‹ Le langage populaire; grammaire, syntaxe et dictionnaire du français tel qu'on le parle dans le peuple avec tous les termes d'argot usuelChapitre 72 sur 79 · LA PHRASE POPULAIRE · texte numérisé non relu

LA PHRASE POPULAIRE

La phrase se construit habituellement en LP. comme en fr.. Quelques différences, cependant, doivent être, notées. '

Dans la proposition principale la plus simple, sujetverhe-complément, le sujet, constitué par un substantif, est souvent en LP, renforcé par le pronom. Ex. : Le charretier il bal ses bourrins^ (« le charretier frappe ses chevaux »). Le tramway il veut s'arrêter ici, (« le tramway va s'arrêter ici »). Sa dame elle est belle femme, (« sa femme est grande et grosse »).

Le verbe prend en français le nombre et la personne du sujet. Il n'en est pas toujours de même en LP.. En efl'ct, qqf. le LP; met le verbe au sing. après un sujet (substantif ou pronom relatif) du pL. Ex. ;' Situ fermes pas la fenêtre, les moustiques va rentrer. Taime pas les femmes qui boit.

Et inversement : tout le monde s'en vont.

De même, il peut y avoir changement de personne. . Ex. : (7est nous qui a gagné le jgros lot. C'est nous qui sont (ou sons) les maîtresy à çt'heure.

Les verbes ne gouvernent pas toujours en LP. les mêmes cas qu'en fr.. On ne saurait aujourd'hui établir des règles précises ; il n'y a encore actuellement que flottement et confusion. Ex. : elle l'apprend à mal /aire, (« elle lui apprend ») ; elle lui a empêché de sortir, (« elle l'a empêché ») ; il l'a conseillé de rester, (« illui a conseillé »). Etc., etc..

GRAMMAIRE ET SYNTAXE ibi

De même pour les prépositions qui lient le complément au verbe. Ainsi quitter, en LP., entraîne souvent la préposition de : Pourquoi que vous avez quitté d'ici ?

De même : Je me rappelle de lui. Je ni ennuie de Paris. As'tu fini du couteau ? Je n'ai pas pensé d'acheter les journaux f etc..

Mais certains de ces verbes ont alors un sens particulier. S'ennuyer de signifie « souffrir de l'absence de qqn., de réloignement de qqn., de qqch. » (angl. « tomiss »). Finir de, « n'avoir plus'^besoin de, ne plus se servir de ». Etc..

La préposition disparaît dans certaines phrases. Ainsi : (fr.) « Mets de l'eau à chauffer » ; (LP.)Mets de l'eau' chauffer. Cela se produit principalement entre deux verbes quand le second est à l'infinitif.

Le complément suit les règles générales du fr.. Pour la construction, la différence principale est dans la place de certains pronoms : Donne moi-le (« donne-le moi »).

L'adjectif attribut, comme on l'a vu, marque une tendance à devenir invariable.

Le mot que (conj. ou pronom) est très fréquent en LP.. Le LP. le place partout où il peut, dans l'interrogation, la relation, etc..

La phrase interrogative est fort compliquée en LP..

(Voir PRONOMS miERROGATlFS, INrERROGAÏION.)

La construction de certaines phrases se rapproche de la construction germanique, la préposition, mise à la fin, prenant l'allure d'une particule séparable : Je lui ai couru après. Les femmes qu'il a couché avec. Elle lui a tapé dessus. Il n'a pas fait ça pour. Il lui a rentré dedans.

(On peut* aussi considérer les expressions couriraprès, rentrer-dedans, etc., comme des verbes composés.) «

158 LE LANGAGE POPlLAlKE

Enfin, la phrase elliptique est fréquente en LP., le complément censé évidemment connu, étant remplacé par un pronom :

On la perd (la tète).

En mèlire (de Vhuile de bras, de Ténergie).

Le mettre (à qqn. Duper qqn., l'obligera agir malgré lui).

Les mettre (les toiles. S'enfuir, se dérober).

S'en faire f ne pas s^en faire (de la bile, du mauvais sang).

L'avoir (la vérole).

En avoir (du poil au bras, etc.). '

Etc., etc..

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