‹ Le langage martien; étude analytique de la genèse d'une langue dans un cas de glossolalie somnambuliqueChapitre 13 sur 58 · SES · texte numérisé non relu

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qu'elle a inventé Je martien de toutes pièces. Le problème sera de savoir par quels procédés de son entendement elle l’a spontanément ou lentement construit; et ce problème ne manquera d'intérêt, ni pour le psychologue, ni pour le linguiste.

Pour ce dernier, d'abord, — la question de l’origine du langage mise à part, qui n’est point de son ressort ', — 11 y a incontestablement un intérêt de premier ordre à assister à l'éclosion même de ces formes du langage que d'habitude il ne lui est donné de saisir que figées dans les livres ou tout au moins déjà fixées dans le parler courant. C'est tout autre chose, d'inventorier le produit, et d'assister à l’acte producteur. En se plaçant sur le terrain même où l’activité intellectuelle semble le mieux établie et saisissable, M. Michel Bréal l'a récemment étudiée dans un beau hvre”, sur lequel jai recueilli maint témoignage admiratif, et que Jadmirerais moi-même davantage, si presque à chaque page je ne m’y sentais arrêté et froissé par la permanente présomption, avouée ou latente, de l'intervention de la conscience dans les opérations élémentaires du langage. Que si les procédés d'un sujet plongé à l’état de subconscience et créant un langace reproduisent exactement les phénomènes de sémantique relevés par notre maître à tous dans sa vaste et ingénieuse enquête à travers tous les lan- | gages civilisés, il demeurera établi par voie expéri-. | 2: Voir, sur ce point, les conclusions du chapitre II de mes Anfinomies linguistiques (T. 11 de la Biblioth. de la Fac. des

Lettres de Paris, Paris, Alcan, 1896).

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