a un malade dans sa famille, est aussitôt tenu à l'écart, il ne pénètre plus dans la laiterie, mais pour l'empêcher de cacher des indispositions, il est payé comme s'il travaillait.
La Société d'Ayleshury a pris des mesures encore plus radicales. Le fermier ne peut envoyer que du lait de sa propre ferme. Par contrat signé devant témoins, il s'engage, sous peine d'une amende de 2500 francs, à avertir immédiatement l'administration pour toute maladie survenue soit dans sa famille, soit parmi ses domestiques ou ses
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ouvriers. Il doit aussi signaler les rapports avec les personnes atteintes de ces mêmes affections ou guéries depuis moins d'un mois, personnes auxquelles Taccès de la laiterie est interdit. Les employés de la ferme atteints d'affections contagieuses sont soignés aux frais de la Société. Pendant qQ*on prend des mesures pour Tisolement des malades et Tassainissement de leur habitation, la fourniture du lait est suspendue, mais elle est payée comme si elle avait été reçue par la dairy.
Fosses d'aisances. — L'ordonnance anglaise, déjà citée, renferme deux autres interdictions importantes. Les M^aterclosets, fosses d'aisances, ou urinoirs ne peuvent être établis à l'intérieur d'une vacherie ou d'un local employé comme dépôt ou débit de lait, y communiquer directement ou s'y aérer. Dais les mêmes établissements, l'élevage des porcs n'est jamais toléré. Des réceptacles spéciaux, revêtus d'une matière impénétrable, pourvus d'un drainage suffisant sont affectés au fumier et à la litière de l'étable, sans jamais communiquer par une porte ou orifice avec cette dernière. Tout fumier ou litière dégageant des odeurs désagréables doit être enlevé de l'étable au moins deux fois par jour, et des autres locaux aussi souvent qu'il est nécessaire pour prévenir des incommodités.
L'ordonnance anglaise rappelée ci-dessus reproduit en somme des arrêtés analogues en vigueur à Leipzig (avril 1879), à Dusseldorf (15 août 1879), à Weimar (lô janvier 1880), à Darmstadt (26 novembre 1880), et dans TEmpire allemand (28 janvier 1884),
Inscription des laiteries. — En Angleterre, d'après Tordonnance du 15 juin 1885, toute personne exerçant le métier de nourrisseur, laitier, fournisseur de lait, est tenue
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de se faire inscrire sur un registre spécial par les autorités locales. Cette inscription a pour but de faciliter un contrôle exercé par l'administration.
La môme mesure a été prise, dès 1870, à Saint-Louis, dans l'Amérique du Nord, où existe un inspecteur de laiteries, dairy inspector. Des mesures analogues ont été prescrites en Ecosse, en Allemagne, en Suède, etc.
Distribution du lait a domicile. — A Francfort, à Milan, matin et soir, immédiatement après les traites, des véhicules suspendus, munis d'orifices d'aération et recouverts de nattes de cocos pendant les chaleurs, transportent le lait au domicile des abonnés.
Lorsqu'il s'agit de transporter le lait, deux points sont surtout importants dans le choix des moyens de transport et des vases servant à ce transport : en premier li^u, il faut autant que possible éviter les secousses violentes ; en second lieu, on doit empêcher avec soin que le lait ne s'aigrisse promptement.
Surveillance de la vente du lait. — L'administration procède de deux façons pour surveiller la vente du lait à Paris. En premier lieu, elle a un service régulier d'experts appartenant au Laboratoire municipal qui, chaque semaine, visitent douze quartiers de Paris ou communes de la banlieue. Ces experts prélèvent des échantillons chez les nourrisseurs ou débitants desdits quartiers, les analysent, puis adressent leur rapport au chef du Laboratoire 'municipal qui les transmet au parquet, s'il y a lieu.
Voici les instructions que le préfet de police a données à ces inspecteurs : Les échantillons de lait devront généralement être pris de grand matin, car la principale vente est terminée à 9 heures. L'inspecteur devra porter son attention