‹ Le langage des fleursChapitre 33 sur 81 · RICHESSE · texte numérisé non relu

RICHESSE

Les botanistes assurent qu’on ne trouve nulle part le blé dans son état primitif. Cette plante semble avoir été confiée, par la Providence, aux soins de l’homme, avec l’usage du feu, pour lui assurer le sceptre de la terre. Avec le blé et le feu, on peut se passer de tous les autres biens, on peut tous les acquérir. L’homme, avec le blé seul, peut nourrir tous les animaux domestiques qui soutiennent sa vie, et partagent ses travaux : le porc, la poule, le canard, le pigeon, l’âne, la brebis, la chèvre, le cheval, la vache, le chat et le chien, qui, par une métamorphose merveilleuse, lui rendent, en’ retour, des œufs, du lait, du lard, de la laine, des services, des affections et de la reconnaissance. Le blé est le premier lien des sociétés, parce que sa culture et ses préparations exigent de grands travaux et des services mutuels : aussi, les anciens avaient-ils appelé la bonne Cérès, législatrice.

Un Arabe, égaré dans le désert, n’avait pas mangé depuis deux jours : il se voyait menacé de mourir de faim. En passant près d’un puits, où les caravanes s’arrêtent, il aperçoit sur le sable un petit sac de cuir : il le

ramasse. « Dieu soit béni, dit-il, c’est, je crois, un peu de farine. « Il se hâte d’ouvrir le sac; mais, à la vue de ce qu’il contenait il s’écrie : « Que je suis malheureux ! ce n’est que de la poudre d’or (1) ! «

(1) Gulistan, ou l’Empire des roses, de Sadi.

Souct îrcs Jarbtne.

Page 1