‹ Le Langage intʹerieur et les diverses formes de l'aphasieChapitre 51 sur 68 · Cité par Bernard, p · texte numérisé non relu

Cité par Bernard, p

prouve nettement par ses gestes. Si, par exemple, on lui montre un verre, elle fait le geste de boire ; un peigne, elle fait signe de se peigner. Elle sait très bien le sens des ordres qu'on lui transmet verbalement ou par écrit et les exécute quand cela est possible. Elle ne peut répéter les mots qu'on prononce devant elle à haute voix, quelle que soit l'insistance qu'on mette à le lui demander. Au contraire elle peut articuler d'une façon très intelligible les mots écrits qu'on place sous ses yeux. »

Je trouve dans un récent mémoire de Dingley * un bel exemple de réveil des images motrices d'articulation par les représentations soit auditives, soit visuelles du mot. Le fait est emprunté à Hertz (Psychological magaz., vin). Le malade, qui était incapable de prononcer de lui-même la moindre parole, articulait cependant distinctement tous les mots qui étaient prononcés devant lui lentement et à haute voix, ou ceux qu'on lui présentait imprimés ou écrits.

J'ai pu sur moi-même me rendre un compte très exact de cette influence des images visuelles sur la réapparition de certaines images motrices. Dans l'attaque d'aphasie provoquée à laquelle j'ai fait allusion plus haut, j'ai constaté de la façon la plus positive que le souvenir moteur de certains mots très usuels, comme les mots parapluie, bec de gaz, n'était réapparu chez moi qu'à la suite de l' effort auquel je me livrai pour lire le mot, dont j'évoquai mentalement l'image visuelle. Au reste, il s'agit là de faits pathologiques qui ont en diminutif leur pendant à l'état physiologique. Tous les jours nous recourons au souvenir visuel, comme au souvenir auditif, pour retrouver l'image motrice d'un mot, c'est-à-dire arriver à prononcer ce mot.

1. E.-A. Dinqley, On a case of amnesta. Brain, janvier 1888, p. 492.

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