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C'est ce qu'on appelle le « grasseyement

46 LE LANGAGE POPtLAIHË

proche un peu de iV anglais, comme douceui*. Il est souvent excessivement doux entre deux voyelles. Dans Henri y Marie, Paris, il s'entend à peine.

5 a une tendance marquée à se transformer en z. Entre deux voyelles « ss » devient s ou s. Ex. : la rue d'Azas (« d'Assas »), laize (« laisse »). De même à la ^n des mots : biz (« bis »), Vénuz (« Vénus »). Souvent aussi après un n devant une consonne douce. Ainsi « transgression » se prononce tranzgrézion et « transmettre » tranzmeilre. (Par contre le peuple de •Paris prononce Vlntranssigeantj tandis que les classes plus élevées disent V « Intranzigeant ».)

tf comme en fr.. Dans certaines terminaisons devient s. Ex. : congession (« congestion »).

(u) consonne et (pu) consonne correspondent, le premier au « w » flamand, le second au « w » anglais.

V, se prononce toujours assez faiblement à Paris, en fr. comme en LP.. Il s'adoucit en un vague (ou) consonne ou en un vague («) consonne entre deux voyelles. Souvent il disparaît entièrement. Ex. : ca(u)alier, ca-alier (« cavalier ») ; a-oir (« avoir ») ; oroir (« au revoir »). Souvent au commencement des mots il disparaît également ou s'adoucit beaucoup : « viens » se prononce neuf fois sur dix (u)yens ou yens (y in),

w se prononce en fr. tantôt « v », tantôt « (ou) ». Ainsi, en fr., on dit un « vagon » et un « trani(ou)ay ». Le LP., tout en suivant généralement le fr., marque parfois une tendance à mêler les deux sons. « Tramway », en LP.,- se prononce tramvay (tramm-vè) ou tramv(ou)ay (tramni'V'(ou)è) ,

X se prononce presque toujours s devant une consonne dure. Ex. : escursion, estraordinaire, pour « excursion », « extraordinaire ». Doux, il se prononce comme en fr., c'est-à-dire « gz ». Ex. : (en fr. et en LP.) egzamen((fi examen »). Mais en LP. il devient alors parfois z : ézamen.

y (consonne), comme en fr..

• Zy comme en fr..

ch, comme en fr.. Tendance à s'adoucir entre deux voyelles. Ex. : fajèle (« j* achète »).

(jn, en LP., se prononce gr^.!/^ Ti/ étant plus ou moins marqué. Ex. : grognyer (« grogner »). Plus la classe sociale de celui qui parle est élevée, plus la prononciation dé « gn » se rapproche du son « ng » anglais et allemand (« ring », « Ring »). Plus elle est basse, plus la prononciation se rapproche de « gn » italien et de « n » espagnol (« signorcr », a senor ») ; soient gny, ny.

Consonnes doubles. — Les consonnes doubles se prononcent comme des consonnes simples en fr. et en l.P. C'est la règle générale. Ainsi : « addition », « affolant », « aller », « appeler », « arranger », « attendre », « coller », « commissaire », « difforme », « raisonnement », « vanner », etc., etc., se prononcent en fr. et en LP. : « adieyon », « afolan », « aie », « aplé », « arangé », « atandr », « colé », « comicèr », « diform », a rèz6-n-man », « vané »...

Mais un grand nombre de Parisiens, surtout ceux qui ne placent pas l'accent tonique à la fin du mot, font sonner certaines consonnes doubles. Cela se produit * notamment lorsqu'ils placent l'accent tonique juste avant cette consonne double. Ex. : AD-ml ion (dans un restaurant on entend plus souvent crier : /' Au-Dilion ! que « l'adinoN .' ») ; w^Yolanl (c'fist xr-volant f) ; M-iention I Mais on n'entend jamais coLier, coLiant, coumssaire^ va^^er, etc..

Affaiblissement des consonnes.*— Actuellement, on remarque, assez souvent dans le peuple de Paris une tendance à affaiblir les consonnes, — toutes, plus ou moins — . Voici des exemples de phrases, entendues à Paris :

— « Alors, n'est-ce pas, tu lui dis : donne- moi la lettre, c'est moi qui la porterai (c'est moi que Je la porte) au patron. »

— Aor, pa, lu i (d)i : (djo-moi (l)a (l)èty lié moi (k)eù f(l)a po(r)le au (p)a(t)(r)on.

— ce Je n'ai pas envie de retourner à Paris en ce moment (à cette heure). »

— iré pa an-i r(t)ou(r)né à {Bja(r)i à z deùfrj. (Les consonnes entre parenthèses sont alFaiblies.)

PTIONONCIATIONS PARTICULIÈRES

Le b disparait avant un s suivi dune autre consonne dans les mots comme « obscur », « obstiner » (oscur^ ostiner}y « nonobstant» (nonostanlj ; moins souvent dans « obstacle», presque jamais dans « abstenir », « abstention »., Les mots comme « abstrait » n'appartiennent pas au LP.; il n'y a donc pas lieu d'en tenir compte.

S'ajoute au commencement des mois commençant en fr. par sp, si, etc.. Ex. : espécial, estaiue^ estatut^ èstfophey etc..

S'ajoute partout où il facilite la prononciation. Ex. : Félisque Faure ((^ Félix-Faure») ; le Filme^dWrt (« le Film. d'Art »); poure rien (« pour rien ») ; vous voudreriez ((( vous voudriez ») ; un infecte cigare (« un cij^are infect »), etc..

Dans « peignoir » se prononce gn~n : peign-noir.

Tombe presque toujours dans les finales able^ euble, ohle, amble, omble, etc. ; moins souvent dans ible. On dira : aimabe, vignobe^ meube, combe, ensembe, pour (c aimable », « vignoble », « meuble », « comble», « ensemble ». (On dit moins souvent : exposibe, sen~ sibe, pour « explosible », « sensible », doube pour « double »).

Il en est souvent dé même pour la plupart des finales où / est placé avant un e muet terminal et après une consonne. Ainsi camoafe, muffe^ angue, trèfe, ongue. « Gifle », momifie, etc., demieurent sans altération. Ces règles ne sont pas générales ; la tendance est générale cependant à supprimer 17 terminal précédé d'une consonne.

/ tombe aussi dans les mots comme « employé » qui se prononce empoyé.

Se change en n dans certains mots. Kx. : panetof, caneçon ; (« paletot », « caleçon ») ; inn (« il »).

Devient y entre deux voyelles. Ex. : miyon(u million »), miyard (« milliard »), miyeu (« ^lilieu »), souyer (« soulier »), escayer (« escalier »), etc.. Mais on dit plutôt les escaliers que les escayers (« l'escalier »).

Remarque. — Il y a aujourd'hui en LP. une rerlaine confusion entre les sons ill {l mouillé comme dans « paille »), // (l double comme dans « aller »), /t, ly, y et ? consonnes. Ainsi on entend dire en LP. « ailleurs » comme en tV. (« ayeùr »), et ailleurs (alyeiif) ; « citoyen » comme, en fi\ (« citouàyin ») et citoillien (citouàlyin). « Artillerie » se

m LE LANGAGE POPULAIRE

prononce en LP. artilnc et artiyrie ; « artilleur », artilieiir et artiyeùr.

Remplace / dans certains mots.

Devient grn avant ter. Ex. : pacjnier, douagnier.

qu

Se change souvent en /. Ex. : ciniième (« cinquième ») : kioste (ce kiosque »).

Disparaît souvent à la iin des mots après une consonne. Ainsi « pauvre », « livre », « battre », « défendre », « tordre », <^ Montmartre », etc., se prononcent : pauve, lire, batte, défende, torde, Montmarte. \\ s'ajoute quelquefois, inversement, mais à peine indiqué, à la fin des mots entre h on p et Ve muet final, surtout lorsque le b oup est précédé d'un o (et, plus rarement, d'un a) et lorsqu'il y a déjà dans le mot un r voisin de la terminaison. L'ouïe exercée entendra robre, hélioiroprejrappre, dans « robe », « héliotrope », « trappe », en LP..

Se change en / dans le mol « corridor » : colidor.

s final.

Ne se prononce pas en LP. dans certains mots. Cassî (« cassis »), syphili (« syphilis »). Se prononce au contraire dans « ananas» : LP. ananass, (V. « anana ». Se prononce souvent dans « gens » : les gen^s. On peut

ranger dans cette catégorie les mots comme « ceux », bien que terminés par un » x ». Ex. : les ceuss qui est venu. C'est pour ceuss qui a du pèze. On dit aussi : à la deuss, à la troiss. On dit en liP. les mœurss (et maintenant aussi en fr.).

Devient z dans « bis », « Vénus », « obus », etc. : biz, Vénuz, obuz.

On a,joute un s dans certaines terminaisons en « ite ». Ex. : anlisémislù (« antisémite »).

DisparaUdans lés finales suivantes :

acte : intaque, com/)a^ue((( intact, c» ; «compact, e »). « Exact » se prononce en LP. e.ra» au masc, e{ craque mi exa au féminin.

ecle : archilèque , insèque (ja architecte », « insecte »).

este, estre (qqf.). Ainsi on dit : indigesse, orkessi^ (ce orchestre »). Mais on dit comme en fr. « peste » et a reste ». L'usage seul peut indiquer les cas où Ih\o\{ se prononcer dans les terminaisons este.

exte : préiesque ; tesque ou tèxe (« texte »).

ict : s trique (« strie t,e »).

isie : artisscy d'en tisse et tous les mots en isfe (règle générale).

uste : busse, Augusse (règle générale).

ustre : (dans quelques mots) : illusse (« illustre »).

Tombe dans certaines finales en tion : sujession (ce suggestion »), conqession (« congestion »).

Devient s avant un />,♦ un /, etc.. Ex. : esprès, espatrier, esplosion.

Se change souvent en sq dans les finales. Félisque (« Félix » ; une risque (« uue rixe »).

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