‹ Le langage martien; étude analytique de la genèse d'une langue dans un cas de glossolalie somnambuliqueChapitre 44 sur 58 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le Vocabulaire magyar

(173) Avant d’énumérer les mots martiens qui peu-

+ vent être ramenés immédiatement aux vagues sou-

. venirs de magyar que le subconscient de Mi Smith

a dû retenir de propos tenus en sa présence par son

père, 1l convient de rappeler brièvement les règles de

prononciation, d’ailleurs très aisées, de cette langue souple, sonore et mélodieuse.

Les voyelles se prononcent à peu de chose près comme en fr. ou en al. : l’u, comme al. w, et l’& comme Îr. u; les voyelles accentuées sont les longues; mais l’a non accentué, bref par conséquent, prend un timbre plus sombre, à peu près intermédiaire entre a et o ouvert. Enfin, 1l faut noter que, dans certains dialectes,

- les voyelles longues subissent, du fait seul de leur lon-. gueur, une légère modification de timbre qui les fait presque confondre, savoir respectivement: l’a avec la diphtongue ua (fr. oua ou ot), et l’é, avec un t long. Naturellement, je ne suis pas en mesure de décider

“ si et dans quelle mesure la prononciation mg. de

“ Mie Smith a subi, de par l’origine de son père, l’in-

fluence de ces dialectes; mais certains indices ten-

draient à le faire supposer, cf. n°5 181, 210 et 228. Parmi les consonnes, il n'y a de vraiment remar-

quable que les consonnes mouillées, c’est-à-dire suivies

d’un y, semi-voyelle qui a la valeur générale de l’y du mot fr. yeux ou du al.; et, parmi celles-ci, il faut noter spécialement les deux groupes dj et gy, qui sont absolument équivalents : laconsonne qu'ils représentent est une palatale mouillée, c’est-à-dire une articulation qui n’est exactement ni un g ni un d, mais tient de l’un et de l’autre, et confine un peu, quoique plus fuyante, au g italien de oÿgt. Lorsqu'elle s’efface davantage encore, Ce qui n'est pas rare en prononciation rapide, elle se réduit presque à un simple y, et les deux syllabes qu’elle sépare semblent n’en plus faire qu’une, un peu allongée, en sorte que des liaisons telles que 1gy et même egy ont pu fort bien ne laisser à l'oreille et surtout à la mémoire auditive de Mie Smith que l'impression d’un simple &. A plus forte raison en faut-il dire autant de /y et lj, c'est-à-dire de l’{ mouillé, qui en fr. courant même ne se distingue plus de la semi-voyelle y.

Les sifflantes et chuintantes sont nombreuses et variées; mais la distinction n'en a guère d'importance pour le parler de Mie Smith, dont l'oreille, la mémoire. ou l'organe parait les confondre entièrement entre elles, soit par zézaiement enfantin, soit par changement de sourde en sonore, ou réciproquement, ainsi qu’on va le voir. J’en rappelle toutefois la valeur aux lecteurs qui seraient désireux de prononcer correctement les mots mg. cités: s, comme ch fr. ou sch'al.; sz, comme s fr., toujours sourd en toute position; 4, comme # fr., sonore de l'articulation précédente ; 4s, comme combinaison de 4 et s mg., c'est-à-dire avec la sonorité du

premier et le chuintement du second, soit donc comme … J fr.; c, comme fs fr. ou 4 al., en toute positions cs enfin, comme combinaison de c et s mg., c’est-à-dire à peu près comme {ch fr. dans les transcriptions de mots slaves.

Ces notions sommaires sufliront amplement pour se rendre compte des équivalences phonétiques admises par la linguistique subliminale de M Smith.

(174) 1° Adi et adat « bien » (adverbe), chacun une

fois : abstrait de locutions mg. très usuelles, telles que

-, adja Isten « plaise à Dieu », adjon Isten « bonne

chance » (souhait), qui contiennent le verbe adni

« donner »; le groupe mg. dy explique très bien l’alter-

nance de dz et d tout court dans le mot emprunté;

la locution ne faisant par sa fréquence qu'un mot

pour ainsi dire, /sten « Dieu » est tombé, comme

seraient tombées les deux dernières syllabes d’un tétrasyllabe quelconque. Me parait sûr.

(175) 2° Amé « venu », 2 fois; amétr « viendras »,

. une fois; amès « viens » (impératif), 8 fois; amés «[je] viens », 2 fois; amt « [il] va », une fois: en tout 14

fois. Ce mot, des plus usuels, se recouvre, par le radical, et même par certaines de ses formes, avec le mg., menni «aller »: il suffit de comparer ami avec mg. megy «il va », et amés avec mg. megyesz où mész «tu vas », en tenant compte de ce qui a été dit de la prononciation du groupe egy, n° 173. Quant à améir, c'est une forme normale de futur martien. Le préfixe peut n'être qu'une addition arbitraire; mais,

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