CHAPITRE V
résumé physiologique
L’exercice du langage comprend donc une série d’organes et d’opérations nerveuses qu’on peut résumer ainsi ;
Un appareil de réception ou centripète qui, partant des organes des sens, se rend au système nerveux central, où il rencontre un premier centre, dit de collection sensorielle (centres bleus du schéma) où les divers éléments des sensations auditives, visuelles ou kinesthétiques, sont réunis et groupés en un signe ou symbole.
Cet appareil se complète par un autre ensemble parallèle au précédent, mais centrifuge, ou appareil d’expression. Correspondant au centre de collection sensorielle, un centre de coordination motrice (centres rouges du schéma) réunit les divers éléments moteurs dont le groupement mimique, phonétique, graphique, doit, par 1 in-
termédiaire de l’appareil moteur périphérique, reproduire le signe ou le traduire en signes équivalents.
Tel est le langage réflexe, langage mimique le plus souvent, mais qui peut quelquefois s élever jusqu’à la parole sans cesser pour cela d être automatique et par conséquent réflexe.
Or, à ce complexus d’opérations peut venir s en ajouter à un autre. La sensation verbale, auditive, visuelle ou motrice, collectée en son centre propre, est transmise de là à un centre supérieur ou psychique; elle y rencontre les réserves de la mémoire et les élucubrations de l’imagination, et, à ce contact, s’affirme la valeur symbolique des signes ou sensations perçus. Ces éléments mnémoniques et imaginatifs peuvent môme se passer de l’incitation sensorielle, pour mettre en jeu le langage ; ils peuvent puiser dans leur propre fonds l’objet de son expression.
Nous verrons plus tard qu’à l’ordre réflexe et à l’ordre psychique superposés, doit s’ajouter encore un étage supérieur. Que ces graduations dans la complexité et la perfection des fonctions du langage soient le résultat d’une harmonie créatrice ou le fait d’une évolution graduelle et successive.
résumé physiologique. -il
c’est une^question à réserver. Quoi qu’il en soit, on peut observer, dans les modes d’expression et de perception, une double série, de plus en plus compliquée à mesure qu’elle s’élève. Aux rangs inférieurs, on trouve la mimique, les mouvements des membres, les attitudes, les jeux de physionomie, qui sont des manifestations de plus en plus significatives à mesure qu’on s’élève dans l’animalité et dont l’exerciee de la danse est une forme supérieure. Puis vient le cri, lequel n’est qu’un bruit sans notation possible, mais que le sens spècial de l’ouïe peut déjà recueillir. Audessus se place le chant, qui, consistant en tonalité et rythme, met en jeu l’audition et les sensations motrices ou kinesthétiques; enfin, la parole est l’acte supérieur qui implique tout a la fois le ton, le rythme et le mouvement, et se perçoit par l’ouïe, mais peut s’apprécier aussi par la vue, d’après le mouvement des lèvres par exemple et au besoin par le tact. L’écriture serait un mode encore plus élevé de l’expression, impliquant la traduction de la parole en un signe matériel, et dont la trace permanente permet à l’homme de hraver la distance et le temps, dans ses communications avec ses semblables.
Cette subordination des fonctions du langage répond à une subordination corrélative des centres cérébraux. Nous avons dit que les centres moteurs sont, vis-à-vis des centres sensoriels, dans une sorte de dépendance que manifestent les lois de leur développement et de leur activité fonctionnelle. On en pourrait dire autant probablement des centres psychiques. Et, cependant, cette subordination n’est pas soumise à une règle invariable, ou, du moins, il y a encore des faits qui semblent en contradiction avec elle.
J ajouterai ici le Tableau formulaire du diagnostic de 1 aphasie, c’est-à-dire le résumé de toutes les fonctions élémentaires qu’il importe d interroger, pour établir nettement le diagnostic. Mon schéma permet de dresser facilement ce résumé :
AM. Parole réflexe; aAM. ^ Id. après audition ; aAE. Écriture réflexe après audition (dictée) ; aAG. Mimique réflexe id.
VE. Écriture réflexe; vVE. Copie réflexe d’un texte ; vVM. Lecture réflexe id. ; vVG. Traduction réflexe d’un texte en mimique.
i du palper ;
Résumé physiologique.
KG. Mimique réflexe;
IKG. Traduction en mimique du geste ou tKM. Mimique traduite en parole ; tKE. Id. en écriture.
aAO. Parole entendue et comprise ;
OAM. Parole intelligente spontanée;
aAOAM. Parole entendue, comprise et réponse parlee; tiOiF Id id- •
iZ: iî
yYO. Écriture comprise;
OYE. Écriture intelligente spontanée; . ■ .
yYOYE. Écriture comprise et réponse écrite {copie intelli
yVOVM ÉcSule comprise et traduite par la parole (lecture) .^-VOYG. Id. id- par la mimique.
tKO. Mimique comprise:
OKG. Mimique intelligente spontanée ; tKOKG. Mimique comprise et réponse mimée; iKokM Id- traduite par la parole;
S; Id- id- par l’écriture.