LE VERBE (( ÊTRE
(37) Cette conjugaison est, comme on s'y doit attendre, formidable de complication, surtout eu égard au peu de formes qu'on en possède. Le mieux est de commencer par les plus simples : il en est une, mais fort peu usitée, qui reproduit exactement le fr., à savoir é « est » FI. 27 (une seule fois).
V Mais cet «i^aî n'est probablement qu'un lapsus ; car, partout ailleurs, « est » se dit né, soit par homophonie partielle avec « et » (n" 36, 1^), soit surtout par influence de l'exclamation mg. ne « tiens » . Le mot revient 21 fois, auxquelles il en faut ajouter deux pour anéa c'est », qui recèle en outre une forme
dédémonstratif a ou an- qu'on rapprochera des types ci-dessus du n® 33.
2^ Le même consonnantisme apparaît au pi. oné (( sont ))(2 fois), avec une sorte de préfîxation dont la genèse est obscure.
3® Mais, à la l"*^ personne, on constate un radical êv-, dont on ne saurait guère que dire, sinon que sa consonne peut avoir été suggérée par le magyar: la forme est (?ré « suis » et revient 4 fois.
4" Bien que le même mot soit traduit différemment, et conjugué pronominalement, il est reconnaissable dans êvé de la phrase répétée deux fois identiquement, FI. 5 et 6, ké di êvé dé w ne te tiens-tu » ; car le sens revient à « n'es-tu ». Il n'en est pas moins remarquable, en tant que tout à fait contraire aux habitudes du sujet, que deux mots aussi différents que « suis » et (( es » aient le même répondant martien.
5^ En tout cas, le radical êv- est répété à satiété sous la forme de l'impératif: évaï ix sois », 11 foi».
6° Enfin, on a une fois le participe nié « été », naïvement formé, comme le fr. ét-é, par l'adjonction d'un é au mt. ni « et » (observation déjà faite par M. FI.).