INTRODUCTION
(2) Au commencement de l’an dernier, M. Théodore Flournoy, professeur de psychologie à la Faculté dess Sciences de l'Université de Genève, publiait un ou= vrage intitulé: « Des Indes à la Planète Mars, étude sur un cas de somnambulisme avec glossolalie » (1re-3e édition, Paris, Alcan, 1900), qui me fut signale par M. Barth comme contenant nombre de faits d@ nature à piquer la curiosité des linguistes. M1: Hélèn® Smith (pseudonyme), personne visiblement intelligente
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et instruite, spirite convaincue et médium renomiié dans les milieux spirites de Genève, nullement suspecte de simulation, a des visions d’une précision remarquable, où le raffinement et l'originalité du fond et
de l'ensemble le disputent à la naïveté, parfois même à lPenfantine ignorance, que trahissent les détails. Elle a été jadis une princesse arabe, mariée à un prince
hindou; et, comme telle, elle ne sait pas un mot
d'arabe, mais elle parle sanscrit, — oui, sanscrit! une
femme !! dans l’Inde, au X V® siècle de notre ere!!! —"
ou plutôt une sorte de jargon inintelligible, fort bien
dénommé « sanscritoide » par l’auteur, où se reconnaissent encore, parmi lés Caractères généraux de la Jangue assez fidèlement imités, quelques bribes de mots sanscrits, presque tous déformés et d'ailleurs d'elle
incompris, mais enfin inexplicables dans sa bouche,
sil ne lui a passé quelque jour devant les yeux un roman d'aventures pseudo-oriental et un ouvrage élémentaire de grammaire sanscrite, où sa mémoire subconsciente a puisé les éléments de sa biographie et de ses discours hindous. Tout sanscritiste que je suis, ce nest point pourtant ce chapitre de M. Flournoy (p. 257-322) qui a captivé mon attention. : la langue en est trop peu variée, nous en avons trop peu de spéclmens, et je ne pouvais guère espérer y rien découvrir de nouveau, alors qu’elle avait déjà subi l'examen de savants tels que MM. Barth, de Saussure et Michel. (Mais M'e Smith a un autre rêve, non moins cohérent et persistant, qu'on à suivi patiemment, de mois en mois, pendant des années (p. 135-244) : elle se croit