VERBE
Dans le français parlé, le verbe perd une partie de ses flexions. Ainsi, au présent de Tindicatif du verbe « aimer », les première, seconde, troisième personnes du singulier et la troisième personne du pluriel ont exactement le même son : èm. V « s » de « tii aimes » ne se prononce plus que dans les vers, devant une voyelle. L' « ent » de « ils aiment » est rarement marqué dans le langage de la conversation habituelle. La phrase « ils aiment à chanter » devrait se prononcer « ilz èm t a chanté » mais se prononce presque toujours : ilz (ou iz) èm à chanté.
Quand le verbe commence par une consonne, il est souvent impossible de reconnaître à l'audition la troisième personne du singulier de la troisième personne du pluriel. « Il tombe » et « ils tombent» se prononcent de même : il lomh.
A rimparfait, on a de même dans « j'aimais », « tu aimais », « il aimait », « ils aimaient » la prononciation identique èmè.
En somme, dans biçn des cas, la flexion ayant disparu du langage parlé, le pronom seul indique à Taudition la personne. On peut prévoir qu'un jour la flexion terminale sera complètement remplacée par un préfixe ou une préflexion qui ne sera que le pronom,
plus OU moins élidé et faisant corps avec le verbe. Déjà, aujourd'hui même, par exemple, voici comment se conjugueraient, si nous avions J'écriture phonétique, le présent de Tindicatif du verbe être, le présent de rindicatif et le présent du subjonctif du verbe aimer.
« je suis », chai, ou ch*sui,
« tu es », têf ou té.
« il est », lé, ou lé^ ilé, inéy inè^ né, ne.
« nous sommes » (« on est »), on-né, ou nou-on-è (e);
nouçon, noaçom.
« vous êtes », vzèlf ou vouzèt, ,
« ils sont », icon^ ou iison.
« j'aime y>^jèm.
a tu aimes », tèm.^
« il aime », lêm, ou ilêm, etc..
« nous aimons », on-nêm, etc..
a vous aimez », vzèmé.
« ils aiment », izèm.
« que j'aime », kjèm.
« que tu aimes », ktèm.
« qu'il aime », kilètn.
« que nous aimions », kon-nèm, knouzèniion.
« que vous aimiez », kvzèmié^ kvoiizémié.
« qu'ils aiment », kizèm.
Remarque. — Chez les plus basses cjasses populaires, on entend plus souvent on est, on aime que « nous sommes )^ « nous aimons ». Le remplacement de « nous » par on ne se produit que pour le pronom qui précède le verbe, le pronom sujet. Ex. : On est pas des bœufs, « nous ne sommes, pas des bœufs ». Cest i pour nous auV qu' vous disez ça ? a Est-ce pour nous que vous dites ça ? »
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