‹ Le lait, la crème et le beurreChapitre 15 sur 34 · COO · texte numérisé non relu

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Sans aucun doute la marche de l’accroissement du nouveau-né est loin d’être toujours aussi mathématique, mais nous donnons ces chiffres comme une moyenne devant servir de base au médecin ou à la mère qui est soucieuse de se rendre compte des progrès de son enfant.

La méthode des pesées est le meilleur critérium du développement normal de l’enfant.

D’autres signes viendront compléter les renseignements donnés par la balance et démontrer si la nourriture de l’enfant lui convient. Nous avons déjà appelé l’attention sur la nature et la couleur des selles. Les cris de l’enfant causés soit par les angoisses de la faim, soit par une nourriture malsaine, avertiront la mère dans bien des cas, mais il arrive parfois que, sans souffrances apparentes, l’enfant tombe tout à coup dans un état de torpeur complet.

Il faut alors se hâter de le rappeler à la vie par des frictions sèches, des bains chauds et stimulants, lui faire prendre à la cuiller du lait de femme à petites doses, mais à des moments très-rapprochés. Enfin,

CUECUE.

dès que l'enfant pourra reprendre le sein, il importe de cesser tout allaitement artificiel ou de le confier à une bonne nourrice.

Pour complétercechapitre, nousdonnerons encore quelques formules de laits artificiels, puis nous ferons connaître les différents procédés employés pour conserver le lait.

Lait d'enfant de Pierquin :

Carbonate de potasse : is'',2

Eau de tilleul T.... 60

Eau do cerises noires 30

Huile d’amandes douces 30

Jaunes d’œufs n“ 3

Mucilage de g. arabique 4 gr.

Émulsionner et faire un litre de lait.

Lnit d’ânesse artificiel (Jourd.) (I ) :

Escargots n" 6.

Corne de cerf 12 gr.

Orge perlé 12

Racine do panicaut 12

Eau 750

Réduire de moitié par la cuisson et ajouter :

Sirop de capillaire 30 gr.

Conserve du lait. — M. Braconnot utilisa le premier, pour conserver le lait, la propriété que possèdent les alcalis de rendre au lait caillé ses propriétés.

(1) Nous ne recommandons aucune de cos deux formules. En cas do diarrhée la décoction blanche de Sydenham donne do bien meilleurs résultats. Pour calmer les coliques, la potion de Gœlis réussit très-bien. Cependant si le lait venait à manquer ou à ne plus être digéré, on pourrait essayer le lait de Pierquin lorsque l’enfant est âgé de G ou 8 mois.

On prépare égalementlelait par le procédé Appert, ce qui donne de bons résultats.

M. Rélhel a pris un brevet pour la conservation du lait par l’acide carbonique, en opérant comme pour la préparation de l’eau gazeuse. MM. Grimaud et Gallois enlèvent l’eau au lait en le faisant traverser par un courant d’air et donnent au résidu le nom de lactoline ou lactine, qui reproduit le lait par la dissolution dans l’eau.

M. Legrip prépare une conserve ou poudre de lait en ajoutant 2 grammes de bicarbonate à 1 kilogramme de lait, en faisant évaporer aux 3/4, en mêlant alors par portions 500 grammes de sucre en poudre. On retire la masse, on l’étend sur des assiettes et on fait sécher à l’étuve. Le produit est ensuite mis en tablettes ou réduit en poudre que l’on conserve dans des flacons ; 60 grammes peuvent fournir un litre de lait.

Le procédé de Martin Lignac consiste à réduire le lait aux 4/3 de son volume par évaporation dans des chaudières à fond plat. On ajoute alors 60 grammes de sucre par litre de lait, on introduit le mélange dans des boîtes cylindriques dont l’ouverture est fermée par une soudure en étain. Les boîtes sont chauffées à 103 ou 104° centigrades à l’aide de la vapeur.

En Suisse, pour conserver le lait, on ajoute à 1300 litres de lait le quart de leur poids de sucre. On fait fondre et on évapore dans le vide au moyen d’un appareil nommé vacuum et, quand il a atteint la consistance d’un miel épais, on en remplit des boîtes en

CRÈCHE

fer-blanc qui sont ensuite hermétiquement fermées. Chaque boîte contient environ de 460 à 470 grammes de lait concentré. Une partie de lait délayé dans 4 ou 5 parties d’eau a toutes les qualités d’un lait parfaitement pur et peu sucré (1).

En Suède M. Hirschberg a étudié Tinfluence de l’acide borique sur la conservation de la bière. Du lait additionné de 1/1 00 d’acide borique fut abandonné à lui-même à une température de 12®, 5 à côté du même lait sans addition. Le premier ne manifesta qu’après cent-vingt heures une réaction acide bien sensible, et il ne s’en sépara qu’une couche trèsfaible de crème ; le second devint acide après trentesix heures et abandonna toute sa crème après vingtquatre heures.

L’acide borique conserve donc le lait et empêche la séparation de la crème.

En France aujourd’hui on emploie l’acide salicylique dans le même but et dans les mêmes proportions. Les résultats sont identiques.

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