‹ Le Lait Sec En Diététique InfantileChapitre 23 sur 32 · GOES · texte numérisé non relu

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attacher sa sucette et l'on décide de l'envoyer par avion de Tampico à Mexico où après anesthésie légère au chloroforme on extrait le corps étranger. Le jour même, une fois que les phénomènes post-anesthésiques furent passés, on reprend à nouveau l'alimentation par le lait sec. Ce changement de régime coincide avec une élévation de température à 380 attribuée alors aux suites opératoires.

A partir du 27 juin 1929, la fiévre se maintient à 389, les évacuations sont fétides et liquides, grumeleuses, vertes, fréquentes. On soumet l'enfant à la diéte hydrique pendant 48 heures.

Les phénoménes digestifs s'amendent au cours d'une semaine grâce au précieux moyen du lait malte avec maltossan. La persistance de la fièvre fait soupçonner, à cause du milieu paludique de Tampico, l'existence d'une infection paludéenne. Malgré un examen hématologique négatif on injecte en maniére d'épreuve du bisulfate de quinine. La courbe thermique se maintient haute, 3 jours aprés on reprend le méme traitement : quinine pendant 3 jours consécutifs sans résultats sur la fiévre. On pouvait remarquer le bon état général, la compléte digestion, l'inanité du traitement antipaludique, un certain progrés pondéral malgré un régime restreint par prudence, le tout accompagné d'une réaction fébrile qui oscillait entre 37 et 389, vers le deuxiéme jour de la fiévre on remarque la tendance des températures plus hautes : 390-3905.

En présence de ce tableau on est amené à penser à la fiévre de lait sec et le 24 juillet on change à nouveau le rérégime par celui du lait condensé. Avant la premiére prise, lenfant avait 3895, aprés cette premiere prise, l'enfant a 3995 à 9 heures. On fait prendre à l'enfant un bain froid et à 17 heures on enregistre une température de 3699. A 20 h. 36'3” et, depuis lors, il n'y a plus de réaction fébrile.

Comme on peut s'en rendre compte les traits cliniques de la fiévre de lait sec sont d'une grande netteté. Dans les observations que nous avons rapportées les caractéres cliniques sont tous comparables :

Ne

Debut brusque, temperature &levee et monosymptomatique, terminaison brusque si on cesse le lait. Par contre on discute sur la pathogénie de pareils accidents.

Pour Marcel Lelong, divers facteurs expliqueraient la production de la fièvre de lait.

D'abord le vieillissement qui engendre des altérations physico-chimiques pouvant produire la fiévre.

Par ailleurs l’altération microbienne du lait ne pouvait étre retenue puisque plusieurs analyses bactériologiques resterent negatives.

Peut-étre faudrait-il admettre le А, par le lait sec d'un microbisme latent, sorte de biotropisme qui se déclencherait dans l’organisme du nourrisson.

Luste, de Bruxelles, a invoqué la déshydratation comme agent producteur de la fièvre et compare la fièvre de lait sec a la fievre de soif. Pour lui il s'agit d'une question de concentration, et surtout de concentration saline; on pourrait objecter que la fièvre de déshydratation s'accompagne de signes de souffrance et surtout d'une baisse de poids rapide. C'est l'inverse qui se passe dans la fiévre de lait sec.

La théorie toxique semble difficile à admettre. D'ailleurs l'état général est toujours bon et la continuation de la courbe de dk ne permettent pas de considérer la fiévre de lait sec comme conséquence d'une intoxication.

L'hypothése de l’origine alimentaire semble plus soutenable. En effet certaines expérimentations faites dans le service de M. le Pr. LEREBOULLET tendent à en vérifier l'exactitude.

19 Différentes marques de lait sec ayant été employées, toutes se montrent pyrétogénes, mais suivant un type fébrile partieulier à chaque marque. Le facteur pyrétogène est probablement en rapport avec le mode de fabrication, et avec l'ancienneté du produit.

20 L'ingestion séparée des parties constituantes du lait sec ont donné des réactions thermiques différentes :

a) L'ingestion du petit lait de last sec : riche en lactose,

Be

pauvre en protéine a donné une réaction subfébrile continue

b) L’ingestion isolée du coagulum du lait sec (protéine et caséine) n'a été suivie d'aucune réaction thermique.

La conclusion de ces deux essais est que le lait sec administré en entier est pyrétogéne. Chacune de ses parties constituantes administrée isolément ne l'est pas.

39 Le lait sec d'abord apyrétogéne pour une concentration donnée finit par engendrer une fiévre croissant avec le degré de non centration. La contre-épreuve donna des résultats concordants, la diminution de la concentration s’accompagne d'une chute immédiate de la température à 379.

Au moment oü la température était à son maximum le dosage de protéine du sérum montra un chiffre de 92 grammes pour 1.000, le chiffre normal étant 70°.

De toutes ces expériences il ressort que l'origine de la fiévre de lait sec n'est pas univoque.

Il faut différents facteurs pour la produire. D'abord retenons lancienneté des poudres, les modes de préparation des différentes marques, mais ce sont là des facteurs accessoires.

Pour DORLENCOURT, LEMAIRE, il faut tenir compte de certaines réactions individuelles pour que la fièvre de lait sec se produise, il faut un terrain, une sensibilisation spéciale et sans vouloir l'assimiler aux réactions anaphylactiques, il faut admettre que la fièvre de lait sec se voit le plus souvent chez les asthmatiques, les spasmophiles et d’une manière générale chez les hérédos arthritiques.

En conclusion la cause principale de cet état est un déséquilibre portant sur le métabolisme de l’eau et celui des protéines lié à la surconcentration.

On pourrait dire avec MM. DEBRE et LELoNG que la régulation thermique chez le nourrisson est le produit d’un équilibre entre la chaleur issue de [assimilation des aliments

et la réfrigération due aux différentes déperditions caloriques.

L’elevation de la fièvre est donc le résultat d’un excédent de calories apportée par un poids d'H. C., de protéine « trop considérable par rapport au volume d’eau qui leur sert de véhicule ».

L'apport d'eau est insuffisant pour neutraliser par évaporation l'excédent des calories, l'équilibre se rompt et l'hyperthermie apparait. En somme, comme on le voit, le probléme pathogénique de la fiévre de lait sec est complexe et à côté des facteurs accessoires, comme l’âge, la sensibilité spéciale, les réactions individuelles, la date et le mode de fabrication du lait il est cependant acquis que le facteur premier de la production de la fièvre est bien la trop grande concentration des éléments calorigénes par rapport à la quantité d'eau. |

il suffit donc de diluer suffisamment le lait pour empêcher la production de ces accidents.

À côté de la fièvre de lait sec, il faut citer quelques accidents consécutifs à son emploi :

Troubles digestifs

Le plus fréquent des troubles digestifs est la constipation.

Disons tout d'abord qu'elle ne survient pas chez tous les nourrissons. Elle exige pour apparaître une prédisposition individuelle. Cette constipation est le fait d'une assimilation trop complète du lait, due à son extrême digestibilité. Nous avons donné plus haut les chiffres du coefficient d’assimilation et nous avons vu qu'ils tendaient vers l'unité, laissant par conséquent un minimum de déchet comme le dit Mme MAGEOTTE NILBOUCHEWITCH (1). Cette constipation n'est pas de l'intolérance, mais tout l'opposé, car elle est la conséquence de la grande digestibilité du lait sec. D'ailleurs il faut avouer que cette constipation n'offre par

(1) Bulletin Société Pédiatrie, de Paris, janvier 1912.

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