CHAPITRE V
LA COUR d'aNNAM EN FUITE DANS LA PROVINCE
Attentat de Hué. — Fuite de la cour. — Arrivée dans la province de Cam Mon. — Les grandes pluies. — Séjour dans les montagnes. — La g-arde muong du roi. — Trahison. — Prise du roi. — Son arrivée au poste français. — Mort de Ton That Dam. — L'ex-roi Ham Ntrhi à Alti^er.
Le muong- de Mahasay, la région de Ban Toni; et la province annamite de Ouang Binh ont été, de i885 à 1888, les témoins d'un drame que je ne peux m'empêcher de raconter en quelques pages. Le dénouement de ce drame ne s'est pas, il est vrai, passé dans notre province de Cam Mon, qui fait l'objet de cette étude, il a eu pour théâtre les hautes vallées de l'Annam, toutes proches de la ligne de partage des eaux, mais l'événement dont je parle a eu un tel retentissement dans toute l'Indo-Ghine, et, par ses résultats importants, mettant fin définitivement à un état de choses ancien, a eu sur l'avenir de notre domination dans le pays une telle influence qu'il n'est pas inutile, je pense, d'en énumérer les différentes phases.
La plume d'un Tacite serait nécessaire pour exposer d'une façon saisissante et vraie cette fugue
H AM NGH
'•ii'ii roi .r.\ii,
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de la cour d'Annam de Hué, ce départ d'un régent, dont l'énerg-ie, voisine de la férocité, a été justement condamnée, emmenant, devant les Français victorieux dans la capitale, son souverain âgé de quatorze ans, et le lançant, par patriotisme peutêtre, par haine de l'ennemi occidental assurément, dans des aventures qui devaient se terminer par la capture de ce prince, et son internement dans une colonie lointaine.
Sans vouloir, en aucune façon atténuer, la responsabilité de ce rég-ent, notre ennemi acharné, qui précipita son pays dans une insurrection, cause de tant de sang- répandu, et que la g-rande reine mère de Tu Duc a, dans une proclamation restée célèbre en Annam, flétri du nom de mandarin rebelle, il faut reconnaître que, du jour où il a entrepris cette tâche, bien au-dessus de ses forces, de nous chasser de l'Annam, il s'y est donné tout entier, il a tout sacrifié à son ambition, à son patriotisme, ou à sa haine. Trois de ses fds sont morts d'une façon trag-ique pendant la campag-ne menée contre nous. On combat de tels adversaires ; on les pourchasse sans merci; mais on ne peut s'empêcher de les saluer.
Tout le monde a présents à la mémoire les incidents qui se sont passés à Paris après la retraite de Lang Son ; on se rappelle la foule entourant en masse le Palais Bourbon, où se tenait une séance mémorable, la chute du ministère Ferry, ])uis, quelque temps après, la discussion sur la question de l'évacuation du Tonkin.
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On peut, sans tristesse, narrer tous ces événements, à l'heure présente, où l'esprit public est si modifié. Les expéditions lointaines. sont terminées et notre domaine colonial, définitivement constitué, ne réclame plus que la mise en valeur. L'Indo- Chine unifiée, et jouissant d'une paix complète, n'a plus à redouter aucune attaque, ni sur son territoire, d'une insurrection désormais sans chance de succès, ni à Paris de la part des adversaires de l'expansion coloniale.
Depuis la mort de l'empereur Tu Duc, en i883, plusieurs souverains, qui n'avaient fait que passer, s'étaient succédé sur le trône d'Annam ^. Le prince dont l'histoire nous occupe actuellement, enfant de treize ans, neveu de Tu Duc, avait été couronné au mois d'août iS8f\ sous le nom de Ham Ng-hi. Il régnait sous la tutelle des régents Nguyen Van Tuong et Ton That Thujet, le premier, ministre des affaires étrangères, le second ministre de la guerre. Ton That, on le sait, est la préfixe qui distingue les membres de la famille royale .
Après les événements de Lang Son^ en mars 1 885, le général de Courcy avait été envoyé en Annam comme résident général, et général en chef, réunissant dans ses mains tous les pouvoirs civils et militaires.
Il débarqua à Hai Phong le 3o mai, séjourna pendant quelque temps au Tonkin, pour se mettre
I. 188:3, Duc Duc, fils adoptif de Tu Duc ; i883, Hiep Hoa, frère de Tu Duc : 1884. Kien Phuoc, fils adoptif de Tu Duc, trère de Ham ^'irlii et de Do;içf Khanh.
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au courant de la situation, et régler plusieurs questions urg-entes, puis se rendit en Annam, où il débarqua à Thuan An le i«'" juillet, demandant pour le 3 du même mois une audience royale, avertissant les rég-ents « que le gouvernement de la République Française venant de le nommer commandant en chef des forces du Tonkin et de TAnnam, et, en même temps, résident g-énéral près Sa Majesté le roi d'Annam, il voulait, en sa qualité de diplomate, présenter au roi ses lettres de créance ».
L'annonce de l'arrivée à Hué d'un général d'un grade encore plus élevé que tous les militaires qu'on avait vus jusqu'alors fut accueillie sans enthousiasme par le gouvernement annamite, et fit naître de profondes inquiétudes dans l'esprit des deux régents.
Dès le lendemain, les négociations furent ouvertes pour le règlement de la remise, en audience solennelle, des lettres de créance du général, et il fut de toute évidence que l'on se heurtait au mauvais vouloir des mandarins, qui ne cherchaient qu'à gagner du temps.
Cependant les espions nous prévenaient de tous côtés que les Annamites faisaient de formidables préparatifs dans la citadelle, qu'ils montaient les canons sur les remparts, et constituaient des approvisionnements de batteries, que Thuyet avait fait distribuer à ses 3o.ooo soldats leurs rations de riz de campagne, et que, pour parer à tout événement, on avait, depuis plusieurs mois, préparé une citadelle près de Cam Lo, au fond de la province
de Quang Tri, pour y recevoir éventuellemcnl le roi et la cour.
Le g-énéral de Courcv croyait bien à la trahison possible des Annamites, mais il les avait en si peu d'estime qu'il les juq^eait incapables de tenter un coup de force contre lui.
Les journées du 3 et du 4 juillet se passèrent en nég-ociations sur le règ-lement du cérémonial de l'audience royale, sur la porte par laquelle devait enirer au palais le général, sur l'escorte qui devait l'accompag^ner, et autres points qui nous paraissent aujourd'hui bien futiles, mais qui ont de l'importance dans les pays d'Extrême-Orient, où chaque cérémonie est réglée par des rites traditionnels.
On nous a rapporté, depuis, que les négociations avec les Français ne remplirent pas seules ces deux journées; de profonds dissenlimentsrégnaiententre les deux régents. Tuong désirait temporiser, Thuyet voulait agir ; ce fut l'avis de ce dernier qui prédomina.
La légation est séparée de la citadelle, et du Mang Ca, où étaient installées nos troupes, par le fleuve Truong Tien ; sachant que le général de Courcy y recevait, dans la soirée du /j juillet, les fonctionnaires civils et tous les officiers, Thuyet donna l'ordre à un de ses mandarins militaires de s'aposter, avec des forces suffisantes, aux abords de la citadelle, et d'égorger tous les officiers français, au moment où, après être sortis de la légation, et avoir traversé le fleuve, ils regagneraient le Mang Ca*.
I. Le MançCa est un ouvrage séparé de la citadelle, mais y aUenant, et communiquant avec elle, placé au Faillant nord.
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Ce mandarin eut-il peur, ce qui n'est pas impossible; prit-il mal ses mesures, onTignore; toujours est-il que nos officiers rentrèrent, sans encombre, dans leurs cantonnements, vers minuit.
On se demande avec efTroi ce qui serait arrivé, si le crime conçu par Thuyet avait pu s'accomplir. Nos soldais, privés de leurs chefs, et attaqués à l'improviste au milieu de la nuit, se seraient défendus avec courag-e, nous n'en doutons pas, mais auraient certainement fini par succomber. C'est donc à un de ces petitsincidents qui causent par fois les grands événements que notre armée, si faible, dut son saluten celte grave circonstance.
Vers une heure du matin, au coucher de la lune, qu'ils attendaient pour agir, les Annamites attaquèrent à la fois le Mang Ga d'un côté, la légation de l'autre. Des prisonniers, libérés dans la journée pour celte mission spéciale, munis de torches incendiaires, répandirent le feu de toutes parts, tandis que les huit cents canons de la citadelle envoyaient leurs boulets sur les deux points où était cantonnées nos troupes.
Un missionnaire, Parisien de naissance, et qui était encore enfant en 1871 pendant la Commune, m'a raconté que le bruit de ces canons, faisant feu tous à lafois en pleine nuit., avait, pendant plus d'une heure, été insupportable, et que les dernières canonnades de rinsurrection parisienne, cependant si violentes, n'en pouvaientdonner qu'une faible idée.
Grâce à la valeur de nos troupes, l'attaque des
Aiinaniles, qui n'avaient pour eux (jue l'avaulage énorme du nombre, fut partout repoussée. Nous n'étions, à ce moment, à Hué, que 3i officiers, 1887 hommes avec 17 pièces d'artillerie. L'armée annanile, d'après des renseig-nements qui me paraissent dignes de foi, a été évaluée à So.ooo hommes. Elle possédait en outre une artillerie très nombreuse, mais n'avait pas d'obus, et ses canons ne lançaient que des projectiles pleins K
Ainsi se passa cette nuit que l'histoire a flétrie du nom méritéd'attental de Hué. L'attaque fut déloyale en eff'et, puisqu'elle eut lieu sans déclaration d'hostilités, et au milieu des pourparlers qui devaient continuer encore le lendemain, sur le cérémonial de l'audience royale.
Quel était donc le but des régents de l'Annam? Ils savaient très bien que, les armes à la main, ils n'étaient pas en état de lutter contre la puissance de la France, mais ils espéraient, par un coup de main audacieux, et grâce au nombre de leurs soldats, égorger le général en chef, séparé, à la légation, de la plus grande partie de ses troupes - et, dans le désarroi qui aurait fatalement été la suite d'un tel événement, nous repousser jusqu'à la mer. Ils se rappelaient ce qui s'était passé à Paris, car
1 . La troupe qui joua le rôle le plus efficace dans ce combat fut le bataillon du 3" zouaves, à la tète duquel était le commandant Metzing-er, aujourd'hui général, commandant le 15" corps d'armée, à Marseille.
2. ]1 n'y avait, à la légation, qu'une compagnie de chasseurs à pied, et un poste d'honneur fourni, ce jour-là, par l'infanterie de marine.
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ils étaient très exactement renseig-nés, après notre retraite de Lang- Son, et ils espéraient que la nouvelle d'un échec, sérieux celte fois, arrivant dans notre capitale, soulèverait de nouveau les passions populaires, et, forçant la main au Gouvernement Français, amènerait l'évacuation de l'Annam et du Tonkin. Ils ignoraient que, le drapeau une fois eng-ag^é, un pays comme la France ne recule pas.
Vers six heures et demie du matin, le rég-ent Thuyet, le roi qu'il emmenait avec lui, la cour, et près de 5.000 soldats, abandonnaient le palais, sortaient de la citadelle, et se réfiig-iaient au villag^e de Kim Luong-, pour prendre ensuite la route du nord.
Alors commença cette lamentable fuite, qui ne devait prendre fin que le i^'" novembre 1888. Le premier jour, on s'arrêta au camp des lettrés, sur la rivière de Hué, au delà de Kim Luong; le lendemain on arriva à Quang Tri, et, devant les réclamations des soldats, pour lesquels les vivres n'étaient pas assurés, on posa des affiches, autorisant tous ceux qui ne pouvaient pas suivre avec leurs propres moyens à rentrer dans leurs foyers.
De Quang- Tri, on gagna le petit fort de Tan Su, que l'on avait, depuis quelque temps, créé et armé derrière Cam Lo. Tan Sii est aujourd'hui le poste de tram de Viet Yen. La cour, et son escorte de fidèles, réduite à mille hommes environ, y séjourna pendant trois jours, puis elle tenta de gagner le Tonkin, par la route mandarine de l'Annam. Mais, le 26 juillet, nos troupes occupaient Dong Hoi, le
10 août elles entraient dans Vinh, et fermaient ainsi aux fuyards la route du nord.
Endésespoirde cause, l'armée fidèle, ainsi qu'elle était intitulée dans les proclamations faites au nom de Ham Xyhi, revint à Tan Sii, où elle résida de nouveau pendant quelques jours, ne sachant à quel parti se résoudre.
Un missionnaire des plus autorisé , et qu'un séjour de trente ans dans la capitale de l'Annam a fait l'homme qui connaît le mieux les choses de ce pays, m'a rapporté sur ces événements maints détails qui ne peuvent trouver place dans ce travail. Un seul cependant est à noter : le roi Ham Ng-hi avait, dans son entourag-e, un enfant du même âg-e que lui, aUié à des familles catholiques de la rég-ion de Cam Lo. Ce serviteur a raconté que le malheureux roi versait continuellement des larmes; il disait à ses intimes : « on m'emmène par la force, je sens bien que nous faisons une faute énorme en partant, et que nous ne reviendrons jamais. » Puis, s'adressant particulièrement au jeunedomestique dont il est question, il ajoutait : a il y a des catholiques dans les environs, je le sais; allez leur dire qu'on m'emmène malgré moi; qu'ils préviennent les Française Hué, pour que l'on puisse mettre obstacle à mon départ. » Pauvre petit roi, c'étaient sans doute les premières larmes que vous versiez ; ce ne devaient pas être les dernières !
Enfin la décision fut prise d'entrer au Laos, mais toujours avec le même projet de g-agner le Tonkin, en suivant le versant ouest de la chaîne des mon-
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lag-nes d'Annam, puisque l'occupation des citadelles de la côte par les Français rendait la fuite par l'est impossible. On passa donc le col de Cam Lo, on arriva à Mai Lan, on traversa Ai Lao où l'on sortit de l'empire d'Annam. Les étapes de la cour en fuite dans la province laotienne actuelle de Song- Khône furent les villages de la lig'ne Muong Tchépon, Muong Vang. Enfin l'on pénétra dans le muong- de Mahasay, et nous retrouvons ici notre province de Cam Mon,
Depuis l'entrée au Laos, la situation s'ag-g-rava chaque jour. On était au neuvième mois laotien, et, au lieu de l'éclatant soleil de juillet que l'on venait de quitter en Annam, on tombait en pleine saison des pluies. Rivières débordées, plaines inondées, accès de fièvre pernicieux, résultant de ce si brusque passage d'un climat sec à une atmosphère saturée d'eau, rien ne fut éparg-né aux fug-itifs. Ce n'était d'ailleurs plus l'armée d'un puissant monarque, qui voj^ag'eait ainsi à travers notre province; le cortège était des plus réduit, comprenant : une chaise à porteurs pour le jeune roi, très malade de la fièvre, six palanquins, dix chevaux, trois éléphants, cinquante charg-es de bagages, et un millier de mandarins de tous grades et de soldats.
Le Chau Muong de Mahasay, dont la province, il ne faut pas l'oublier, était alors occupée par les Siamois, prévenu de l'arrivée du roi d'Annam en fuite, envoya cinq de ses mandarins pour l'accompagner pendant la traversée du muong, et faciliter à la petite troupe l'acquisition des vivres dont
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elle avait besoin. Il reçut, en récompense de ces bonnes dispositions, quatre chevaux et dix fusils, qui lui furent envoyés comme cadeaux au nom du roi. Inutile de dire que, plus tard, les Siamois s'emparèrent de ces présents; de plus ils condamnèrent le Cliau Muong à une amende de seize cents ticaux (2400 francs) pour avoir laissé passage aux fugitifs, et leur avoir prêté assistance sans l'autorisation du gouvernement de Bangkok.
La saison des pluies fut, cette année-là, particulièrement rigoureuse. Pendant les quinze jours que Ham Nghi passa dans notre province, la pluie tomba presque sans discontinuer; et ce n'étaient pas de ces petites averses auxquelles nous sommes habitués dans nos climats de la zone tempérée, mais de ces vigoureux coups d'arrosoir, et de ces torrents d'eau que seuls connaissent ceux qui ont vécu sous les tropiques.
Dans les villages que la cour traversait, pauvres hameaux de montagnes pour la plupart, les très «•rands personnages seuls trouvaient place dans les maisons; les autres s'entassaient pèle-mèle sous ces mêmes habitations, élevées sur pilotis, comme dans tout le Laos, et cherchaient en vain à sécher leurs vêtements autour des feux qui servaient également à cuire le riz rouge ou le maïs qu'ils achetaient pour leur nourriture. Aussi que de décès, au cours de cette lamentable roule, et quelle tristesse, pour les pauvres soldats, comme pour les plus fiers mandarins, de songer, en quittant la vie, que leurs restes ne reposeraient pas en terre d'Annam, et
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que les rites funéraires ne seraient jamais accomplis sur leurs tombes ig-norées.
Parfois aussi, les villages étant rares dans cette partie du muong- de Mahasay, les étapes, rendues très pénibles par l'inondation, t'orraient les Annamites à s'arrêter en pleine brousse. On construisait alors pour tout le monde des abris en paillotes ou en branchages, triste séjour pour ceux qui venaient de quitter les palais du roi, ou les riantes demeures des grands mandarins de Hué.
Les maladies commençaient à régner d'une façon inquiétante dans la petite troupe; on ne pouvait, en conséquence, continuer le voyage dans des conditions si défectueuses. Thuyel voulut donc acheter aux Laotiens tous leurs éléphants, mais ceux-ci refusèrent de les vendre, quelque prix qu'on en offrît. 11 était en effet sévèrement défendu, sous la domination siamoise, de laisser sortir aucun éléphant du territoire, sans une autorisation de Bangkok.
Cependant, les proclamations ' envoyées en Annam par la cour en fuite avaient soulevé tout le pays. Dans presque toutes les provinces, l'insurrection commença par le massacre des chrétiens réputés partisans des Français. On en tua un très grand nombre, et le sol de l'Annam, au nord comme dans le sud, fut largement arrosé de leur sang.
Thuyet, ne pouvant réaliser son projet de se rendre au Tonkin parleLaos, se réfugia dans la région de Ban Tong,oùnous avons vuqu'il fut bien accueilli par le Tong flom. C'est dans cette région, et dans