Cité par Brierre de Boismont, loc. cit., pp. 27 et
2. Revue des Deux Mondes, 1884, Étude sur Cl. Lorrain, par E. Michel .
3. Journal des Débats, 16 octobre 1884, article sur Henri Regnault, par Charles Clément.
rence de nature ; l'hallucination consciente ou inconsciente nous paraît n'être que l'image visuelle à l'état fort. Gustave Flaubert, dans une lettre à Taine, proteste contre cette interprétation : « N'assimilez pas, dit-il, la vision intérieure de l'artiste à celle de l'homme vraiment halluciné. Je connais parfaitement les deux états. Il y a un abîme entre eux. » Mais les arguments que Flaubert apporte à l'appui de son opinion sont d'un artiste, non d'un psychologue 1 . Plus on analyse les représentations visuelles en passant en revue toute la série, des images faibles aux images vives et aux images fortes, plus on se convainc que l'hallucination est le dernier terme de cette série. Il en est ainsi aussi bien des hallucinations pathologiques que de celles observées à l'état physiologique , dans la phase qui sépare la veille du sommeil ( hallucinations hypnagogiques ) , pendant le sommeil naturel ou dans le sommeil provoqué. Lorsqu'une per L sonne hypnotisée voit les rats, les serpents, les chiens dont on lui suggère l'idée , elle ne fait que raviver des images latentes.
Une expérience fort curieuse de Wundt montre bien l'étroite analogie de nature qui existe non seulement entre la représentation mentale et l'hallucination, mais encore entre cette représentation et la sensation correspondante. On sait qu'après avoir fixement regardé un carton ou un objet rouge, on éprouve, après la sensation du rouge, celle de la couleur complémentaire, c'està-dire du vert. Or, chez certaines personnes chez qui les représentations mentales visuelles sont vives , la sensation du vert se produit non seulement à la suite de la sensation, mais de la simple idée, c'est-à-dire à la suite de l'image mentale ravivée du rouge.
On aura bien saisi, nous l'espérons, par les détails