Remarquer que le LP. dit froUUr el le fr. « refroidir
2. On devrait dire « l'endemain » et non « le lendemain ». « Loriot », « lierre » se disaient autrefois « oriol ». « ierre ». Le LP. continue la tradition. On dit le levier pour « l'évier » et au jour d'aujourd'hui pour « aujourd'hui ». On doit espérer que le LP. s'en tiendra là et que nos descendants n'entendront pas dire au jour d 'a H jo u r d 'o ujon rd 7« u i !
De lày pour «là » déjà précédé de « de », est un renforcement. Ex. : je viens de de là (prononcer rfe (/7à). '
De même : je viens de de par là (j^ viens de d'par là) ; je deviens de de là (jedviens de d*là);j'en deviens de de là (j'endviens de d'ià), etc.. Il se formera peutêtre ainsi un mot nouveau : dedlà. Je d viens dedlà.
Confusion par analogie, comparaison imagée, dissimilation, assimilation, influence de l'imprimerie, retour à l'ancienne prononciation, noms propres devenus communs. — Ce sont des phénomènes linguistiques naturels à tous les langages et au sujet desquels il n'y a rien à dire pour le LP. qui ne concerne également le fr..
Déformation. — On peut considérer trois sortes de déformations principales : 1° la déformation naturelle et générale ; 2° la déformation volontaire et argotique; 3° la déformation fortuite et personnelle.
La déformation naturelle et générale obéit aux lois diverses de l'évolution du langage et particulièrement aux lois du fr. . Les mots longs, difficiles à prononcer, où le radical ne frappe pas naturellement Touïe, et les mots savants se déforment naturellement par Terreur, le manque de mémoire, Fincompréhension, l'ignorance de leur composition et de leur origine. La loi du moindre effort agit ici fondamentalement.
La déformation volontaire et argotique est, par définition, la déformation opérée afin de rendre incompréhensible aux profanes le sens des mots. Certains termes, qui ont du succès, passent dans le LP. courant et de là, quelquefois, dans le fr..
La déformation fortuite et personnelle est duc à la difficulté particulière que certaines personnes éprouvent à saisir par l'ouïe la forme d'un mot, et à le reproduire
ensuite par la parole. Cette déformation est intéressante en ce que, d'un individu déterminé, elle passe à un autre, à plusieurs autres, et s'introduit ensuite dans le langage général, avec d'autant plus de facilité qu'elle se confond presque toujours avec l'analogie.
Ainsi : pousser des cris de porc frais (d'orfraie); le baromètre à hémorroïde^ (anéroïde); et ainsi de suite.
La phrase suivante, entendue à Paris, est typique : Dans ces administrations^ ils. vous renvoyeni de Canif à Pilote et de Pilote à Canif {a de Caïphe à Pilate »)ef on a le derrière comme le devant (« on est Gros-Jean comme devant »).
Mais il ne faut pas croire que cette déformation ne se rencontre que dans le peuple. La phrase qui suit a été dite par une femme de la bonne bourgeoisie de Paris : Le médecin m'a dit que je devenais sourde parce que j'avais de la cire humaine (« du cérumen ») dans les oreilles.
Langage enfantin. Termes d'amitié. — Le langage enfantin, en LP., s'emploie en parlant aux enfants, aux petits chiens, etc. , et parfois entre amants * . Certaines personnes l'eniploient dans la conversation courante, voulant ou non donner un effet comique, et hors de la présence de tout être chéri. La manifestation la plus caractéristique de ce langage est le redoublement: les pied pieds y la tétête à la fifillcy faire son pipi, faire son pipi d'enfant, la gros hêhête, un nœnœil, des nœnœils (« des yeux »); etc.. On entend aussi dans le langage enfantin
1. On remarquera que, dans ce langage, il y a fréquemment changement de personne pronominale, la première et la seconde étant alors remplacées par la troisième. Exemples :
Embrassez sa mèmère, « embrasse ta inèro » ; embrassez sa petite femme, « embrasse ta petite femme » ; disez bojoti à son père, « dis, dites bonjour à ton, votre père » ; donnez sa papaite à la dame, a donne-moi la patte ».
GRAMMAinE £T SYNTAXE 73
des liaisons bizarres : un ptit noiseau, un beau piil nange/ le petit nenfant, etc. (de « un n/enfant », etc.).
Dans le langage des amoureux , les termes le plus fréquemment employés sont : mon ange, mon ange adoré ; ma belle-cocotte (bèleùcocotte); ma belle-jolie (bèleiijolie); mon bichon ; mon bijou ; mon chou, machoute, mon chouchoUj ma chouchoute ; mon coco, ma cocotte ; ma crotte ; mon Jésus (est prononcé Jàsus); mon lapin, mon p'iit lapin; mon loup, ma^loute, mon loulou, ma louloutc; mon mimi, mon beau mimi; mon rat; mon loto, ma toi oie.
Il faut noter aussi des formes enfantines et amicales telles que : un ptit cien (chien). Pas bouge ! (« Ne bouge pas »). Pas touche ! (« Ne touche pas »), etc..
Les mots enfantins 6oto, caca, nanan, pipi, etc., s'emploient beaucoup en LP..
Formation des différentes parties du discours. — Les règles générales et particulières de formation s'appliquent à toutes les parties du discours. Il est bon cependant de faire quelques remarques au sujet des adjectifs, des verbes et des adverbes. En LP., bien plus encore qu'en fr., Tadjectif est souvent un simple substantif employé comme adjectif et invariable. Ex. : tourte, manche, marteau. Ici, il n'y a pas d'adj. fr. correspondant. Mais le LP. prend parfois pour adj. de» subst. fr. qui ont un adj. correspondant. Ainsi le LP. dit : je suis enthousiasme, je suis asthme pour «je suis enthousiaste », « asthmatique »*. D'autres adj., qui sont en même temps des participes passés, ont perdu Taecent final, accent tonique et accent d'écriture. Ex. : /e suis gonfle, je suis enfle, (« gonflé », « enflé »).
Verbes. — Comme en fr. presque tous les verbes nouveaux sont de la première conjugaison. Ainsi :