ROSSINI
Nous lisons dans l'ouvrage de Grasset sur les demi-fous les lignes suivantes :
« Rossini (1792-1868) fut atteint de troubles neurasthéniques graves, à partir de sa cinquante-cinquième année. Déjà en 1850 (il avait alors cinquante-huit ans) il présenta des troubles physiques et cérébraux qui s’aggravèrent jusqu'en 1852. Son caractère était triste; souvent il était pris de crises de pleurs, d'accès de désespoir, d’impulsions au suicide; 1lse plaignait surtout d'une sensation intolérable de froid aux mains et de privation de sommeil. Je ressens
tous les maux d’une femme, disait-il en 1854, il ne me manque que l'utérus... En dix-neuf ans, Rossini avait écrit 32 opéras. Il cessa brusquement d'écrire vers l’âge de trente-huit ans, après avoir donné Guillaume Tell. »
Un tel jugement s'appuie donc sur deux ordres de faits : la retraite prématurée de Rossini et la crise de dépression, que l'artiste aurait traversée vers l’âge de cinquante-cinq ans.
La retraite de Rossini s'explique, comme l’a montré L. Dauriac, comme l'ont confirmé Malherbe et Poirée, par le retrait de la pension qui lui avait été accordée par un ministère précédent. Rossini, vivement affecté de cette mesure, passa plus de six années à écrire requête sur requête, à s'adresser à toutes les juridictions, pour obtenir le renouvellement de sa pension. Lorsque, six ans après, il eut obtenu gain de cause, il s’aperçut que le goùt du public avait changé et préféra se retirer sur le succès de Guillaume Tell.
La crise dépressive que Rossini présenta vers l’âge de cinquante-Ccinq ans, fut tout à fait éphémère. En résumé, rien ne permet chez lui de reconnaitre l'existence d’une affection mentale.