PARENTÉ
En LP., lorsqu'on parle à un homme de sa femme à lui, il serait inconvenant de dire « votre femme ». « Madame » suivi du nom du mari, est assez rare. « Madame » tout seul est rare également. On dit votre dame. Lorsqu'on tutoie la personne à qui on parle on a le droit de dire « ta femme ».
De même, onditt^o^re demoisefle ou votre fillette, suivant Tâge. On ne dit point « votre fille ». Maïs on peut dire « ta fille », quoique ce mot soit généralement peu employé. On remplace fille Cfilia, Jaughter) par denwiselle, jeune fille, fillette, petite fille, gamine^ petite : sa demoiselle, notre jeune fille, ma fillette, ma gamine, sa petite, votre petite fille. Cette dernière expression crée unie confusion avec la « petite fille » (du grand-père ou de la grand'mère).
Pour « nlon fils » on dit en LP. : mon jeune homme, mon garçon, mon petit garçon, mon gamin (plus rarement garçonnet, ce mot étant réservé à Tusagedes grands magasins).
Fils est donc peu employé, comme marquant le degré de parenté. Mais on l'entend souvent employer comme marque d'amitié protectrice envers un étranger, un ami plus jeune que soi, un inférieur : mon fils. {On prononce habituellement mon fi).
La préposition qu'on emploie dans les relations de parenté, d'alliance ou de concubinage, n'est pas « de »,
mais à. Ex. : la femme à Ugène, le garçon à Jules, la fillette à Durand, la poule à Tolor,
Mais on dira la demoiselle du patron et la dame de Vadjudant,
L'expression fr. « ma femme » (« mon épouse ») se traduit en LP. par ma femme, la bourgeoise, ma hour^ geoise, la patronne, la maman; qqf. mon épouse, la mère, « Mon mari » donne en LP. mon mari, mon époux (souvent par affectation de distinction^ et plus souvent encore quand il s'agit de Thomme avec qui on vit sans être mariée), mon homme, qqf. le père. Le mien est très fréquent dans les plus basses classes. On dit de même, avec la même signification (mari, amant, ami) le tien^ le sien, mais moins souvent. Ma poule, ma gonzesse, mon type, se disent beaucoup dans le monde des prostituées.
« La grand'mère. » Même expression en LP., mais on emploie plus fréquemment dans ce sens l'expression la mémère. Ainsi, dans une famille du peuple, Tenfant, en parlant de sa mère, dit la maman ou maman, et de sa grand'mère, la grand mère, la mémère ou mémère. En s'adressant à elles maman (comme en fr.) et mémère, « Grand-père », en LP. comme en fr..
Pour Tonde et la tante, on dit parfois (surtout chez tes enfants) tonton et tantine ; ces mots étant employés seuls, ou suivis du nom : Tonton Ernest, Tontine Lulu, Tantine est parfois réservé à la grand'tante.
Les expressions. fr. « madame votre mère », « votre mère » ; « madame » (suivi du nom de famille) se traduisent le plus souvent en LP. par votre maman, votre papa. De même, votre grand-papa, votre grand' maman; qqf. votre mémère. On emploie de préférence Tarticle : Comment va la mémère?
« Beau-frère », « beau-père », etc., mêmes expr. en fr. et en LP.. Il semble que le peuple mette parfois une emphase dans ces mots, une sorte de fierté d'avoir de
la famille. On dit rarement (en s 'adressant à quelqu'un) mon cousin^ ma cousine; ces formules étant plutôt employées dans la bourgeoisie moyenne d'ancien style. Mais en parlant £les gens on dit en LP. : cousin Jules, le cousin Ernest^ cousine Maltide, la cousine Berlhe ; et aussi, ayec le patronyme : (le), cousin Durand ; (Ja) cousine Béchu,
Lorsqu'il s'agit d'un parent défunt, le mot « feu » est remplacé par joauv'. Pauv' papa^ pauv' maman signifient, non pas que le père ou la mère ont été malheureux durant leur vie, mais seulement qu'ils sont morts.
7Ï(« petit »J, devant maman^ mère, père^ etc., est un terme affectueux. Généralement alors, maman devient man : ti-man (« petite mère »). On dit aussi li-mère^ li'père, Tite s'emploie qqf. : tiie-mère.
Parrain, marraine, sont très employés enLP. : bonjour, Parrain, Merci, Marraine, Tu vas voir Parrain "^ Porte ça à Marraine.