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on peut voir des manifestations cutanées, de l'urticaire, des érythémes scarlatiniformes, morbiliformes, plus rarement du purpura.
L'urticaire s’ accompagne souvent d'eedémes fugaces des lèvres et des paupières. Parfois, on a pu voir des convulsions, des accidents tétaniformes.
La diarrhée est quelquefois si intense qu'elle prend e type de choléra infantile avec algidité et tendance au collapsus.
A la lumière des travaux de Charles RicHer, il est facile de s'expliquer la genése des faits.
L'intestin et le foie du nourrisson n'opposent qu'une barriere fragile au passage dans le sang des albumines étrangéres du lait de vache.
Ce реше agıt comme le ferait une injection nd eR de lait; qu'un nouveau passage de protéine se produise, le sujet étant sensibilisé, il se comporte comme une injection déchainante.
Le nourrisson sensibilisé au lait de vache, l'est aussi, déclare MARFAN, pour les produits dérivés du lait : « babeurre, lait homogénéisé, lait concentré, poudre de lait ».
Il faut cependant remarquer que la poudre de lait est dans la grande majorité des cas admirablement supportée. On sait en effet que la chaleur intense à laquelle est soumis le lait modifie profondément la texture de la molécule protéique et des différentes albumines du lait. La caséine est transformée; sa nature colloidale trés altérée, le coagulum formé sous l'action du lab-ferment est trés différent du coagulum du lait ordinaire, à cause de l'action protéolytique de la chaleur. En un mot les protéines du lait sec ont perdu la majeure partie de leur caractére hétérogéne, vis-à-vis du nourrisson, elles se comportent comme une albumine indifférente, neutre, qui ne déclenche pas de choc colloido-classique. D'ailleurs, l'étude de la cuti-réaction nous à prouvé le caractére indifférent des albumines du lait sec.
Un nourrisson nettement sensibilisé au lait de vache présenta une grosse papule rouge cedémateuse aprés une cuti
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au lait de vache. Quelque temps apres, une cuti au lait sec ne donna lieu à aucune réaction inflammatoire.
Le lait obtenu par « brouillard » se comporte un peu différemment, nous avons vu d’ailleurs que ses modifications étaient minimes. La chaleursemble avoir agi électivement sur l'évaporation de l'eau. C’est le lait sec qui ressemble le plus au lait naturel.
Nous n'insisterons pas sur le traitement du choc anaphylactique lui-méme, nous bornant à rappeler le róle que peut jouer le lait sec dans les cas d'anaphylaxie au lait de vache.
On sait que la méthode antianophylactique par voie digestive doit étre employée tout d'abord en partant de dilution trés faible que lon augmente progressivement. Dans la pratique, 11 est plus commode d'employer tout d'abord le lait sec à des doses progressivement croissantes que l'on fixe par tätonnement.
Si les résultats sont bons on arrive à des doses élevées et au bout d'un certain temps, le nourrisson supporte bien souvent le lait de vache.
Quand le lait sec reste sans action, on adopte le mode classique de désensibilisation, la méthode de WEILL qui consiste à faire des injections de lait.
A côté de la grande anophylaxie, il existe des manifestations de « petite anaphylaxie ». Ces manifestations sont trés polymorphes, érythémes, eczéma, prurigo, certains acces d'asthme. Ils sont justiciables des méthodes d'antianaphylaxie digestive, mais surtout d'injection sous-cutanée du lait supposé sensibilisateur (1).
Parmi les observations que nous avons relatées, il en est une qui montre les bons résultats que l'on peut obtenir dans un cas d’eczema avec érythémes prurigineux. Dans cette affection, le lait sec apparait d'une toxicité presque nulle, à tel point que chez l'enfant que nous avons suivi la cicatri-
(1) M. Guy Lanocug, Ch. RicHET fils, Sarnr-Grrons. Paris-Médical, 2] septembre 1929.
sation des lésions fut extrêmement rapide, trop rapide même puisque l’enfant fit de la fièvre par résorption de produits toxiques qui normalement auraient dû s'éliminer par suintement extérieur.
Les conclusions d'AvrRAGNET sont identiques aux nôtres, . en ce qui concerne l'action du lait sec sur l'eezéma.
On peut done affirmer que la thérapeutique antieczémateuse doit d'abord faire appel au lait sec; ce n'est qu'en cas d'échec qu'il faut recourir aux différentes méthodes de désensibilisation.
En résumé il faut retenir que les indications majeures du lait sec dans les états pathologiques du nourrisson sont tout d'abord les affections digestives quelles qu'en soient l'origine et la gravité; les troubles de la nutrition, les différentes hypotrophies quelles qu'en soient la variété clinique, leur nature étiologique, leur intensité. Nous dirons méme que plus elles sont graves, plus elles sont justiciables de l'emploi du lait sec.
Les troubles d'intolérance et anaphylaxie aux différents laits, quoique le lait sec ne donne pas toujours des résultats parfaits.
Accidents dus à l'emploi du lait sec
Malgré le nombre et l'importance de ses qualités le lait sec présente certains inconvénients, disons dés maintenant que ces inconvénients n'ont pas de gravité par eux-mémes et ne doivent pas Jeter le discrédit sur sa réputation.
Par ailleurs ils sont peu nombreux et d'une extreme rarete.
Au premier plan il faut citer la fiévre du lait sec. Enfin une question se pose en dernier lieu. Le lait sec est-il scorbutigéne. Favorise-t-il le rachitisme (lait irradié).
La fiévre de lait sec
La fiévre de lait sec de notion récente, a fait l'objet de nombreuses études tant en France qu'à l'étranger. Elle
rentre dans le cadre des fiévres alimentaires. Cette fièvre est comparable aux fievres de sucre, de sel, de babeurre, de bouillon de légume qui étaient déjà connues.
Nous empruntons au Pr LEREBOULLET (1) la description clinique de la fièvre de lait sec.
Schématiquement la fièvre de lait sec est constituée par une poussée fébrile apparaissant peu de temps après l'institution d’un régime où le lait sec est donné à un degré de concentration trop élevé, continuant pendant tout le temps que dure ce régime et cessant lorsque l'alimentation pyré- . togène est supprimée, pour reprendre avec elle si on la rétablit.
Cette pyrexie est tout à fait comparable à celle que peut engendrer le lait concentré.
C'est en 1926 que DEBRÉ et SEMELAIGNE observent les premiers la fiévre de lait sec.
Voici leurs observations :
OBSERVATION N? 1. — Josette C..., est soumise à une alimentation mixte à l'aide de 5 biberons de lait sec à la dose de 2 cuillerées à soupe pour 75 grammes d'eau, réalisant par conséquent une forte concentration. Le 10 avril, l'enfant présente des malaises, de l'agitation, une élévation thermique à 4196 avec convulsions. Le 13 avril, la température atteignait méme 420,
A l'examen, l'enfant ne présentait absolument rien d'objectif. Le 17 avril, de leur propre initiative, les parents diminuérent de moitié la ration du lait sec, une cuillerée à soupe de lait pour 75 grammes d'eau. Le lendemain, la température est à 3699. Sur l'ordre du médecin, la ration est rétablie à son chiffre initial et le 19 avril la fièvre remonte à 3805 pour rester élevée jusqu'au 30 avril. A cette époque, les parents suppriment complétement le lait sec et l'enfant est mise immédiatement à 7 biberons de 90 grammes de lait de vache écrémé, dilué et sucré. Le premier mois, la température retombe à la normale pour s'y maintenir.
(1) LEREBOULLET, Progrós Médical, juillet 1931.
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Pendant la durée de la période fébrile l'enfant a augmenté de 850 grammes.
2° OBSERVATION. — Colette de $..., sur le point de partir à la campagne est mise au lait sec (3 cuillerées à soupe de lait Sekle pour 120 grammes d’eau). Au bout de 7 à 8 jours l'enfant devient criarde, agitée, la fièvre est à 3906 et oscille de 37 à 409. Cependant l'examen de l'enfant ne révèle rien d'anormal. Le poids augmente de 1 kilo en six semaines. C'est quand on supprime le lait sec et que l'enfant est remise au lait ordinaire que la fiévre tombe.
D'autres auteurs ont rapporté des observations analogues. Le Dr FLORAND, Mr AvrRAGNET et Р. L. MARIE. Dans une observation du Dr Dayras, la caractéristique de la fièvre était sa longue durée et sa modération réalisant un « état subfébrile prolongé ». Par ailleurs, Marcel LELONG rapporte l'observation analogue d'un enfant suivi à la creche Landouzy à l'hópital Laennec. Nous rapporterons en outre un nouveau cas de fiévre de lait sec rapporté par Alfonso Alarcon (1), de Tampico (Mexique): 11 B. E., est né à Tampico en 1928, ıl pesait à sa naissance 3.500 grammes et son aspect était normal. L’accouchement laborieux fut terminé au forceps. La mère âgée de 20 ans était primipare. L'enfant fut nourri au sein pendant 9 jours seulement à cause de l'état précaire de la mère lequel entraîna l'agalactie. On adopte alors le lait sec écrémé, avec peu de succés car le poids n'augmente pas normalement. Vers le quatriéme mois, l'enfant présente des phénoménes d'indigestion qui aboutissent à une diarrhée profuse. On lui changeson régime, pour celui du lait de vache coupé d'eau, lequel fait disparaitre l'indigestion. Deux mois aprés ce second régime on assiste à de nouveaux troubles digestifs, cette fois de caractére fébrile. La fiévre a duré 4 jours, l'enfant ne progresse pas à satisfaction, et de temps à autre est victime de déréglements qui dénotent l'impropriété du régime adopté.
A 9 mois, il avale une épingle de nourrice qui servait à
(1) Bulletin de Société Piedatrie de Paris, novembre 1929,