‹ Le Langage intʹerieur et les diverses formes de l'aphasieChapitre 6 sur 68 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

raît-il indispensable de nous expliquer brièvement à son sujet. Vouloir, comme quelques philosophes , Jouffroy , par exemple ! , l'ont proposé , limiter les recherches psychologiques à l'étude et à l'analyse de nos phénomènes de conscience, ce serait se priver volontairement de tous les renseignements précieux que nous fournit la méthode biologique. Ce serait de plus s'exposer à considérer comme généraux des faits individuels ; car Berkeley la dit avec juste raison : « Ce n'est jamais que notre propre pensée que nous apercevons. »

Mais repousser l'observation intime comme dangereuse et vaine, parce qu'à elle seule elle est insuffisante à nous révéler les lois qui régissent les faits intellectuels, n'est-ce pas se priver, de gaieté de cœur et sans compensation, d'une source précieuse de renseignements ? Sur ce point, Huxley a pris à tâche de répondre aux positivistes orthodoxes : « Les positivistes , dit-il 2 , ceux du moins qui s'en tiennent strictement aux enseignements de leur maître, affirment sans hésiter, du moins en paroles, que l'observation de l'esprit est quelque chose de contradictoire en soi, et que la psychologie est une chimère ou un fantôme engendré

1. Jouffroy, Dictionnaire des sciences philosophiques, article Psychologie.

2. Huxley, Hume, sa vie, sa philosophie. Tr. française, p. 69. Paris,. Germer Baillière.

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