‹ Le langage des fleurs (volume 2)Chapitre 88 sur 192 · ASILE, SECOURS · texte numérisé non relu

ASILE, SECOURS

es anciens avaient consacré cet arbusta aux Euménides ; la fumée de ses rameaux verts était l’encens qu’ils offraient de préférence aux dieux infernaux; on brûlait ses baies pendant les funérailles, pour écarter les maléfices. Le simple villageois de nos campagnes croit encore que le parfum des grains de genièvre purifie l’air et écarte les mauvais génies de son humble toit.

Les Anglais et les Chinois aiment à décorer leurs jardins de cet arbre sauvage, qui se panache quelquefois d’un jaune doré, mais qui se plie toujours difficilement à la culture; libre, il aime à croître sur la lisière des forêts ; des êtres faibles et timides cherchent souvent un asile sous ses longues branches, qui couvrent le sol ; le lièvre aux abois vient avec confiance se blottir sous ses tiges, dont l’odeur forte me lies

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chiens en défaut; souvent la grive lui confie sa famille et s’engraisse de ses fruits, tandis que l’entomologiste vient étudier, autour de ses rameaux hérissés d’épines, mille insectes brillants, qui n’ont point d’autres défenses, et qui semblent deviner que cet arbre est destiné à protéger leur faiblesse.

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