‹ Le langage musical; étude médico-psychologiqueChapitre 4 sur 54 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

qui ont remis en place choses et gens, Nous savons désormais que, s'il fallut enfermer un Donizetti et un Schumann, la Musique demeura bien étrangère aux progrès de leur mal : elle en fut la victime et non la cause. Mais, poursuivons!

Chercher des maladies, c’est bien; trouver des remèdes, cest mieux. Il convient que le médecin guérisse, sous peine de perdre tout ou partie de son prestige. Voilà, du moins, ce que pense la foule, en la simplicité de ses raisonnements, et je suis presque tenté de penser comme la foule. Aussi me suis-je précipité, avec une joie d’enfant, sur le chapitre intitulé : Mélothérapie. Les auteurs nous avouent, il est vrai, que, d’après l’ensemble des observations recueillies jusqu’à ce jour, la musique n'a point rendu la raison à ceux qui l’avaient égarée, soit; mais ils admettent que, dans certains cas où la douleur physique est en cause, l’application de sons heureusement choisis et appropriés, pourrait avoir une vertu curative. Alors, je me sens tout désigné pour raconter un fait qui m'est personnel, et ajouter un paragraphe au chapitre en question. Puisque, dans le présent livre, les médecins ont parlé de musique, dans la préface, le musicien va parler de médecine, et, parodiant un mot fameux, il s’écriera fièrement : Anch'io son Dottore! Oui, j'ai soigné un malade, et j'ai contribué à le guérir, sans qu'aucun diplôme m'en donnût le droit. J’en fais l’aveu, au risque d’encourir les foudres de la Faculté, voire même de la Justice. Or donc, sans plus tarder, voici l'aventure.

Il y a quelques années, mon vieux maître et ami, J.-B. Weckerlin, bibliothécaire du Conservatoire de musique, est renversé par un fiacre sur la place de

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