VACHE
Beurre
Sucre de lait
Caséine
Chlorure de potassium. . . .
Phosphate de chaux
(1) Sorte de petit gâteau fait avec des amandes, du sucre, de la farine et des blancs d’œufs.
102 Lli: LAIT, LA CUÈME ET LE BEURRE.
L’inspection de ce tableau montre que le lait de vache est le plus riche en beurre. Pour que la proportion de beurre soit égale à celle du lait de femme, il faudrait opérer le mélange suivant :
Lait de vaclie 714,00
Eau 280,00
Total 1 ,000,00
Mais un pareil mélange contiendrait pour 1 ,000 parties 34,7 parties de caséine, c’est-à-dire une quantité trop forte. C’est donc par rapport à cette dernière qu’il faut déterminer la quantité à ajouter sans nous occuper du sucre, dont l’addition est toujours facile, s’il fait défaut.
Pour obtenir un mélange de lait de vache qui contienne les mêmes proportions de caséine que le lait de femme, il faut employer les proportions suivantes :
Lait de vache ... 593,00
Eau .. 407,00
Total 1,000,00
En calculant la proportion des autres éléments du lait dans ce mélange, on constate que par rapport au lait de femme il contient en moins par litre :
Beurre 4,25
Sucre 14,47
Pliospliate de chaux. 1 ,43
Il contient de plus :
Chlorure de potassium
CRÈcnii:.
Le sucre de lait peut être facilement ajouté en nature, et le beurre à l’état de crème, en remarquant qu"en nombre rond 3 parties de crème équivalent à 1 de beurre. Le phosphate de chaux ne peut être introduit qu’à l’état de poudre très-fine.
Quant au léger excès de chlorure de potassium, il n’y a pas lieu de s’en préoccuper.
En résumé, la formule de ce mélange serait, en négligeant les fractions :
Lait de vache non éci’émé. 600,00
Crème 1-3,00
Sucre de lait 15,00
Phosph. de chaux préc.. . . 1,50
Eau 3-39,50
Total
Si on se sert, pour cette préparation, non de lait pur, mais de lait de Paris qui, en moyenne, est à moitié écrémé et contient 0,2 d’eau, la formule deviendra la suivante :
Lait vendu à Paris 720,00
Crème 43,00
Sucre de lait 15,00
Phosph. de chaux préc.... 1,50
Eau. ... . - 220,50
Total 1,000,00
On conçoit que cette dernière formule serait différente, si la falsification du lait de vache était moindre ou plus considérable. Un pareil mélange a la même composition que le lait de femme au point de vue chimique, mais, comme les propriétés des matières
protéiques et grasses contenues dans le lait de femme et de vache sont probablement très-différentes, il n’en constitue qu’une imitation imparfaite dont l’emploi n’est rationnel que si l’allaitement maternel fait absolument défaut.
Malgré cette restriction de ce savant chimiste, la supériorité de la formule sur celle deLiebig est tellement évidente que le lait artificiel du chimiste allemand doit tomber dans l’oubli le plus complet.
Ces différents produits exigent du lait pour leur confection, et cependant il est de ces moments terribles où le lait de la mère se tarit et ne peut être remplacé par aucun liquide analogue. La guerre si désastreuse de 1870 en a donné trop de preuves.
Pendant le siège de Paris, le lait ayant manqué, il en est résulté une mortalité effrayante sur les enfants; c’est alors que M. Dubrunfaut inventa un lait artificiel qu’il appela obsidional.
D’après une précieuse observation faite par M. Payen sur le lait de femme et justifiée par les observations de plusieurs savants sur des laits de diverses sources, le lait frais est sensiblement alcalin et il doit son alcalinité à la soude (1), ce qui est conforme à l’opinion généralement reçue sur la constitution des liquides qui concourent à la nutrition de l’organisme animal.
Suivant M. Dubrunfaut, ce sont les sels alcalins qui émulsionnent le beurre : aussi, appliquant ce principe
(1) D’après M. Liebig, l’alcalinité du lait est due à la potasse.
CRÈCDE.
à la préparation du lait artificiel, il a obtenu les meilleurs résultats en opérant ainsi :
On dissout dans un demi-litre d’eau 40 ou 50 grammes de matière sucrée : lactine, sucre de canne ou glucose; 20 à 30 grammes d’albumine sèche empruntée au blanc d’œuf sec et qui existe à Paris ; 1 à 2 grammes de cristaux de soude, et l’on émulsionne par les moyens connus 50 à 60 grammes d’huile d’olives ou autres corps gras comestibles.
L’émulsion s’effectue mieux à chaud qu’à froid, il suffit d’une température de 50 à 60°. Le liquide laiteux ainsi préparé a la consistance d’une crème et prend celle du lait en doublant le volume d’eau. Si l’on veut augmenter les matières grasses, on substitue à l’albumine la gélatine, que les remarquables travaux de MM. Dumas, Frémy et Ghevreul, ont réhabilitée comme matière alibile.
On peut introduire ainsi facilement 100 grammes de matières grasses émulsionnées dans un litre de sérum qui peut ne contenir que 2 à 3 grammes de gélatine. Ce qui est remarquable dans cette préparation, c’est que la matière grasse dans le liquide lactiforme est enchaînée par la gélatine, de sorte qu’elle ne se sépare plus par le repos.
Quel que soit le liquide employé pour la nutrition de l’enfant, on lui donne le biberon de deux en deux ou de trois en trois heures suivant ses besoins, en ayant soin d’espacer les repas dans la nuit pour respecter son sommeil. Vers 3 ou 4 mois on pourra lui donner du lait pur à une température douce et jamais froid.
L’allaitement au biberon, pour donner de bons résultats, n’exige pas seulement du lait de premierchoix, mais il demande des soins malheureusement trop négligés. La mère, pour se dispenser de toute surveillance, laisse de longues heures le nouveau-né dans son lit avec un biberon qu’elle remplit complètement. Alors voici ce qui arrive; ou bien l'enfant , absorbant une trop grande quantité de lait à la fois, ne le,digère pas et tombe malade, ou bien, s’amusant avec son biberon, il boit quelques gorgées et s’endort, puis il recommence à son réveil. Son souffle arrivant sans cesse dans le liquide, car le bout du biberon ne quitte pas sa bouche, le lait s’aigrit d’autant plus vite que l’appareil est tenu moins proprement. L’enfant dans ces conditions boit un liquide malsain qui amène bientôt l’entérite.
Il y a également du danger è mettre une quantité de lait insuffisante. Lorsque le liquide est épuisé, l’enfant tire toujours et n’aspire que de l’air qui gonfle son estomac en déterminant des coliques. En résumé, l’allaitement au biberon exige des soins vigilants et une grande surveillance. Seulement, dans ce cas, la mère peut être remplacée pendant le jour par la sœur de la crèche ou par une gardienne intelligente et dévouée. Il importe également que le sevrage prématuré n’amène pas l’alimentation prématurée.
A G ou 7 mois seulement on peut arriver aux préparations féculentes légères qui sont administrées deux fois par jour. On a inventé un grand nombre de préparations, parmi elles la farine lactée suisse, l’analeptine
CRÈCHE
Saint-Denis, etc., etc. Nous indiquerons comme étant l’équivalent de toutes ces préparations une farine quia donné de bons résultats dans l’alimentation de mes enfants :
Farine d’avoine 500
Arrow-root 500
Sagou 400
Cacao 50
Sucre 500
Phosph. de chaux préc 50
Vanille pulvérisée 1
Les farines employées varient dans leur composition : les unes, plus riches en matières amylacées, les autres en matières azotées ou en sels minéraux, donnent un mélange dont la digestion est facilitée par les principes aromatiques du cacao et de la vanille. Une cuillerée à bouche délayée avec précaution dans un verre de lait produit un aliment solide qui peut suffire à l’enfant jusqu’à l’âge de UJ mois.
On reconnaîtra si le mode de nourriture convient au nouveau-né parla méthode des pesées. C’est à M. Bouchaud que l’on doit ce moyen de déterminer à l’aide delà balance les progrès de l’enfant. D’après ce savant l’enfant, pesé aussitôt après sa naissance, perd de son poids pendant les deux premiers jours, mais il faut quül recouvre cette perte au bout de cinq à six jours au maximum.
A la fin du premier mois l’enfant doit avoir gagné en poids 750 grammes environ. Ensuite la rapidité de l’accroissement va en diminuant.
A la fin du 2' mois, elle n’est plus que de 700 gr.