‹ Le langage martien; étude analytique de la genèse d'une langue dans un cas de glossolalie somnambuliqueChapitre 43 sur 58 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le Vocabulaire allemand

(149) 1° Andélir « apparaitra », une fois, FI. 39. Le mot a ici le sens de « être en relation, avoir commerce fréquent avec » : soit donc, avec semi-calembour, adaptation de l'al. handeln « traiter, commercer », que M1 Smith doit bien connaitre.

(150) 2 Bindié « [il] trouve », une fois: conjugué .

sur le radical de l’al, finden « trouver », cf. n° 8. Presque sûr.

(151) 3° Bounié « chercher, [il] cherche », chacun une fois: malgré ce qu’il peut y avoir de forcé à tirer

deux mots martiens d'un seul mot allemand, le rapport

étroit de signification des mots ( trouver » et « chercher » ramène irrésistiblement la pensée au même verbe /inden, mais cette fois sous sa forme de participe passé gefunden, où au substantif qui en est issu, Jund « trouvaille ».

(152) 4 Cen « beau » et céné « belle », chacun une fois : al. schôn « beau ». Si l’on croyait nécessaire d'expliquer la mutation de la chuintante initiale en sifflante, la contamination par le mg. szép (beau » ne soufirirait aucune difficulté. Sür.

his CP

(4538) 5° Chinit « bague », mot isolé : al. schnitt (taille, coupure »,; soit parce qu’une bague semble (couper » le doigt, soit à cause de la « taille » des pierres dont elle est ornée, etc. Douteux, mais sans aucune importance.

(154) G° Ebanä « lentement », une fois, tout à la fin

(FT. 40), sans importance : le sujet doit avoir songé à

l’al. eben « uni », qui ne concorde point exactement pour le sens; toutefois un pas « égal » est un pas plutôt « lent ».

(155) 7 Gudé « bons », une fois : malgré le d, il ya plus de probabilité pour lal. gué que pour l'anglais good, parce que la première de ces langues doit être de beaucoup la mieux présente à l'esprit du sujet, cf. n° 166; en tout cas, l'emprunt est manifeste,

(156) 8 Æaudan « maison », une fois, tout au début, M. Flournoy fait observer avec beaucoup de finesse que

haudan est calqué, consonne pour consonne et voyelle

pour voyelle, sur maison. Mais cela ne nous empéchera pas de reconnaitre dans la première syllabe

l'al. aus. Quant au d médial, il demeure énigmatique.

(157) 9 ÆHéné « s'élever », une fois : al. hôke (hauteur » et [sich er-]hôühen « s'élever »: il est assez curieux qu'ici, contrairement aux habitudes de M°° Smith, le pronom « se » soit sans équivalent.

(158) 10° Z6 et iée « tout, toute », 3 fois: te! (toutes », une fois : ce mot, qui a de bonne heure

| remplacé ts (n° 188), a pu être abstrait de locutions al. très usuelles telles que wer je « tous ceux qui »,

= 96 = was je « tout ce qui », etc., où je prend en effet le sens de «tout ». À peine douteux.

(459) 11° Zlinée « reconnue », une fois, à remplacé

cévouttche (n° 182) : c’est l’al. [sich] erinnern « se:

rappeler », très peu altéré; car r > { est de phonétique courante. | |

(160) 12° Zm& « ciel », une fois : il est impossible de méconnaitre l’al. kimmel. |

(161) 13° Xirimé « prudent», une fois, et ci. pocrimé « science », n° 167 : les deux sens se concilieraient admirablement par un rapport avec l’al. Ain « cerveau »; mais le phonétisme serait ici trop altéré.

(162) 14° Xoumé « fondre », une fois. Il y a homophonie parfaite de l’al. kuwmmer «chagrin »; or, préeisément, la phrase (FI. 8) est « fondre tout ton chagrin »: la coïncidence est-elle fortuite? Il se peut que £ummer,

suggéré par l’idée de « chagrin », soit, si Je puis ainsi .

m'exprimer, parti trop tôt à la manière d’un ressort qui s’affole, et que dès lors, utilisé pour exprimer «fondre », il n'ait pu l’être pour « chagrin». Doutéux.

(163) 15° Lassuné et lassunié « approche » (impé-

ratif); lassüné « [il] approche »; tlassuné « [je] m'ap-.

proche ».: chacun une fois. Ce mot est cruellement embarrassant. On voit, d’abord, que la conjugaison n’obéit à aucune règle : cela est vrai surtout de la

forme tlassuné, qui devrait être *lé-lassuné, n° 32, 19; ©

mails, à l’époque où elle est apparue (FI. 9), la grammaire de M! Smith était encore tout à fait chaotique. Quoi qu'il en soit, prenant /ass- comme radical du

Late; verbe, on ne sait vraiment à quoi le rattacher. En désespoir de cause, J'ai songé à une image de piété, comme il en existe beaucoup, représentant la scène € laissez les enfants s'approcher de moi » : si l’inscripon de celle que M1 Smith à eue quelque jour sous des yeux était rédigée en allemand, elle commençait par lass-et [die kinder...], et ce radical a pu ainsi (S’associer à l’idée de s'approcher ; mais, bien entendu, {je ne donne la conjecture que pour ce qu'elle vaut.

(164) 16° Mache « [je] peux », 4 fois: machir « pourras » et machiri ( pourrai » (pour l’7 final, cf. le n° 38, 2°), chacun une fois. Le premier de ces mots est sûrement l’al. [ich] mag, peut-être contaminé de [ich] mache, parce que « pouvoir » c’est généralement € pouvoir faire ». Les deux autres sont des formes conjuguées, d’allure martienne très régulière.

(165) 17° Mané « père », une fois : c’est l’al. mann homme, époux », peut-être avec une confusion partelle du radical de mimä, n° 107.

|. (166) 18° Modé« mère », 14 fois : toute la question

West qu'entre l’al. mutter et l'anglais mother, celui-ci mieux concordant au point de vue du phonétisme, “lui-là sûrement mieux connu du sujet: cf. n° 155. Jn observera que les mots qui reviennent le plus sourent sont aussi, en principe, les mieux explicables par in emprunt manifeste.

(167) 19 Pocrimé « savoir », une fois : cf. ktrimé, 1 161 ; mais, en tout cas, je ne vois absolument aucune

lonnée qui rende compte de la préfixation apparente. ï

og ta

(168) 20° Poénézé « quelques », une fois. Ici, la pré” fixation po- pourrait relever du procédé de l'allitéra= tion, n° 16; car le mot (F1. 11) est immédiatement, précédé du mot pouimt, cf. n° 124. Cette quantité déduite, il reste -énézé, qui s'applique presque lettre. pour lettre sur l’al. eénige « quelques ».

(169) 21° Radziré « prononcer », une fois, FI. 15, dans une phrase où en fait l'emploi du verbe « parler » | conviendrait beaucoup mieux : al. reden « parler »,. avec léger jargonnement et terminaison martienne; presque sûr. |

(170) 22° Rérur « portera », une fois, F1. 18, dans | une phrase où le vrai sens est « apportera » : futur mar- | tien sur un radical rén-, qui, sauf aphérèse initiale, Il rappelle de bien près celui de l’al. bring-en (apporter»»

(471) 23 Tibraë « besoins », une fois : cf. l’al. érieb | «instinct ». Les deux idées sont connexes, et la pho=! | nétique concorde à merveille, sauf une métathèse des plus simples. Douteux pourtant : le terme al. n’est pas de ceux que Mie Smith a pu aisément connaître et

familièrement retenir.

(472) 24 Toumaë « charmes », une fois: cf. al. fade. mel « vertige, ivresse, paroxysme de joie ». Le pho= | nétisme va bien, comme le montre tm venu de himmel, n° 160. Douteux pourtant: il est difficile que M1 Sms | connaisse ce mot peu usuel.

SR OO TEE

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