TIMIDITÉ
Solitaire amante des nuits,
Pourquoi ces timides alarmes, Quand ma muse au jour que tu fuis S’apprête à révéler tes charmes?
Si, par pudeur, aux indiscrets Tu caches ta fleur purpurine,
En nous dérobant tes attraits, Permets encor qu’on les devine.
Lorsque l’aube vient réveiller Les brillantes filles de Flore,
Seule tu semblés sommeiller.
Et craindre l’éclat de l’aurore.
Quand l’ombre efface leurs couleurs.
Tu reprends alors ta parure,
Et de l’absence de tes sœurs Tu viens consoler la nature.
Sous le voile mystérieux De la craintive modestie,
Tu veux échapper à nos yeux.
Et tu n’en es que plus jolie.
* Jérémie, xxv, 15.
On cherche, on aime à découvrir Le doux plaisir que tu recèles; Ah! pour encor les embellir, Donne ton secret à nos belles *.