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(106) 68 Milé, mot non traduit, une fois, F1. 19% |
mais, vu l'habitude de M° Smith de multiplier numé=
ralement ses adieux, la phrase milé piri mürd ne peut
guère signifier que « mille fois adieu », On a donc ici le fr. mille. La raison pour laquelle on n’a jamais pu | obtenir d'Ésenale la traduction de milé piri, est peut- | être précisément que milé, venu par lapsus, ressem— blait trop à son prototype français et aurait rendu le martien suspect. Par le même motif, quand Me Smith a voulu employer encore le mot « fois », elle n’a plus dit ptri, et l’a remplacé par un zézaiement enfantin et jargonnant, at+azt, Visiblement fabriqué pour la « Cir= constance : cf. n° 120 et 228.
(107) 69 Mimä « parents », une fois : réduplication enfantine et caressante du radical ma-, suggéré par fr. maman.
(108) 70° Miza, une fois, désigne une sorte de kiosque ou de pavillon roulant dans le rêve incohérent FI. 23: je suppose que c’est le fr. maison, avec transposition vocalique enfantine ou martienne.
(109) 71° Müné « moment, instants », trois fois déformation vocalique du fr. minute, avec chute de la finale.
(110) 72° Nipuné « crains », 2 fois, et nipunéæé « craindre », une fois: l’association de l’idée. de «crainte » et de celle de « punition » est tout à fait conforme à la psychologie infantile ; quant à la formas tion du mot, j'inclinerais à croire que ripu est la
métathèse exacte du fr. puni, et que la ou les syllabes finales sont de suflixation.
(111) 73° Nubé « curieux », une fois, F1. 35. Le jour où l’on montre à MU° Smith ce tableau « curieux », elle ne le voit pas. Est-ce aller trop loin que de conjecturer qu’en cet instant le mot nébuleux:est venu interférer dans sa mémoire et a fourni par métathèse syllabique initiale la traduction de l’épithète ?
(112) 74 Orié « frapper », au sens de « heurter », une fois: malgré la divergence apparente et purement graphique, c'est le fr. heurter, à peine altéré en prononciation,.
(113) 75° Palette « calme » impératif, une fois, tout au début, F1. 4: abstrait du fr. palliatif « calmant », mot savant il est vrai, mais compris de toutes les personnes instruites. Douteux pourtant,
(414) 76° Palir « temps », une fois. Si l’on avait *padir, la métathèse du fr. rapide, naturellement sugoéré par l’idée de « temps », sauterait, Je pense, aux yeux. En l’état, l’/ est embarrassant, quoique son échange avec le d soit phonétiquement facile. Très douteux, mais sans aucune importance, d'autant que l’/ peut venir de l'association du mg. r'epül «il vole », également naturelle.
(115) 77 Paréaié « fil] laisse », une fois: l’idée de « laisser » suggère aisément celle de « négligence », et par suite le mot fr: paresse. |
(116) 78° Pastri «sang », une fois: que l'idée de
nage «sang », dans une scène 7nédicale; où figure un instrument & trots tubes, amène sur les lèvres du sujet le nom de Pasteur, c’est la vraisemblance même; la
finale est martienne, assonante à bodri, cf. n°% 16 et Roi.
(417) 79 Pavi « joie », 3 fois; pavi « heureux », une fois, et pavinée (joyeuse », une fois : paraissent abstraits ou dérivés des mots fr. pavillon, pavter, pavoiser, ete, qui s'associent bien à une idée de « Joie ».
(418) 80° Pasé « retire », une fois, F1. 23: il s’agit.
de la main de Paniné, qui doit « se retirer », et par conséquent ( repasser » par l'ouverture par laquelle
elle est sortie ; les deux locutions susdites se conta-«
minent en « se repasser », dont la métathèse absolument exacte est rès pazé, cf. n° 32, 4°.
(419) 81° Pi « très », une fois : parait n'être que l’initiale altérée du fr. bien (superlatif).
(120) 82 Prri, mot: non traduit, cf. n° 106 : si l’on admet le sens & fois », on peut songer au fr. « [à mille]
reprises », avec semi-métathèse ou épenthèse voca-
lique.
(121) 83° Pit « sans », 2 fois : petit mot bizarre qui semble une déformation violente du fr. vide, dont .
l’idée est connexe.
(122) 84° Pléva « chagrin » (adjectif), une fois. Mot
difficile, à cause de péliché et pélésse (n° 249), auxquels il ressemble à laj fois trop et trop peu. Pour moi, je
tv
SANS Te Des
l'en séparerais plutôt, pour le rattacher au fr. pleurer. Le o peut venir du fr. pleuvotr', suggéré par la quasihomonymie et l’analogie de sens. |
(123) 85° Polluni « question », une fois : contamination possible des deux mots fr. problème et solution.
(12%) 86° Poviné et povint « arriver », chacun une fois : à rapprocher de vind, n° 143; c’est le fr. parvenir, à peine altéré par un adoucissement qui rappelle les inflexions créoles.
(1425) 87° Priäni « flot », une fois : cf. fr. brillant. Dans un vocabulaire par épithètes, où «le vent » est « le battant » (n° 49), il est fort admissible que « le flot» soit dit « le brillant »; la finale est assonancée avec badéni. Mais tout cela est cruellement hypothétique.
(126) 88° Rabri£ « pensées », une fois: voir n° 55; mais Je ne m'explique pas la préfixation, à moins de quelque contamination des mots raison, r'éfléchü:, etc.
(127) 89 Riz « sur », 8 fois: fr. sur, avec métathèse et changement vocalique.
(128) 90° Sandiné «longtemps », 2 fois: l’idée, en se précisant, peut se fixer à « cent ans », soit donc peut-être une adaptation martienne du fr. centenaire. Cf. un procédé similaire n° 189.
(129) 91° Surès « [tu] crois », une fois: ce que l’on « croit », on en est volontiers « sûr »; dérivation évidente du fr. sûr, assurer, etc. |
(130) 92 Taméche, une fois, non traduit; mais,
comme il est question d’un arbuste en buisson, il est assez naturel dé penser à linitiale du fr. Etre (Z avec finale martienne.
(131) 93° Tantré « prends » (impératif), une fois : transport pur et simple du. verbe tenir, suggéré par l’exclamation française « tiens, prends »; rien de plus naïf. |
(132) 94° Tapié, une fois, non ont CL. une vision étrange, qui se déroule sans doute comme un «tableau» ou une « tapisserie », FI. 32; contamination de ces deux mots.
(1383) 95° Ten « près », 12 fois : abstrait du radical du Îr. at-len-ant,at-ten-tr, etc, ; ces mots sont peu usuels, mais « tenir à » exprime la même idée; cf. le suivant.
(184) 96° Ténassé «[je] voudrais », une fois: c'est le radical du verbe {entr [à] au sens de « vouloir »; si la finale est empruntée à l’imparfait du subjonctif fr. de 1° conjugaison en vue d'exprimer le conditionnel, ce cas est un des très rares où le sujet accuse quelques traces de sens grammatical. |
(135)97° Tensée «instant », 3 fois : c’est l’anagramme exact du fr. instant, où la voyelle nasale initiale est remplacée par une voyelle simple de finale martienne.
(136) 98 Touzé « même », une fois: soit la locution fr. tout ainsi, avec syncope intérieure et finale altérée ; ou la première syllabe de fout de même, avec suffixation arbitraire. Rien de tout cela n’est bien satisfaisant.
(137) 99° Tranéi « passage », une fois : il est aisé de
ET: à CNRS
reconnaître la syllabe #ra-, abstraite de #ra-jetet autres mots; mais peut-être bien se complique-t-elle d’une contamination du fr. “aînée, dont tranéi est la métathèse graphique lettre pour lettre. On observera que précisément ce texte est graphique. La connexité des idées est fort suffisante,
(138)100° Trimazi « force », 2 fois: dérivé du verbe d’argot fr. ér'umer, C'est, avec dabé, le seul mot d’argot que paraisse connaître Mie Smith: cette proportion . n'a rien d’excessif, d'autant que frimer a passé dans la langue familière. Le suffixe vient, par assonance, de masi qui précède,
(139) 101° Triné « parler », 4 fois, et érinir ( parlera », 2 fois: comme tous les gens qui « parlent » martien parlent pour « enseigner » quelque chose à M'e Smith, la seconde syllabe du mot fr. doctrine se présente invinciblement à l'esprit; mais, d'autre part, il semble difficile de séparer tout à fait ériné de tarviné « langage », n° 210. Douteux.
(140) 102 T'uzé « malade », 2 fois. Mot bien difficile: le mg. dühôsség « rage [du chien] » est bien éloigné à tous égards, et le fr. wsé peu satisfaisant ; si l’on se décide pour ce dernier, le é initial peut provenir d’une liaison naïve, résultant de ce que le mot précédent est né, équivalent du fr. « est », dans la phrase F1. 29, où fuzsé fait sa première apparition; il n’a été répété que dans la phrase inimtelligible FI. 33.
(141) 103° Uri « soir », une fois; l’idée de « soir »,
HO00 re
implique obsc-uri-té, mot trop long, par rapport à celui qu’il devaittraduire, pour ne pas subir un violent écourtement.
(142) 104° Véche « vu », véchésit voyons », véchi « [tu] vois », véchir (verras », vétéche ( voir:», cha cun une fois: altérations diverses d’un radical imité du verbe voir. Le mot est né au début du martien, dans la période de prépondérance de la chuintante.
(143)105° Vind « retour », 2 fois, cf. povtné, n°124: constructions élémentaires sur la base du radical du verbe fr. venir.
(144%) 106° Vrizéné « distinguer », une fois : dérivation martienne du fr. vision, qui, en tant que mot savant, a pour M1 Smith un sens plus technique que le simple sens de & voir »; peut-être aussi viser.
(145) 107° Zabiné « arriéré », une fois, FI. 35: peut-être, avec métathèse et suffixation martienne, fr. bas au sens de « dégradé » quise dit des races sauvages. Très douteux : tous les mots commençant par # sont des är1£ presque indéchiffrables ; heureusement il n’y en a pas beaucoup.
(146) 108 Zati « souvenir », une fois : suggestion des deux dernières syllabes de myosotis (vergissmeinnicht), fleur du souvenir. ,
(147) 109 Zné «bleu », une oise peut-être altéré et dérivé de Chine, à cause de la belle couleur bleue de certains vases chinois : au surplus, le mot fait partie de la phrase inintelligible F1: 33.