‹ Le Lait Sec En Diététique InfantileChapitre 21 sur 32 · B) LE LAIT SEC DANS LES ÉTATS DE RÉADAPTATION ALIMENTAIRE · texte numérisé non relu

B) LE LAIT SEC DANS LES ÉTATS DE RÉADAPTATION ALIMENTAIRE

Les états de réadaptation alimentaire bénéficient grandement de l’emploi du lait sec,fles états de déséquilibre digestif se rencontrent dans différentes circonstances, ainsi dans la convalescence des maladies infectieuses ou éruptives : rougeole, scarlatine à la suite des pneumonies, des bronchopneumonies, des états pleuro-pulmonaires plus ou moins graves, on tire des avantages considérables de l’emploi du

PARTS eee

lait sec; on évite les vomissements, les diverses diarrhées avec leurs conséquences, inappétence, déshydratation, cachexie.

Peut-on continuer indéfiniment une alimentation si précreuse ? |

Pour certains, il n’est pas souhaitable de prolonger l’usage du lait sec, car quelles que soient ses qualités, la poudre de lait reste un aliment artificiel.

Pour d'autres, au contraire, c'est d'ailleurs l'opinion d'AvrRAGNET, BLocH, MICHEL et DORLENCOURT, ainsi que la nótre, on peut impunément prolonger l'usage du lait sec, comme le prouve une observation de ces auteurs dans laquelle il est dit qu'un enfant resta plus de 8 mois alimenté exclusivement au lait sec. Il semble, disent les auteurs, que l'enfant n ait tiré de ce traitement que des bienfaits.

C) LE LAIT SEC CHEZ LES ENFANTS DYSPEPSIQUES A PRÉDOMINANCE GASTRIQUE. :

(Enfants vomisseurs.)

Bien entendu, nous excluons de cette définition, les vomissements liés à d'autres causes que la dyspepsie gastrique, par exemple les vomissements de la sténose hypertrophique du pylore, les vomissements d'origine méningée et les vomissements toxiques, acétonémiques par exemple.

Nous n'envisagerons que les cas de vomissements les plus fréquents dont la pathogénie est des plus discutées, véritable dyspepsie des liquides selon l'expression de VEILL et MOURIQUANT, gastro-neurose émétisante de LEREBOULLET, vomissement par hypopepsie. Ce sont ces cas que nous avons relatés dans nos observations et qui sont de beaucoup les plus fréquents.

On sait qu'à ces états il faut opposer la concentration des repas, la réduction de la masse alimentaire; il était donc facile de prévoir les bons résultats que l'on obtient avec le lait sec. En effet la poudre de lait représente le Jait concentré à sa derniére limite. Il suffit de lui ajouter un peu

en

d’eau ou de decoction de céréale, comme le conseillent GAUTHIER et GENEVOIX, de Fécamp, pour obtenir une pâte de lait qui convient éminemment au nourrisson vomisseur.

WEIL et MOURIQUANT (1) qui, par ailleurs, n’obtinrent pas des résultats toujours favorables dans l'emploi du lait sec, admettent cependant que le lait sec puisse rendre « les mémes services » que le lait concentré par ébullition prolongée. BITBERLIN, dans sa thèse, insiste également sur les bienfaits de la poudre de lait chez les nourrissons vomisseurs, que ce vomissement soit spasmodique ou d'origine dyspepsique ou anaphylactique ou accompagné de diarrhée.

Sur les 12 observations que nous avons relatées, 5 ont trait à des nourrissons qui vomissaient; tantót les vomissements étaient au second plan dans les manifestations cliniques, tantót ils dominaient le tableau. Dans tous les cas, les vomissements furent améliorés et disparurent completement. On ne fut méme pas obligé d'adopter la technique de concentration des repas. Le résultat fut obtenu avec une dilution normale.

D) RÉSULTATS DE L'EMPLOI DU LAIT SEC DANS LES ACCIDENTS GASTRO-INTESTINAUX AIGUS

C'est la dernière rubrique du travail de MM. AvrRAGNET, Вгосн, MICHEL et DORLENCOURT.

Parmi les observations que nous avons rapportées, aucune n'avait trait à des cas de ce genre, aussi emprunterons-nous les conclusions de ces auteurs.

Comme le montrent leurs observations, il s'agissait de forme relativement grave, avec algidité, déshydratation avancée, diarrhée profuse. Dansles deux cas qu'ils rapportent le pronostic est des plus sombres. On emploie le traitement habituel, sérum physiologique marin, toni-cardiaque, et aprés 24 heures de diéte hydrique le lait sec est donné à doses trés progressives.

(1) WEILL et MOURIQUANT, Note sur le lait desséché (Société médicale des hópitaux de Lyon, 19 novembre 1922).

EIERN

Le lait sec agit presque mathématiquement contre l'élément fièvre et, « fait curieux, la fièvre réapparaissait à chaque essal d’alimentation par les bouillies. Il s’agissait lá d'un cas d'intolérance pour les H. C. sur lesquels les auteurs allemands ont récemment insisté ».

Comme nous le disions plus haut, le lait sec est l'aliment le plus précieux que nous ayons comme agent de réadaptation alimentaire, bien souvent les phénoménes pathologiques (fiévre, diarrhée, vomissements) réapparaissent chez les nourrissons convalescents, quelque soit le lait employé. Dans certains cas le lait sec s'est montré supérieur au lait de femme lui-méme, à la période de réalimentation.

Outre ces avantages, le lait sec permet de limiter la durée de la diète hydrique (RIBADEAU-DUMAS, Soc. de Péd., 1912).

On sait en effet que la diéte hydrique ne doit pas étre prolongée en principe au delà de 24 heures.

A l'heure actuelle, on ne compte plus les succès du lait sec, surtout dans les cas de dyspepsie graves. A la.lecture des observations des auteurs frangais et étrangers, les termes employés (marasme, déshydratation intense, algidité, faiblesse extréme) montrent bien que dans beaucoup de cas le pronostic était des plus sombres, et l'on peut dire que sans la poudre de lait, l'évolution se serait faite inévitablement vers la mort.

Ce n'est méme qu'aprés avoir constaté les bons effets de la poudre dans la saison des diarrhées que certains auteurs (en particulier les auteurs allemands) en ont généralisé l'emploi aux autres périodes de l’année et dans les états autres que les troubles gastro-intestinaux.

E) LE LAIT SEC DANS LES ACCIDENTS D'INTOLÉRANCE AU LAIT DE FEMME, AU LAIT DE VACHE, AUX HYDRATES DE CARBONE, ECZÉMA, URTICAIRE. MANIFESTATIONS CUTA- NÉES DIVERSES, ERYTHEMES.

a) ANAPHYLAXIE AU LAIT DE FEMME. — L'observation montre que certains nourrissons présentent des manifestations d'intolérance vis-à-vis de certains laits. On a même

observé des nourrissons qui ne supportaient pas le lait de leur propre mère. GAUTHIER еб GÉNEvoIx, de Fécamp, relatent l’observation d’un nourrisson exclusivement nourri au sein de sa mère et qui au 15° jour se met à vomir, la mère persiste à lui donner le sein pendant 3 semaines, les vomissements persistent tant que dure l'allaitement maternel. Différents laits sont essayés sans succés. On finit par adopter le lait sec; à partir de ce moment, les vomissements cessent; la courbe de poids augmente réguliérement. |

PovcET (1), dans le méme ordre d'idée, rapporte le cas suivant : |

Deux fréres nourris par leur mére avaient tous les deux une crise d’urticaire deux minutes apres chaque tétée. Sans employer le lait sec, PouGET obtint la désensibilisation en leur faisant prendre une minime quantité de lajt maternel 15 minutes avant chaque tétée.

b) ANAPHYLAXIE AU LAIT DE VACHE. — Beaucoup plus fréquents sont les cas d’anaphylaxie au lait de vache. LESUÉ insiste sur la différence qui existe entre anaphylaxie et intolérance.

En effet l’anaphylaxie est toujours précédée d’une période de sensibilisation et demande une désensibilisation progressive pour disparaître tandis que l'intolérance est primitive, elle survient d'emblée et disparaît brusquement. D'ailleurs, la distinction est de peu d'intérêt au point de vue pratique, car le lait sec montre ses bons effets dans un cas comme dans l'autre.

En ce qui concerne l'anaphylaxie avec MARFAN, il faut distinguer la grande et la petite anaphylaxie.

La grande anaphylaxie est rare. Elle se déclenche immédiatement aprés la tétée. Le début est brutal.

Son aspect clinique est variable, tantót c'est une fiévre élevée, tantót une páleur impressionnante avec tendance à la syncope, tantót des vomissements ou de la diarrhée. Enfin

(1) E. Povazr, Anophylaxie lactée familiale. (Journal de médecine et chirurgie de l'Afrique du Nord, janvier 1932.)

Page 1