‹ Le langage populaire; grammaire, syntaxe et dictionnaire du français tel qu'on le parle dans le peuple avec tous les termes d'argot usuelChapitre 6 sur 79 · CONSONNES · texte numérisé non relu

CONSONNES

6, comme en fr.. Devant s ou toute autre consonne sourde devient p, comme en fr.. Mais en LP. il y a une tendance à garder le 6 et à adoucir la consonne qui le suit. Ainsi « abcès » se prononce « apcès » en fr. et abzèo en LP..

c, comme en fr.. Une tendance à s'adoucir en y dans certains mots. Ex. : reine-g lande (rcine-claude).

J, f^ //, comme en fr..

h. L' « h » muet ne se prononce pas en fr.. Le LP. ne fait presque jamais de différence entre Yh aspiré et Vh muet; ainsi il dit : Vhasardy les z haricots, les z horsd' œuvre.

I. flo, dans extraordinaire , aé dans aéroplane, peuvent copenpant être considérés comme des diphtongues lorsque prononcés par certains individus. C'est une particularité individuelle.

4i LE LANGAGE POPULAIRE

REMAKQrE. — Inversement, le f.P. place quelquefois des h aspirés où il n'en faut point. Ex. : quelque chose de hample (« d*ample ») ; un hhuissier (prononciation fr. « un nuissier »). Et « huissier » devient souvent vhuissier en. LP..

j, cçmnie en fr.. Se transforme souvent en cA, ou en une sorte d'aspiration tenant du « ch » et de T « s », devant les consonnes dures. Ex. : Ch' sais pas. ChU'en fous.

h y comme en fr..

l se change parfois en n. Ainsi « caleçon ». devient i^aneçon\ « paletot » devient panetoi. Inn a fait des hiei\ belles choses (pour « il a fait », etc.). Caler et caner ont le même sens (« avoir peur », « ne pas pouvoir continuer »).

nij comme en fr..

n, comme en fr.. (Voir /).

p, comme en fr., tendance à se transformer en b devant une consonne^ douce.

r. tV parisien, en fr. comme enLP., possède un son spécial qu'il est utile d'étudier ici pour les provinciaux et les étrangers qui ont souvent beaucoup de difficulté à le prononcer correctement.

On appelle consonne vibrée, par opposition à consonne sourde, une consonne qu'on prononce en même temps qu'on émet une vibration sonore avec la gorge. Chaque consonne sourde a sa correspondante vibrée ou sonore. Ainsi « p», « s », « ch », « t », « f », « k », consonnes sourdes, ont pour correspondantes vibrées « b », « z », « j », « d », « V », <t gu ». En anglais, « th » dur est la consonne sourde et « th » doux est la consonne vibrée. Le « / » grec doux ,est la consonne sourde qui correspond au « y » grec doux, consonne vibrée. Et ainsi de suite.

On obtient donc la consonne vibrée en cmetlant kn

MÊME TEMPS QUE LA^ CONSONNE SOURDE CORRESPONDANTE Une

vibration sonore de la gorge. Ainsi, dire en même temps

GRAMMAIRE ET SY>'tAXE 45

« s » et « ôoô » donne « z ». « P », de même, donne « b », « ch » donne « j ». (En pratique, entre la consonne sourde et la consonne vibrer, il y a des différences dans la position de la langue et des lèvres. Mais elles sont petites. Ainsi, pour le « th » doux anglais, on ne place pas la langue de la même façon que pour le « th » dur, mais, si on le faisait en émettant en même temps un son vibré delà gorge, e^u aurait tout de même le « th » doux.)

Or, IV parisien, consonne vibrée, n'a pas de correspondante sourde en français de Paris. On est donc obligé de chercher la correspondance eu province et à l'étranger.

L' « r » marseillais, le « ch » dur allemand («hoch », <c Nacht »), la « jota >> espagnole (« rojo », « reloj »), le « / »^dur grec (devant un « a », un « o », un « o> ») donnent le son de cette consonne sourde correspondante.

Qu'on prenne donc, par exemple, le « ch » dur aller mand ; qu'en même temps on émette une sonorité vibrée, on a en principe Vr parisien, consonne assez difficile à prononcer ^ L'apostrophe qu'on'' emploie dans certaines transcn-iptions du chinois figure à peu près ïr parisien dur. Plus difficile encore à prononcer est ïr parisien adouci. H consiste dans une suppression des roulements durs de Vr parisien normal et dans: leur réduction en un seul et rapide rapprochement des parois inférieure et supérieure de la gorge. C*est presque un hiatus, mais un hiatus plus dur que l'hiatus simple. On

peut cx)mparer à cette lettre le « L » turc (dans « aga »)

et le « Y » dur grec devant « a », « o » ou « o) » (dans « oLyxT.o) », ft j'aime », par exemple). Parfois il est si doux qu'on l'entend à peine. A l'audition alors (mais seulement à l'audition, non dans l'émission), il se rap-

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