DU LAIT COMME MÉDICAMENT
Nous ne passerons pas en revue toutes les théories émises depuis Hippocrate jusqu’à nos jours sur l’emploi thérapeutique du lait; toutefois l’aphorisme G4
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du livre V, traduit par Daremberg, a eu trop de vogue pour ne pas être cité, a Donner du lait ;\ ceux qui ont la céphalalgie, c’est mauvais. Il est également mauvais d’en donner aux fébricitants, à, ceux dont les bypochondres météorisés sont parcourus par des borborygmes, î\ ceux qui sont altérés (siticulosés), à ceux qui, dans une fièvre aigüe, ont des évacuations alvines vicieuses, et à ceux qui rendent beaucoup de sang par les selles. Il convient au contraire aux phthisiques quand ils n’ont pas de fièvre trop violente. 11 est également bon d’en donner dans les fièvres lentes et de longue durée, pourvu qu’il n’y ait aucun des signes qui viennent d’étre mentionnés et quand la constipation est extraordinaire. »
M. le D'' Pécbolier, dans la Gazette médicale de Montpellier, 1846, a tracé d’une manière remarquable l’historique du lait. M. Decliambre, dans son Dictionnaire, résume ainsi son travail : « M. Pécbolier montre le lait, comme agent médical, conservant sa renommée jusqu’à, la période de la polypharmacie arabiste, de l’alchimie et de l’astrologie, puis la recouvrant vers la fin du seizième siècle pour ne plus la perdre. »
Nous allons montrer qu’aujourd’hui on emploie le lait avec avantage dans ta convalescence des maladies aiguës, dans les maladies du foie, du tube digestif, celles de l’appareil respiratoire, du cœur, dans les hydropisies, les névroses, l’herpès, la goutte, le cancer, la syphilis, la variole.
« Le lait convient également dans la pléthore.
Lli LAIT, LA GKÈME ET LE BEURRE.
la polycliolie, l’emliarras gastrique, la constipation habituelle, les exanthèmes dartreux.
« Il est indiqué dans la convalescence en qualité d’aliment atténué de facile digestion, tenant lieu d’un régime plus compliqué. » (Gubler.)
Dans ces maladies, l’emploi exclusif du lait comme aliment prend le nom de diète lactée (YaXaxTOTîOGta, Sydenham).
Si ce régime ne produit pas toujours les effets attendus, c’est qu’on n’est pas assez sûr de la nature du lait, de ses qualités et de sa provenance.
D’un côté, en effet, ce liquide n’est pas fourni, deux jours de suite, parle même animal ; d’un autre, tantôt il est recueilli aussitôt après le part, tantôt six mois après.
D’après M. Biett, la nourriture a une grande influence sur l’action du lait. Tous les fermiers savent, par exemple, que les herbages lui donnent des propriétés laxatives; que le foin sec et aromatique produit l’excès contraire: « C’est ainsi, dit-il, que, lorsque j'ai prescrit le lait de chèvre (et cela m’arrive fréquemment, parce que je le regarde comme un des moyens les plus salutaires dans quelques maladies du tube digestif), c’est ainsi que je fais en sorte d’établir quelques rapports entre les qualités du lait et l’état des organes que je me propose do modifier.
« Existe-t-il de la tendance au dévoiement, on exclut de la nourriture de la chèvre les carottes, l’eau blanche, la recoupe, les herbes; on lui donne exclusiveent du foin sec, des pommes de terre et quelques
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poignées d’avoine.. Dans quelques cas, où la diarrhée persistait, où les malades étaient affaiblis, lorsqu’il y avait des inconvénients dans l’emploi de moyens thérapeutiques un peu actifs, j’ai fait entrer dans la nourriture de la chèvre quelques poignées de feuilles de chêne. »
« On comprend facilement que, d’après leur difl’érence de composition, toutes les espèces de lait ne s’adaptent pas également à tous les cas morbides. L’expérience apprend en effet que le lait de vache est le plus rafraîchissant, le lait de chèvre et de brebis le plus nourrissant, le lait d’ânesse le plus léger. Le premier s’adresse principalement aux entrailles échauffées, le second à celles qui sont relâchées, le dernier aux personnes dont l’insuffisance fonctionnelle se traduit par l’indigestion de toute substance un peu riche en principes alibiles.
« En outre, le lait d’ânesse convient aux sujets qui, par défaut d’action hépatique ou par une autre cause, ont besoin d’emprunter des aliments respiratoires tout élaborés. De ce nombre sont les tuberculeux, les cirrhotiques, les cachectiques, etc., etc. » (Gubler.)
Les travaux d’Orsins, de Bontius, ceux de MM. Mauriceau. Chrétien, Segond, Serres et Fonssagrives, ne laissent aucun doute sur l’efficacité de la diète lactée dans l’hydropisie. M. le D" Fonssagrives, dans ce cas, ajoute 0s%20 de scammonée par litre de lait.
Les dermatoses sèches sont aussi attaquées par la diète lactée.
Uuant iï l’application de ce traitement à la phthisie pulmonaire, voici ce qu’en pense le D'' Baum : « J’ai, dit-il, dans cet aliment médicamenteux la plus grande conliance, mais je ne suis pas aveuglé par ses vertus au point de vouloir qu’on le considère comme l’ancre sacrée des phthisiques, comme un spécifique qui dispense de tout autre moyen. » Dans ce cas c’est le lait de chèvre et celui d’ânesse ou de jument qui sont conseillés.
M. A. Latour emploie la diète chloruro-lactée, qui ne peut avoir d’utilité que dans la phthisie torpide, apyrétique, comme moyen de relever Tappétit et la nutrition.
Sydenham et Gullen ont recours à la diète lactée pour combattre la goutte et l’obésité.
M. Baillarger en fait un préservatif de la manie aiguë.
M. Itabuteau, considérant que le rachitisme était inconnu de l’antiquité et n’a fait son apparition qu’au moment où le lait a été remplacé, dans l’alimentation des jeunes enfants, par d’autres aliments, s’appuyant en outre sur les belles expériences faites sur les chiens par MM. Jules Guérin et Fontès, conclut que le régime lacté pour l’enfant est le meilleur préservatif contre le rachitisme.
Ce savant médecin, dans son remarquable ouvrage de thérapeutique, donne des renseignements très-intéressants sur l’action du lait.
Outre la phthisie et l’ulcère simple de l’estomac, états morbides dans lesquels l’action du lait est incon-
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testable, les maladies suivantes sont traitées avec succès par ce liquide.
L’iodisme constitutionnel est guéri en trois ou quatre mois en soumettant les malades au repos et surtout à la diète lactée.
Les liydropisies dyscrasiques depuis Hippocrate ont été traitées par la diète lactée. La confiance dans ce régime était absolue; ce qui le prouve bien, ce sont ces mots de Guy-Patin en parlant de Mazarin : « Nous le tenons enlin ; il est bydropique, il boit du lait et ne guérit pas. »
D’après M. Serres, d’Alais, la diète lactée serait utile dans l’anasarque reconnaissant une cause quelconque (maladie de Bright, scarlatine, rougeole, obstacle à la circulation), et la condition nécessaire de la guérison serait l’accroissement de l’excrétion urinaire. Aussi ce médecin unit-il l’oignon au régime lacté.
Pour M. ïlabuteau « les liydropisies réellement justiciables de la diète lactée sont celles qui sont liées à la présence de l’albumine dans les urines. »
Le lait par ses propriétés émollientes est utile dans divers états morbides, tels que les bronchites chroniques, les gastralgies, le carcinome stomacal.
Enfin ce célèbre médecin s’est servi avec avantage, dans les lientôries et pour remonter les enfants inanitiés, de lait salé dans lequel il ajoutait de la lactose. Cruveilhier a montré tout le parti qu’on peut tirer du régime lacté exclusif dans certaines diarrhées rebelles, dans plusieurs formes de dysentéries ayant
conduit les malades à une consomption véritable.
Par ce traitement M. Tarnier prévient l’éclampsie chez les femmes enceintes albuminuriques.
M. Bouchardat le prescrit dans certaines formes de consomption caractérisées par les excrétions trop abondantes d’urée ou de bile.
M. Pécholier a préconisé le lait dans le cas d’hypertrophie du cœur.
« Le régime lacté rend de véritables services dans plusieurs maladies de la peau, l’eczéma et le lichen, surtout le lichen de la vieillesse, qu’il est bon de respecter ou de ne modifier que par le régime et en activant les fonctions de la peau à l’aide de frictions sèches et du massage. Le lait cru, au sortir du pis, se digère d’habitude beaucoup mieux que le lait bouilli ; cependant on rencontre le contraire dans certaines idiosyncrasies. » (Rabuteau.)
« Mode d'emploi. — Prendre chaque deux heures une tasse à café de lait coupé avec un tiers d’eau. Augmenter dès le lendemain graduellement la quantité de lait si celui-ci est bien supporté ; en arriver ainsi à deux ou trois litres par jour et même davantage selon les cas. Quand les bons effets du régime sont en grande partie obtenus, on permet d’ajouter un peu de pain dans le lait. La proportion de pain est peu à peu accrue, enfin arrive le moment de joindre à cette alimentation des mets légers. » (Bouchardat.)
M. leD'' Leclère, qui pendant son séjour en Gochinchine a eu souvent l’occasion d’observer les bons effets du régime lacté, calcule ainsi, dans sa thèse pour le
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doctorat, la quantité de lait nécessaire pour entretenir un adulte :
«Un adulte doit, en 24 heures, ingérer 24^%70environ d’azote, azote qui doit être contenu dans une matière albuminoïde (fibrine, albumine, caséine ou gluten).
« En admettant pour la formule de l’albumine celle de Lieberkübn, on trouve que l’albumine ou la caséine, car elles ont la môme formule, a pour composition centésimale :
Carbone
Hydrogène
Azote
Soufre
Oxygène
Le lait de vache (analyse de Payen) renferme pour cent 4“‘’,30 de caséine ; 100 grammes de lait contiendront par conséquent 0,6731 d’azote. Pour arriver h nos 24 grammes d’azote, il nous faudra de suite 3,639 grammes de lait.
« En faisant les mômes calculs pour le beurre et le sucre de lait, toujours en prenant pour dose les chiffres de Payen, déjà cités, nous trouvons que pour fournir 90 grammes de graisse il faudrait 2,812 grammes delait; noLiscalculerions de mêmeque6,3i0grammes de lait renfermeraient les 330 grammes de féculents exigés.
« La densité étant très-faible, nous pouvons, sans erreur sensible, prendre pour unité le centimètre cube à la place du gramme, et nous voyons ainsi que, pour fournir la quantité d’azote, 3‘-\639 sontnéces-
U LE LAIT, L\ CBÈME ET LE HEURflE.,
saircs. 11 n’en faut que 2‘“,81S2 pour le beurre, mais plus de 6 litres pour fournir les féculents.
<( On voit donc que, si l’on veut donner avec le lait tel ou tel de ses principes en totalité, on court le risque ou de diminuer ou d’augmenter la part des deux autres éléments.
« Je crois que dans cette occurrence il faut viser à donner la quantité voulue du principe le plus important. Ce dernier est, sans contredit, la matière albuminoïde : or, 3‘‘‘,669, mettons 4 litres de lait, renferment un peu plus que cette quantité d’azote (1). En prenant cette quantité de lait, nous donnons à notre malade un excédant de 38 grammes de beurre : le déficit en aliments féculents ou sucrés s’élèvera à 132 grammes. Nous avons vu que ces deux principes, lactose et beurre, avaient la même fonction physiologique, c’est-à-dire produisaient de la chaleur; nous avons vu également que 10 parties de beurre équivalaient sous ce rapport à 27 do sucre de lait.
«D’après ces considérations, nous trouvons que les 38 grammes d’excédant de beurre équivalent à 102 de sucre, de sorte qu’en définitive le déficit de cette dernière substance ne sera que de 20 grammes. Or ce déficit est réellement insignifianl, car il ne faut pas attribuer à ces chiffres une valeur numérique absolue , et la quantité d’aliments pourra osciller
(1) A. Rack (De l'alimentation azotée, thèse de Strasbourg, iSGf)) fixe à 5 litres la quantité de lait necessaire, mais il calcule en prenant ])Our base la composition d’un lait qui ne renferme que 3®%G0 de caséine au lieu de 4*’'q.30, chiffre indiqué par Payen.
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autour de ces nombres sans grand inconvénient.
« Nous pouvons donc admettre, dans le reste de notre travail, que 4 litres de lait ingérés par jour constituent un aliment complet pour un adulte physiologique. Dans les 4 litres de lait se retrouvent un peu plus de la quantité voulue de sels, et surtout beaucoup plus d’eau. » (D‘‘ Leclère.)
« Le lait est aussi employé à, l’e-xtérieur en collyres, en collutoires, gargarismes, injections, lotions, fomentations, cataplasmes, pur ou mêlé à des substances émollientes ou narcotiques.
« C’est un moyen populaire que les médecins conseillent peu, en raison de l’acescence rapide du lait et des qualités irritantes qu’il acquiert par la fermentation. Il en est de même du beurre, qui rancit trop vite pour rendre des services réels en qualité de lénitif et d’adoucissant, sur les plaies, les éruptions et autres inflammations cutanées. » (Gubler.)
On l’administre également sous forme de bain ; Darius se faisait suivre d’un immense troupeaux d’ânesses pour pouvoir se donner cette jouissance. En Suisse on prend encore des bains généraux de petitlait, mais on ne les regarde plus comme bains nutritifs, car depuis longtemps on a reconnu qu’il était impossible de compter sur l’action nourrissante des bains.
Alors on l’administra en lavements, et les résultats furent beaucoup plus satisfaisants.
Ce fut Abenzoard, juif de Séville, médecin à la cour des Almoravides, qui, au treizième siècle, eut l’idée de
recourir aux clystères nutritifs quand la déglutition est impossible.
Le lait est encore regardé comme le meilleur antidote de tous les poisons. Il y a là une exagération qu’il importe de signaler.
C’est, il est vrai, un excellent émollient pendant la période inflammatoire, mais il combat surtout les accidents occasionnés par les sels de zinc, de plomb et d’étain. Il a peu d’efficacité dans les empoisonnements par les sels de cuivre, de mercure et d’antimoine.
Il produit de bons effets dans le cas d’intoxication parles champignons et la noix vomique, mais seulement après qu'on a éliminé le poison par l’émétique.
Enfin il est contre-indiqué dans les empoisonnements par le phosphore. A ce chapitre se rattache la question des laits médicamenteux, qui offre autant d’intérêt au chimiste expert qu’au médecin.
M. Beaugrand [Dict. encycl. des sciences médicales, 111® série, 1. 1) résume ce qui a été écrit sur le passage des médicaments dans le lait.
D’après les recherches de Parmentier et Deyeux, de MM. Chevallier et O. Henry, à la suite de l'administration d’un médicament quelconque, il résulte :
1® Qu’il y a toujours diminution dans la production du lait ;
2® Que ce liquide prend une teinte café au lait par l’ébullition, qu’il est moins riche en parties solides et renferme une plus grande quantité de beurre.
Les expériences les mieux établies sur ce sujet ont été faites par deux auteurs allemands, MM. Harnier et
DU LAlï.
Lewald, qui n’ont du reste que complété les travaux de MM. Chevallier et ü. Henry (1).
M. Lewald a observé que l’antimoine et ses dérivés passent d’autant plus rapidement dans le lait et disparaissent d’autant plus vite qu’ils ont été administrés sous forme plus soluble.
L’arsenic donné à l’aide de la liqueur de Fowler apparaît au bout de cinq heures ; quelquefois cependant il faut dix-sept heures. Ce métal disparaît soixante heures après. Ce passage de l’arsenic dans le lait aune importance capitale : ainsi, d’après M. Hertwig, vétérinaire distingué, dans certains traitements où l’arsenic est administré à doses assez fortes, la viande et le lait, très-promptement empoisonnés, peuvent devenir toxiques, et cela pendant plus de trois semaines après l’administration du médicament. (Schmidt’s Jahrb., t. CX, p. 85, 1861.)
Le lait arséniqué est aujourd’hui préparé en grand par M. Labourdette.
D’après M. Lewald, le passage du bismuth se ferait difficilement et en faible proportion, la plus grande partie en étant éliminée par les sels à l’état de sulfure. Des travaux de MM. Chevallier etO. Henry il résulterait au contraire que le bismuth passe dans le lait en grande quantité.
Borax. — Après avoir administré en deux jours treize doses de 2 grammes de sous-borate de soude, on retrouve au bout de vingt-quatre heures l’acide borique
(1) Mémoire sur le lait, par MM. A. Cliovallier et O. Henry. (Paris, Pclix I.ocquin, 1839.)
dans les produits des sécrétions mammaires. Ces expériences ont été faites sur deux chèvres par M. Harnier.
On ne connaît aucun fait bien positif sur le passage du cuivre dans le lait; les annales médicales rapportent un seul cas d’intoxication occasionné par l’absorption du lait d’une chèvre qui avait bu du bouillon aigri abandonné dans un vase de cuivre.
Suivant M. le D’^Lewald et MM. Rombeau et Rosseleur, le fer passe dans le lait, qu’il soit administré sous forme d’o.xyde ou de chlorure. Un fait assez curieux, c’est que la limaille de fer en fournitplusque lelactate.
L’iode passe dans le lait d’une manière incontestable. Le D'^ Lcwald a remarqué que ce métalloïde n’apparaît qu’au bout de quelques jours lorsqu’il est donné soit sous forme de teinture, soit à l’état d’iodure; mais alors, si on l’administre de nouveau, au bout de quatre heures on peut en constater la présence, et ilpersistependant plusieurs jours après qu’on a administré ce médicament.
M. Labourdette obtient d’une manière continue du lait de vache iodé.
Le Dr Righini constate qu’on a traité avec succès des enfants rachitiques en faisant prendre à leurs nourrices de l’iodoforme à la dose de I gramme par jour sous forme de sirop.
L’oxyde et les sels de zinc passent rapidement dans le lait et disparaissent également vite, de même que les sels de fer.
Les premières recherches relatives à l’absorption des sels mercuriques ont échoué; cependant il est un
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fait bien établi, c’est que les enfants syphilitiques guérissent parfaitement quand leurs nourrices sont soumises au traitement hydrargyrique.
Aussi de nouvelles expériences ont-elles été faites sur ce sujet. Le D" Lewald, après avoir fait prendre pendant plusieurs jours à une chèvre des doses de 2 grammes de calomel, a positivement constaté la présence du métal dans leprodui t delà sécrétion mammaire.
Enfin M. Labourdette et après lui M. Bouiller préparent journellement à volonté du lait mercurialisé.
M. Falck fît les premières recherches sur l’absorption des sels de plomb, mais les expériences de M. Lewald offrent beaucoup plus d’intérêt.
Suivant ce physiologiste, on ne retrouve pas de grandes quantités de plomb à la fois, mais sa présence est constatée pendant longtemps, ce qui fait présumer qu’avant d’être excrétés les sels de plomb sont emmagasinés dans divers organes.
Le carbonate et le bicarbonate de soude, le chlorure de sodium, les sulfates de magnésie et de soude, passent facilement dans le lait.
Les expériences de MM. Chevallier, O Henry et Marchand, indiquent que le nitrate de potasse et le sulfure de potassium sont réfractaires. Suivant M. Harnier, les sels à acides organiques ne passent pas dans le lait.
M. Lewald regarde l’alcool comme complètement réfractaire, et cependant M. Marchand prétend avoir ' constaté les caractères de l’ivresse chez des enfants dont les nourrices avaient pris une certaine quanlilé d’eau-de-vie.
2 0 LE LAl'J', LA CRÈME ET LE BEURRE.
La question reste litigieuse pour le sulfate de quinine.
Enlin l’opium et la morphine paraissent ne pas passer dans le lait. Nous terminerons cette question en donnant quelques formules de laits médicamenteux.
Lait iodé. — M. Duroy prépare un lait iodé en combinant directement le métalloïde à cet aliment. Lorsqu’il n’y a pas excès de réactif, le lait iodé est sans goût étranger, il offre sa couleur ordinaire, il peut se conserver pendant un mois, même au milieu de l’été, sans s’acidifier ni se coaguler. Pour le conserver plus longtemps, on en fait un sirop.
Ayant étudié moi-même cette question dans un mémoire adressé à l’Académie de médecine, j’ai démontré :
1“ Que le lait écrémé absorbait à peu près autant d’iode que le lait non écrémé;
2° Que 100 grammes de lait neutralisaient environ 12 centigrammes d’iode ;
3° Que le petit-lait provenant de ces 100 grammes absorbant 4 centigrammes de métalloïde, le sucre de lait neutralisait pour sa part I centigramme et les sels alcalins 3 centigrammes;
4° Qu’en conséquence c’était la caséine du lait qui avait le plus fort pouvoir absorbant.
Lait purgatif de Planche :
Résine de scanimonce 06'’,40
Sucre blanc 10
DU LAIT
Triturez et ajoutez peu à peu ;
Lait pur lUO gr.
Eau de laurier-cerise 3 à i gr.
En une seule fois pour un adulte ; médecine
agréable et d’un effet certain.
Lait aluminé de Pearson :
Alun 8 gr.
Faites dissoudre dans ;
Lait ôüü gr.
Lait analeptique (Dorvault) :
Mousse d’Islande 3 gr.
Lait de vache 150
Faites bouillir dix minutes, exprimez et ajoutez ;
Eau de fleurs d’oranger 45 gr.
On peut remplacer l’hydrolat de fleurs d’oranger par :
Sucre -30 gr.
Cannelle concassée I''',î0
Cette préparation prend en refroidissant une consistance de gelée fort agréable qu’on peut aromatiser suivant le goût du malade.
Lait analeptique au chocolat :
Lait de vache 450 gr.
Saccharure d’hippocolle 30
Cliocolat râpe 15
Extrait de genièvre 15
Bicarbonate de soude On' ,4
Faites jeter quelques bouillons.
En ajoutant à 1,000 grammes de lait :
2 gr. de chlorure de sodium,
I^LGO de sel de nitre, ou l.j de saccharolé de vanille,
on obtient des laits chloruré, nitré, sodaté ou vanillé.
On prépare du lait de viande en ajoutant au lait 10 grammes de viande de bœuf finement broyée et émulsionnée dans le liquide.