‹ Le langage populaire; grammaire, syntaxe et dictionnaire du français tel qu'on le parle dans le peuple avec tous les termes d'argot usuelChapitre 45 sur 79 · INDICATIF · texte numérisé non relu

INDICATIF

Présent. — Le LP. ne se diiïérencie pas particulièrement du fr. au présent de l'indicatif des verbes. On remarquera que la liaison ne se fait presque jamais eu LP. non plus qu'en fr. courant entre le verbe et un mot suivant commençant par un& voyelle. On dit Vèm ou ta èm^ Hz ou iz ème à chanter , au lieu de « lu èm z à' » « ilz èm ta chanter ». De même nouz èmon à, vouz èmé à chanter. Le peuple écrit indifféremment ye fini^ je fînis^je finit^ tu fini, etc., pour la même raison de suppression de liaisons. Prononciation : fini. De même : je reçoi, reçois y reçoit, tu reçoi, etc.. De même : je prend, prent, prends, prens; tu prend, etc..

Quelques verbes irréguliers du fr. présentent en LP. des formes particulières au présent de l'indicatif. Ainsi, qqf. on entend dire ye bouille^ ta bouilles,.. Ce sont des formes rares, les présents indicatifs étant semblables généralement en LP. et fr..

Remarques. — Les personnes qui disent je bouille, l'eau bouille, à Tindicatif, disent généralement au subjonctif g' m e je bous, que Veau bout, etc. .

Dans les présents indicatifs des verbes tels que « voir », « croire », c'est-à-dire où la 3* personne du singulier finit en « oit », le LP. marque une prononciation spéciale pour les troisièmes personnes :

118 LE LANGAGE POPULAIBE

« il voit » il voua

« ils voient » Us vouày

« il croit » il crouà

« ils croient » il crouày (prononciation

figurée habituelle : ils voyent, ils croyent).

Les verbes en « ayer » ont en fr. au présent de^ l'indicatif des finales en « aie » ou « aye », « aies », ou « aycs », «aie » ou « aye », « ayons », « ayez », « aient » ou v< ayent ». « Je paie » ou «je paye » ; « ils essaient ^) ou « ils essayent ». On prononce en fr. « je pè » ou « je pèy » etc., à volonté, mais plus souvent « je pè »; En LP., toujours je pèy.

Verbes en « oyer ». En fr. on écrit « je noie », « ils nettoient » et on prononce « je noua », « il nètouà ». En LP., on prononce je nouày, il nètouày.

Verbes en « eter ». La règle fr. n'est pas toujours .suivie en LP.. Ainsi, on dit : je décollte, tu dccachtes, elle cachte, ils furtent (« décollette », « décolleté », « décachettes », «cachette », « furéttent »).

Imparfait, — L'imparfait des verbes mres Tpeu employés par le peuple) et difficiles présente souvent en LP. des formes particulières dues à Tanalogie ou simplement à Terreur. Ainsi, facqiiiérais, fassaillissaisy je dé faillissais y je faillissais, je vêlissais, etc.. .(Surtout dans la 2'' conjugaison.)

Le peuple différencie mal « nous croyions » de « nous croyons » ; « nous voyions » de « nous voyons », etc.. (De même pour « croyiez », « voyiez », etc.). Mais il tourne, quand il veut être précis, par on croyait^ vous aviez cru, etc..

Passé défini. — Le passé défini a disparu du LP.. Il s'exprime aujourd'hui par le passé indéfini : «je donnai » devient j'ai donné ; « je vins »ye suis venu ou j'ai venu.

Cette transformation du passé défini en passé indéfini n'est pas spéciale à la classe populaire. Il en est de

même en fr.. Les Parisiens et les Français du Nord emploient rarement dans la conversation le passé défini. C'est seulement dans le Midi qu'on entend le passé défini employé de façon courante."

Une (tes raisons de la disparition à peu près générale du passé défini dans le fr. actuel de la conversation est la similitude de certaines personnes du présent et du passé défini dans certains verbes ; ainsi dans les verbes « s'enfuir » et « dire ».

Présent

Passé

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