HO
plus probablement, il y faut voir un souvenir du verbe mg. à préfixe démennt « passer, traverser », ce qui explique l'emploi du verbe mt. à la fois dans le double sens d’ « aller » et de « venir ».
(176) 3° Asnète, mot isolé, désigne une espèce de paravent: peut se rattacher à un vague souvenir du mg. häsnemü (ü long) « mobilier »; au surplus, sans aucune importance. |
(177) 4 Avé « vieil », 2 fois: à la rigueur, ce pourrait être le mot fr. déformé; mais il ressemble davantage au mg. vén « vieux »; quant à l’initiale a-, on peut songer, si l’on veut, à une contamination par lal. alt. |
(178) 5° Azsänt « mal » (adverbe), une fois: le mg. .
a alacsony « de mauvaise qualité, bas », etc. Rapprochement douteux; mais le mot n'apparaît que dans la phrase FT. 33.
(179) 6° Bibé « capable », une fois. Mot très cu-
rieux: le mg. a btbe «petite blessure, bobo, point dé- .
licat », qu'il emploie dans des locutions telles que
eltalältad a bibeje « tu as mis le doigt dessus », donc.
« tu es très malin » ou ( très débrouillarde », etc. ;
c'est une phrase de ce genre, happée par Mie Smith, .
peut-être dans un petit compliment que lui adressait
son père à la suite de quelque preuve précoce d’intelligence enfantine, qui lui a fourni très naturellement la.
traduction du mot « capable ».
(180) 7° Bigà « enfant » de l’un et de l’autre sexe,
9 fois. Le mg. a fa « son fils, son petit », mot extrême: ment usuel, par exemple dans des locutions comme 4orony fia « l'enfant du clocher », désignant € un petit clocher » par opposition à son jumeau plus grand. Le g médial, assez surprenant, peut procéder de la contamination du g initial de mg. gyermelk « enfant ». Quant au à initial, voir n°8 in fine. Douteux pourtant; mais Je ne vois pas mieux.
(181) 8 Boua « frère », une fois: c’est l’initiale du mg. batya « frère ainé »,avec la prononciation signalée au n° 173, qui se développe plus aisément après consonne labiale que partout ailleurs ; toutefois le timbre vocalique faitaussi songer à l’al. bruder « frère », et peut-être y a-t-il eu contamination légère du fait de be dernier: |
(182) 9 Cévouttche « [je] reconnais », au sens de « reconnaître avec affection, vive tendresse » (d’un fils à sa mère). Ce mot n'est apparu qu’une fois, tout au début; puis il a été remplacé par tlinée, cf. n° 159: il faut donc qu'il ait été formé assez artificiellement et n'ait occupé qu'une place d’arrière-plan dans le subconscient de Mie Smith. Par toutes ces raisons, la - pensée se reporte à quelque mot mg. qui, sans être inusité, n'appartienne pas cependant au langage de tous les instants, à un dérivé du mg. sséo (cœur », et plus particulièrement à ssivesség (tendresse de cœur », dont le consonnantisme serait assez fidèlement reproduit. Cf. n° 262. |
(183) 10° Cr'ést « oiseau », ? fois. Le mg. krrics dé-
SATA
signe une sorte d’hirondelle de mer: le mot n’est pas! fort répandu, et il est douteux que M1: Smith ait eu occasion de l’entendre ; toutefois son père a pu lui dé- |! signer une fois sous ce nom un oiseau fluviatile ren=,
contré au long des berges du Léman.
(484) 11° Danda « silence », une fois: dans le mg. csendes « silencieux », la vraie initiale, ne l'oublions | pas, est un é, n° 173 ; soit donc changement initial de | sourde en sonore, par assimilation de l’initiale à la |
médiale, mais le rejet de l’s suivant est embarrassant. Douteux, mais c’est un äraë.
(185) 12° Erié « âme », 2 fois: paraît construit, par | changement de liquide (cf. n° 13, 2°, et 159), sur le ra*
dical du verbe mg. él-nt « vivre », mais plus précisé-
ment sur la forme de beaucoup la plus usuelle de ce. verbe à savoir l’exclamation éljen... « vive...! » qui
apparaît surtout avec netteté dans le suivant.
(186) 12° Ærtné « satisfait », une fois : soit une dérivation martienne sur éljen; cf. le précédent et le verbe éljenezni « pousser des vivats ».
(Étéche «toujours »: voir n° 189.) :
(487) 14° Zi « si» devant un adjectif (lat. tam), 3 fois.
Le mg. à {gy, tgyen, ( ainsi, de cette manière », et. ilyen « tel »: de part et d'autre le phonétisme est irré=
prochable, cf. n°173. L'origine mg. parait donc infini=
ment plus probable qu'un rattachement à & « sifait »,|
que nous avons ramené à l’al. Ja, n° 36, 5°. Mais iln’est pas douteux que l’homophonie des deux st en fr., déjà
observée par M. Flournoy, n'en ait entrainé l’homophonie en martien, par contamination réciproque des mots mg. et al. qui leur ont servi de base.
(188) 15° Zs « tout », une fois, FI. 4. Ce mot n’a pas vécu : il a été remplacé par té, n° 158; mais, bien que mort-né, 1l parait avoir déposé en martien le germe d'une postérité adverbiale, cf. n°°276-277. Il se ramène sans peine au mg. egész, dont le sens répond, non à
celui de l’al. all, mais à celui de l’al. ganz; or on‘re-
marquera que c'est plutôt dans le sens. de ganz qu'il a été employé.
(189 16° Zièche et étéche « toujours », chacun deux fois : il n'y a donc aucune raison extérieure de préférer l’une des deux formes à l’autre, en tant que correctement martienne; il n’y en a pas non plus de raison intrinsèque, bien que éféche soit apparu le premier; car, évidemment, ttèche peut tout aussi bien être une correction qu'une corruption de éféche. Je crois que la première de ces deux hypothèses est la bonne, et que ttèche reproûuit plus fidèlement le vocalisme de l’emprunt au mg. 1dûs (àgé » ; le phonétisme final est bien concordant, et le changement médial de sonore en sourde ne fait pas difficulté. Quant au passage d’un adjectif d'âge au sens d’un adverbe de temps, on comparera sandiné, n° 128; et l’on prendra garde, en outre, que le mg. «dû signifie © temps », et a pu à lui seul suggérer le sens « longtemps », qui est tout connexe
à celui de « toujours ».
Ls
(190) 17° Juré « sacré », une fois. Ce mot, en tant
qu'il ne figure que dans la phrase inintelligible F1. 33, pourrait fort bien se passer d'explication. Mais la concordance phonétique avec le mg. {ré « in-folio » est trop parfaite pour qu’il soit permis de l’omettre. On remarquera que les livres (sacrés » affectent de préférence un format élevé. Douteux pourtant: où MI Smith aurait-elle appris le nom magyar d’un in-folio ?
(191) 18° Xiné « petit », une fois, tout au début : mg. ktcsiny & petit », avec syncope de la médiale, peut-être par une contamination du mg. *ônnyü « léger », et sous une vague influence de l’al. Ælein «petit ». Voir aussi ntké, n° 200.
(192) 19° Xramä « panier », une fois. Le mg. garabô « panier » n’est que dialectal et d’ailleurs diffère sen-
siblement. On ne le cite que pour être complet; car le mot fait partie de la phrase imintelligible F1, 33.
(193) 20° Lämi « voici », 3 fois: transport presque pur et simple del’exclamation mg. {dm « vois donc » ; c'est l'évidence même.
(194) 21° Maniké «attentive » [à regarder], une fois: transport, avec légères altérations vocaliques, du mg. megnéz-nt, ou peut-être, à cause de la gutturale de la syllabe finale, megnézgél-ni, (considérer, examiner », entendu un Jour sous la forme de l'impératif.
(495) 22° Manu U écriture», une fois: mg. w'omdny «écriture »; en métathèse, l'articulation ny s’est contractée avec | initial ; il ne manque à l'appel que l’o . médial, dont l’accentuation est très faible. Nous avons
ee
ici un exemple frappant de la manière toute mécanique dont M1 Smith forme ses mots: mg. -nmdny, qui n’est : qu'un suffixe sans signification, occupe ici la place d'honneur, et l’élément significatif é°- est presque dissimulé. Cf. aussi le n° 255.
(196) 23° Mazi « avec », 2 fois: l’idée de « avec
. [quelqu'un] » évoque naturellement cellede «un autre»;
mg. mds « autre » ou même mdsik «autre », avec changement de chuintante sourde en sifflante sonore.
(197) 24° Mess «grand », 4 fois, et messé «grande», une fois. Un radical commençant par un m et signifiant «grand » ne peut que satisfaire un indogermaniste; mais, comme 1l est peu probable que Mi° Smith connaisse le sk. mahat, ou le gr. uéyx, ou l’al. michel, ou même le lat. magnus, mieux vaut encore recourir au mg. magas «haut ». Le vocalisme, il est vrai, et la disparition de la médiale font difficulté ; mais, en revanche, le sens est excellent; car mess s’est dit d’abord et de prédilection du « grand homme Astané », et le mg. emploie aussi, usuellement, son mot magas au sens moral. En somme, ce point, quisemblerait devoir
être un des plus clairs, reste fâcheusement indécis.
(198) 25° Nâmi « beaucoup », 2 fois : mg. némi « maint »; on peut, si l’on veut, pour expliquer le timbre à, invoquer une contamination de l’al. mannig qui présente les deux nasales dans l’ordre inverse.
(199) 26° Nébé « vert », une fois : cf. mg. levél « feuille »: il est question d’un « rameau ». Les con-
sonnes ne concordent pas, mais sont fort voisines ; et il ne faut pas se montrer trop sévère sur le phonétisme d'un mot de la phrase inintelligible.
(200) 27 Niké « petit », 2 fois : par métathèse de kiné, cf. n° 14 et 191.
(201) 28° Ousti « bateau », une fois: cf. mg. uszlatni « faire flotter », usstatäs, etc., « flottage par radeau », etc. Emprunt sur.
(202) 29° Pédriné « quitter » et « [il] quitte », chacun une fois, et pédrinié «{il] quitte », une fois. Le me. : a un verbe peder «il tourne», pederedni « se tourner », qui, à la vérité, n’a pas le sens de « se tourner pour quitter quelqu'un avec qui on vient de causer ou de s'arrêter » ; mais l’homophonie ici nous interdit de nous montrer trop difficiles sur la sémantique. M Smith, qui ne sait pas le hongrois, a pu entendre une forme du verbe peder employée au sens de « se tourner », et l’'employer elle-même légèrement à contre-sens.
(203) 30° Réch «tard », 2 fois, mais seulement dans la locution zou réch, voir n° 229.
(204) 31° Sadri « chanta », une fois. Il s’agit du chant d’un oiseau. Le corps du mot fait immédiatement songer au mg. Mmadär (oiseau ». L’initiale est peut-être transportée de la syllabe finale de maddärs:6 « chant d'oiseau »,ou contaminée de l’initiale du verbe csatinäsnt, qui désigne le chant du rossignol. Tous ces mots sont très usuels: mais le résultat laisse à dé-" sirer.
(205) 32° Sidiné « maigre », une fois, F1. 18. La finale seule est claire, en ce qu’elle rime richement avectminé, n° 87, et Cl. n° 16. Le radical peutétré celui du mg. +std6 « juif », si quelque souvenir d’enfance, de nous inconnu, a associé dans l'esprit de M'° Smith cette idée à celle de « maigreur » ; elles ne sont pas incompatibles. Très douteux.
. (206) 33° Srrima « rameau », une fois : quoique appartenant à la phrase inintelligible F1. 33, ce mot paraît s'expliquer d’une façon assez satisfaisante par le mg. SairOm ( pétale » : ce sont toujours des parties de plantes, et, si le (rameau » en question est « vert», d'autre part le mg. ssirmanyult signifie ( cresson de
roche ».
(207) 34° Somé « admirer », 2 fois: rappelle de loin une dérivation du mg. ssem « œil », soit szemes «attentif » ou plutôt ssemûük (6 long) « qui a de grands yeux »; M. Smith a pu en riant appeler sa fillette ssemûk, un jour qu’elle ouvrait des yeux béants d’admiration ou de stupeur. Douteux: le vocalisme ne
concorde pas.
(208) 35° Soumint « riant », une fois : métathèse probable du mg. mosojogni « sourire », qui a, en mg. même, une variante métathétique dialectale somo-
Jognu.
(209) 36° Takä «pouvoir » (substantif), une fois : il est question d'un très grand pouvoir ; or le mg. {ägas signifie « vaste, spacieux, étendu» ; l’homophonie et la sémantique sont approximativement satisfaites.
(210) 37% Tarviné et tarvini « langage », 4 fois en tout. Le mg. {ürvény signifie « loi, droit, Justice », au sens de «comparaître en Justice »: de celui-ci au sens de « plaidoyer », le pas est aisément franchi, et «plaidoyer » pour « langage » n’est que l'espèce pour le genre. L’homophonie consonnantique est ici fra ppante. Cf. aussi n° 261.
(211) 38° T'atinée « chérie », 3 fois, adressé à une mère: cf. mg. {alta ( père », terme de caresse enfantin;
la finale est une suffixation martienne, ou bien le terme ?
est contaminé de son synonyme née, n° 88.
(212) 39 Tazié « [il] lance », une fois: lancer avec une fronde est un jeu d'enfant, et « fronder » se dit en mg. partttydznt; Me Smith a-t-elle entendu ce mot”? l’a-t-elle retenu en en laissant tomber les deux premières syllabes? Bien douteux; mais en tout cas la chute de l’y, qui ne fait que mouiller le { précédent, ne ferait pas difficulté. | |
(213) 40° Téassé « entier », une fois: c’est le mg. teljes « complet »; l'articulation de l’{ mouillé est assez
fugace pour que la chute totale se justifie; finale mar-
tienne.
(214) 41° Téri « comme », 4 fois. Le verbe mg. terjedni « s'étendre » commande au dictionnaire une série d'exemples, parmi lesquels je relève Aitele 10000
Jorintra terjed & son crédit s'étend jusqu’à 10000 «
florins », c’est-à-dire en somme « équivaut à, est égal
à », d'où peut procéder le sens de « comme » dans
la pensée du sujet. Bien douteux pourtant: ce n’est
— Al —
pas devant une enfant qu'on prononce des phrases de ce genre ; ou, si on ne les lui adresse pas, elle ne les comprend point. Il est fâcheux de ne pouvoir trouver mieux pour un mot relativement usuel.
(215) 42° Tiche et tis « bientôt », chacun une fois: c'est le mg. {üses (enflammé > zélé > ardemment > vivement »; la fière sémantique est des plus satisfaisantes.
(216) 43 Toué « dans », 2 fois: faute d'aucune donnée qui permette de soupçonner que Mi: Smith ait pu utiliser le breton éfouez & parmi », force est bien de recourir à une forme déclinée quelconque du mg. {0 (Ô long), « tronc, racine », soit l’accusatif {üvet (Ô bref), ou toute autre; le mot a pu être entendu dans une phrase où il impliquait une notion d’ « intérieur », de « partie interne », en opposition aux organes externes de la plante. Douteux.
(217) 44 T'ubré « seul », une fois: cf. la locution mg. {6bbre |[menni]« [pousser] plusavant », etc. Celui qui « prend de l’avance» se trouve nécessairement « seul » tout le temps que dure son avance: cela était peut-être arrivé à Mie Smith dans une promenade avec son pére.
(218) 45° Udänié « songes », une fois, F1. 20: le mg. à aludni « dormir » ; l’aphérèse syllabique, ainsi que le timbre initial à au lieu de uw (— fr. ou), paraît . due à l’allitération avec wméz, qui précède, n° 16.
(219) 46° Uméèz « [tu] fais » et umézé « faire »,
mr CPAS
chacun une fois: métathèse évidente du mg. üsem « exploitation ».
(220) 47° Vadäzäi, mot non traduit, une fois, FI. 31. Le mg. vaddsza signifie « son chasseur »: le mot avait été entendu par Mie Smith sans qu'elle en apprit jamais le sens, et elle l’a répété.tel quel, au hasard, un jour qu'il lui est revenu, et sous une forme presque irréprochable.
(221) 48° Vämné « triste », une fois: soit une métathèse possible du mg. vidäm « gai », cf. n° 24, 5°; mais comme le d'et le sens tout à la fois font difficulté, il n'est pas hors de propos de rappeler que le mot ne figure que dans la phrase inintelligible.
(222) 49 Vétiche «cependant», une fois: le mg. a pediq « mais», dont la finale a pu se contaminer de celle du mg. ts («cependant ». Sans importance.
(223) 50° Vinià «nom», 6 fois: le radical oin-, suivi d'un suflixe martien, est presque sûrement l’anagramme du mg. #60 «nom»; Ci. n° 175.
(224) 51° Vizé «descend», une fois: cf. mg. w13 «eau » ; l’idée de «descendre [à travers les espaces] » F1. 6, évoque celle de ( couler» ou plutôt de «se répandre en pluie». Pas bien sûr: a été traduit le jour même.
(225) 52° Vraini «désir», 3 fois: mot très difficile, d'autant plus qu’il se complique de tvraïni, n° 267. La pensée va tout droit au mg. vérnt «attendre» ; mais -7u est un suffixe d’infinitif, qui n’a aucune raison
d'être reproduit dans le substantif. S’y est-il confondu - avec une sufhxation martienne ? Ou bien avons-nous affaire à une métaphore poétique, mg. virdny «floraison»? Tout cela est bien recherché pour une langue - enfantine. Rien de moins clair.
(226) 53 Zakt « animal », une fois, dans la phrase . imintelligible, et pourtant explicable sans trop d'effort par une métathèse approximative du mg. csiga «es- . cargot»: on a montré un jour un escargot à Hélène, -en lui disant, comme aux enfants, quelque chose comme « vois-tu la bébête?», et en même temps on le - lui à nommé en hongrois, en sorte que la consonnance de ces deux syllabes s’est associée dans son moi sub-
* conscient au concept d’ «animal».
… (227) 54° Zämé «meilleurs», unefois: cf. mg. cse- - mege, (friandise, dessert» ; Hélène enfant a dû constater par expérience que le «dessert» était «meilleur » que le repas. Douteux pourtant: le phonétisme ne concorde pas suffisamment.
(228) 55 Zisasi «fois », une fois, tout à la fin: bien que le principe de la formation de ce mot bizarre ne semble être qu'un jargonnement arbitraire (cf. n°106) , il nest pas interdit de reconnaître, à la base “du processus réduplicatif d’où il est issu, la sifflante sonore du mg. tærom «fois». |
. (229) 56° Zou «plus », 2 fois, mais seulement dans la locution zou réch (plus tard». On peut, dès lors, se demander si cette locution n'est pas coupée en deux
mots uniquement parce qu'elle en forme deux en fran-
na
çais, et si l’orthographe correcte ne serait pas souréch en un seul. Dans ce cas, l’on conjecturerait une altération, d’ailleurs assez grossière, du mg. sokdra, (longtemps, longtemps après». Cette dernière identification est incertaine; mais ce qu'il y a de sûr, c'est qu'on ne saurait identifier mot pour mot sou à (plus« et réch à «tard », d'autant que «plus tard» en ce sens est un. idiotisme français que les Martiens n’ont guère pu . emprunter.
(230) Tout compte fait, le magyar se trouve avoir fourni directement au martien deux à trois fois plus de mots que l’allemand, deux fois moins que le français. Cette proportion resterait à peu de chose près la même si on défalquait de part et d'autre les cas que nous avons qualifiés de douteux. Elle est tout à fait conforme à ce que la théorie nous mettait en droit d'attendre (cf. n%95-7) : l’auteur du martien est une enfant bien douée, qui sait à fond le français et a entendu un bon nombre de mots magyars très usuels ; comme c’est aussi dans un cerele d'idées très usuelles que se meuvent les phrases martiennes, ceux-cC1 lui reviennent avec une abondance relative ; mais, malgré l’avantage inappréciable qu'ils offriraient au point de vue du déguisement des origines du martien, ils restent en minorité, parce. qu’elle n’en a à son service qu'une quantité fort limitée; quant à l’allemand, appris plus tard et sans doute moins fidèlement retenu, il n’apporte qu'un faible ap-" point, bien supérieur toutefois à celui des autres domaines linguistiques à peine effleurés par M1° Smith.