Lucrèce, De naturd rerum. Liv. V
5. De Brosses, Traité de la formation mécanique des langues, 2 voi. Paris, 17 ôj.
Schleicher * et par Ch. Darwin ; cette idée, qu'ont adoptée et soutenue, chez nous, des anthropologistes distingués (Girard de Rialle 2 , Zaborowski 3 ), peut être brièvement résumée : le langage est, à son origine, expressif; le geste, le cri, plus tard l'interjection et l'onomatopée, expriment, sans que l'animal ou l'individu les aR appris, et par une sorte de réaction automatique du système nerveux, les sentiments que l'animal éprouve et les idées encore fort élémentaires qu'il possède. Le langage articulé, propre à l'homme, dérive, par une série de transformations successives, de ces premiers procédés d'expression. Il n'est conventionnel qu'en apparence, et s'il nous semble artificiel, c'est que nous n'apercevons pas les phases par l'intermédiaire desquelles le langage expressif, commun h l'homme et aux animaux, est devenu le langage articulé spécial à l'homme. — Cetle doctrine restera-t-elle à l'état d'ingénieuse hypothèse, ou passera-t-elle au rang des vérités démontrées? Nous inclinons à croire, pour plus d'une raison, à la dernière éventualité. Quoi qu'il arrive, la doctrine méritait d'être ici rappelée, car il importe d'avoir présentes à l'esprit les [solutions possibles d'un problème qui se rattache d'une façon très étroite à la question qui nous occupe. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que le langage articulé, quelles que sotent les relations intimes qui le relient, dans le passé de l'espèce, au langage expressif, s'est tellement différencié qu'il a conquis une sorte d'autonomie physiologique et pathologique. Sans doute, c'est à tort, nous l'avons dit, qu'on a défini l'aphasie la perte du langage artificiel avec conservation du langage naturel, puisque dans certains cas le langage naturel