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ÉPILEPSIE

L'épilepsie est un syndrome tellement riche en manifestations psychomotrices et psychosensorielles de toute nature qu'on doit s'attendre, a priori, à observer des troubles épileptiques du langage musical.

La littérature médicale comprend, en effet, parmi tant d’autres cas, peu ou point étudiés, une dizaine d’observations explicites de troubles du langage musical, au cours de l'épilepsie : deux cas de de Sanctis, un de Cristiani, deux de Legge, un de Montagnini, trois de Marco Lévi Bianchini.

L'étude de ces observations démontre que ces manifestalions musicales de l’épilepsie surviennent avant, pendant ou après l'accès comitial.

L'attaque préparoxystique est une variété d'aura psychomotrice, possédant tous les caractères de ce prodrome : éclosion spontanée, soudaine; concomitance de troubles psychiques variés; portant surtout sur l'humeur et Île

caractère; répétition stéréotypée des actes et phases du

syndrome; apparition de la crise convulsive qui en juge la nalure, amnésie consécutive. Les auras musicales semblent avoir une durée assez longue et peuvent, comme beaucoup d'auras psychiques, persister plusieurs jours.

La littérature comprend {rois cas d’aura musicale préparoxystique, dont voici le détail.

Le malade de Legge, pianiste professionnel, était pris, quelques jours avant le début de ses attaques, d'une impulsion qui le poussait à jouer au piano des chorals et des oratorios de Hændel. Il commettait de nombreuses fautes, jouait trop vite, et se fâchait à la moindre interruption, puis, il finissait par s'arrêter et remettait le cahier sous une chaise longue. L'attaque passée, il oubliait la place où il avait rangé la partition et accusait les autres malades de la lui avoir dérobée. Peu à peu; la lucidité et le calme revenaient, et le même jeu ne se répétait qu'à l'attaque suivante.

Lévi Bianchini publie, sous le titre expressif d’aura canora, les deux observations suivantes.

OBSERVATION I. — C. ÀA..., âgé de quarante et un ans. Hérédité négative. Crâne dolichocéphalique avec plagiocéphalie frontale gauche et bosse de compensation occipitale du même côté; angle mandibulaire large; traces de lobule darwinien aux oreilles; diastèmes dentaires. Le reste du corps normal. A l’âge de sept ans, sans aucune cause apparente, 1l présenta des accès épileptiques. A l'époque de l'adolescence, ces accès se renouvelaient tous les quatre ou cinq jours; souvent ce malade offrait des états d’équivalents psychiques, pendant lesquels il s'échappait de la maison, se sauvait à travers champs et attaquait les passants; de 1890 à 1900, les attaques devinrent plus rares. mais plus dangereuses; en 1900, il fut conduit à l’Asile. Là, dès son entrée, on put observer un curieux symptôme qui précédait constamment les accès. Voici en quoi il consistait. Les périodes d’accès se suivent tous les trente ou quarante jours. En état de santé, le sujet, en dehors d’une certaine indifférence pour le milieu et d’une faiblesse d'esprit congénitale, ne présente aucun autre symptôme morbide. Lorsque l'attaque est proche, il tombe en proie à un état d’excitation psychomotrice : il se met à marcher furieusement, le visage se congestionne, le pouls arrive à 104. En même temps, il commence à chanter. Il entonne à pleine voix une chanson populaire, qu'il déclame continuellement sur un rythme régulier, monotone, toujours le même; il ne

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