‹ Le Langage intʹerieur et les diverses formes de l'aphasieChapitre 31 sur 68 · SA DÉFINITION, SES FORMES · texte numérisé non relu

SA DÉFINITION, SES FORMES

L'étude que nous venons de poursuivre sur le langage intérieur et ses différentes modalités , facilite singulièrement la seconde partie de la tâehe que nous avons à remplir. Elle jette en effet un jour nouveau sur Thistoire de l'aphasie envisagée au point de vue spécial de ses formes multiples et diverses, elle nous donne la clef des troubles variés de la faculté du langage qu'une patiente analyse symptomatique a permis de tirer du chaos et d'isoler les uns des autres. Les chapitres qui suivent seront consacrés à la description de ces troubles, dont nous # nous efforcerons surtout de pénétrer la pathogénie.

Mais avant d'aborder cette description, il est nécessaire de bien limiter le terrain sur lequel nous allons nous avancer.

. Oublions, pour un instant, les notions de psychologie que nous avons développées et plaçons-nous au point de vue de la séméiologie pure. Demandons - nous ce qu'est l'aphasie, et essayons de circonscrire aussi nettement que possible ce complexus clinique etv m<vtàx^xs^

d'une part, ce qui est hors de lui, d'autre part ce qui est en lui.

Il y a dix ans, la question de l'aphasie figurait, comme aujourd'hui, parmi les sujets de thèse proposés au concours de l'agrégation. M. Legroux *, à qui cette question était échue, définissait ainsi le complexus symptomatique : L'aphasie, écrivait-il, est un syndrome caractérisé par la « diminution ou la perversion de la faculté normale d'exprimer les idées par des signes conventionnels ou de comprendre ces signes, malgré la persistance dun degré suffisant d intelligence et malgré t intégrité des appareils sensoriels, nerveux et musculaires qui servent à l expression ou à la perception de ces signes ». En dépit des nombreux progrès réalisés depuis 187o, dans l'histoire de l'aphasie, la définition de M. Legroux peut être aujourd'hui encore adoptée sans modifications notables. Il importe de reprendre dès maintenant, pour les commenter , quelques-uns des termes de cette définition :

1° Ne relèvent pas de l'aphasie les troubles du langage qui résultent de lésions « des appareils sensoriels, nerveux et musculaires servant à l'expression ou à la perception des signes ». Voilà un premier point sur lequel tout le monde , je crois , est aujourd'hui d'accord : l'aphasie est un trouble psychique.

2° Ne relèvent pas non plus de l'aphasie les troubles de la faculté d'expression qui dépendent d'une altération [primitive de l'intelligence. Sur ce second point il ne paraît pas y avoir davantage de dissidence. Il est admis par tous que les désordres de la parole , de la lecture ou de l'écriture, qui tiennent à l'affaiblissement de l'intelligence, à la démence acquise ou à l'idiotie, sont hors du cadre de l'aphasie, au môme titre que ceux

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