MOTS TOMBÉS EN DÉSUÉTUDE
En LP. (comme aussi en fr.) il arrive que des mots, après avoir vécu plus ou moins longtemps, d'une vie plus ou moins brillante, utile, forte, saine, tombent malades et meurent. Il y a, en fr., des mots aujourd'hui fort usuels — courants, — que le LP. est en voie de délaisser^ d'autres qu'il n'emploie presque jamais plus. Mettant de côté certains termes difficiles qui ne sont pas faits pour le LP., une bonne part des termes , abstraits, d'autres encore qui ne sont pas absolument utiles pour l'expression d'idées simples et moyennes, il y a beaucoup de mots très simples, fréquents et utiles, qui ne figurent plus guère dans le vocabulaire du LP. Ainsi « parler » ne se dit presque plus. On le remplace en LP. par causer. « Je parle à qqn. » se traduit du fr. en LP. par ye cause à qqn.. Le verbe /)arZer demeure
GRAMMAIRE ET SYNTAXE 7."î
cependant dans certaines locutions telles que : iu parles ! vous parlez ! c'est moi que je vous parle ! (bien que cette dernière phrase s'entende de moins en moins et soit remplacée par cesl moi que je vous cause). ^
« Second » a presque complètement disparu. « Femme » dans le sens de « épouse » est de plus en plus remplacé par dame ; « fille » (filia, daughter) par demoiselle, petite jeune fille, fillette y gamine, les mots fille (comme cela se produit aussi en fr., malheureusement) et /femme étant pris en mauvaise part par le LP.. Ainsi le fr. a-t-il perdu jadis les mots « garce », « pucelle » devenus l'un injurieux, et Tautre inconvenant.
Beaucoup de mots fr., autrefois courants dans le LP., en ont disparu aujourd'hui, remplacés par d'autres mots populaires, les mots disparus paraissant au peuple trop nobles ou trop bas, trop compliqués, pas assez! précis, ou ayant un trop grand nombre de significations diverses ; ou bien encore s'approchant trop par le son d'autres mots de sens différent ; et enfin, simplement, ayant vieilli. Ainsi « paroles », « discours » (dans le . sens de « parole ») ne se disent guère en LP.. On dit à leur place boniment, boniments, bobards. « Froisser », (« blesser qqn. dans ses sentiments ») se dit toujours en LP. vexer, « froisser » et v blesser » ne s'employant en LP. qu'au sens physique. Mais ces pertes sont plus que compensées par la riche et constante création populaire.