INTRODUCTION XI
par une sorte de fermentation des résidus de la théologie. Cependant, si Ton avait demandé à M. Comte ce qu'il entendait par « physiologie cérébrale » en dehors de ce qu'on appelle communément psychologie, si on lui avait demandé encore ce qu'il savait des fonctions du cerveau en dehors des renseignements fournis par cette « observation intérieure » qu'il traite de chose absurde, il est vraisemblable qu'il aurait eu quelque peine lui-même à écarter cette conséquence qu'en condamnant la psychologie il ne faisait qu'énoncer un solennel non-sens. » La critique est vive, elle n'est pas injuste. Peu de gens, parmi les savants, nient aujourd'hui la légitimité du rôle attribué à l'observation intérieure dans l'étude des faits de conscience ; nous pensons, d'autre part, qu'il n'en est plus qui mettent en doute la nécessité de joindre à l'observation interne l'observation externe, à la méthode idéologique la méthode biologique. « Aujourd'hui, dit très bien M. E. Beaussire ! , toute la différence entre les deux écoles de psychologie qu'on appelle improprement « l'ancienne » et « la nouvelle » est dans une question de proportion. D'une part comme de l'autre, on ne prétend plus séparer l'observation interne de l'observation externe, mais, dans la com-
1. E. Beaussire, l'Observation interne et l'observation externe en psychologie . Note in Revue philosophique, n° 9, septembre 1885, p. 280.