CONTROLE DE LA POLICE
Dans la plapart des grandes villes et dans beaucoup de p^tes villes d'Allemagne, observe Uffelmann, des arrêtés locaux OU des ordonnances de marchés complètent la loi générale condamnant les falsifications par des dispositions particulières sur la vente du lait. L'ordonnance rendue à Leipzig, en avril 1879, distingue entre le lait pur et le lait écrémé. Elle précise leur densité et leur teneur en beurre. Elle indique les instruments au moyen desquels on peut les déterminer. Elle proscrit le lait des animaux malades, surtout de ceux qui ont la pommelière, le lait amer, mucilagineux, le lait coloré et le lait corrompu.
Les prescriptions des ordonnances de Dusseldorf (15 août 1879), de Weimar (10 janvier 1880), de Darmstadt (20 novembre 1880), sont à peu près analogues.
Je reproduis, conmie plus complète que les précédentes, pour donner une idée de la surveillance du lait dans l'Empire allemand, les principales questions traitées dans la circulaire ministérielle du 28 janvier 1884.
Contrôle de la police. — La circulaire allemande rappelle la procédure à suivre et les précautions à prendre dans l'évaluation de la densité du lait. Pour le lait entier non écrémé, elle oscille entre 1029 et 1034. Pour le lait mixte ou demi-écrémé, résultant du mélange de la traite du soir, écrémée avec le lait entier du matin, la densité varie de 1031 à 1036. Enfin pour le lait complètement écrémé ou lait maigre, elle est comprise entre 1032 et 1037, soit en moyenne 1034,5.
Mais la densité du lait ne constitue pas toujours un contrôle sufîâsant de sa composition. Il faut alors doser la proportion de crème, opération qui doit être confiée à des employés spéciaux, et qu'on effectuera avec le crémo-
mètre Chevallier. Ici la circulaire expose la manière de se servir de cet instrument et les indications qu'on en peut retirer.
Le lait complètement écrémé est seulement impropre à l'alimentation des enfants. Il ne saurait être absolument exclu du marché. Pour éviter toute erreur, on obligera les laitiers à inscrire, d'une façon indélébile, sur leurs vases, laquelle des trois sortes de lait ils contiennent.
Doivent être considérés comme dangereux pour la santé, le lait amer, le lait mucilagineux, le lait bleu ou rouge, le lait des vaches atteintes de fièvre aphteuse, de pommelière, de variole, de jaunisse, de charbon symptomatique, de mammite, de métrite sep tique, de dysenterie, de pjohémie, de septicémie, d'intoxication, de pustule maligne ou de rage, ainsi que le lait de toutes les bêtes médicamentées, et le colostrum d'avant et d'après le vêlage.
On prohibera l'emploi des agents conservateurs du lait : carbonate de soude, acides salicylique ou borique et leurs sels.
Contrôle définitif. — Il s'effectue dans un laboratoire de chimie. Dans les cas douteux, l'expert doit d abord recommencer l'examen du lait entrepris sur les lieux de débit (densité). Après s'être assuré de sa réaction, il dosera les matières grasses et le résidu sec.
Dans le lait entier, la graisse s'élève en moyenne à 3,30 pour 100,1a limite inférieure devant être fixée à 2,4.
Le lait demi-écrémé renferme moitié moins de matières grasses. On en trouve généralement moins de 1,5 pour
Dans le lait maigre, sil'écrémage a été obtenu par simple repos, la moyenne de la graisse est 0,7 pour 100, tandis
LABORATOIRES MUNICIPAUX 31 i
qu'elle n*est que 0,3 pour 100, si l'ëcrëmage a eu lieu à Taide de la machine centrifuge.
Dans le lait entier, le résidu sec forme en moyenne 12,25 pour 100 pouvant osciller de 11 à 14. On ne devra jamais accepter moins de 10,9. Dans le lait demi-ëcrémé, le résidu sec est diminué de 1 1/2 à 2 pour 100.
Epreuve à rétable. — On entend par là Texamen du liquide obtenu par mélange de toutes les traites de la vache ou des vaches ayant fourni le lait de composition suspecte. Cette épreuve, qui a lieu sur place, doit être pratiquée au plus tard dans les trois jours, en s*assurant que l'alimentation des bétes n'ait pas été changée subrepticement, afin de diminuer la qualité de leur lait.
L'épreuve à Tétable est indispensable en cas de réclamation du marchand. Elle ne lui est favorable qu'autant que dans les deux échantillons de lait, l'un suspect, l'autre pris à retable, la densité ne diffère pas de plus de 2 degrés, la proportion de graisse de plus de 0,3 pour 100, et celle de résidu sec de plus de 1 pour 100.
Laboratoires municipaux, — L'idée d'installer des laboratoires spéciaux pour dévoiler et combattre les falsifications des matières alimentaires, et spécialement du lait, a été d'abord appliquée en Allemagne. Dans certaines villes, des experts sont officiellement chargés de l'examen de toutes les denrées alimentaires et objets usuels. Ont adopte ce système :
Altona.
Brieg.
Dantzig.
Bade.
Burg.
Denau.
Berlin,
CnoDstatt.
Dortmuad.
Benlhen.
Charlottenburg.
Dusseldorf.
Bockum.
Ck)burg.
Elberfeld.
Breslau.
Grefeld. .
Ëlburg.
LAXJIS DES ACCIDKNT3 DOS AUX LAITS ALTERES-
Leipïig.
Manheim.
Solingen.
Meerane.
SUlUn.
Meinel.
Thorra.
Minden.
Trêves.
Ulm.
Weisseiifela
NeisBe.
W^ECI.
Wiesbadea.
Ufléobacli.
WormB.
Posidam.
Wuribourg
Zeiti.
Z»-ickau.
villes limitent ces recherches à la viande et an
Oothn.
Pforîheim
Greifswald.
Prenilau.
Guben.
ROElOcll.
Kiet.
Lubeck.
Lunebourg.
M Gladback.
SpaadAu.
Stargard-e
Slolp.
Ziltau.
itit nombre de villes, les expertises dont il s'agit à des professeurs de chimie. Quelques-unes :itué de véritables commissions sanitaires charertises relatives aux denrées de consommation els ; telles sont :
Cologne.
Meiz.
Idûnster
Majence.
Witlin.
î en somme appliqué à Paris, et à son exemple i autres villes de France, a déjà porté ses fruits, leut que s'associer dans l'intérêt public aux
jAXIE des ACClDËNTâ DUS AUX LAITS ALTERES
Is formulés à ce sujet, le 24 avril 1882, par le ultatif d'hygièDe de France : 1° il y a lieu de ■loul où cela est possible, la création delaboratses, destinés à renseig^ner le public sur la quauits alimentaires, comme le fait le Laboratoire
Paris ; 2° à défaut des muDicipalités ou de )ciétés privées, fondées dans ce but, peuveut iDda services ; 3° il serait à désirer que toutes
qui pourraient être faites dans ce sens, fussent l'autorité supérieure, qui aurait, en centralisant à déterminer le mode de fonctionnement des Btoires établis, et à régler leurs rapports tant iculiers qu'avec les autorités administratives et
lites (1881-83-83) au Laboratoire municipal de i vendus en vase scellés et provenant de laiteries 3 la capitale {voj, tableau p, 313),