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de Dong- Ca.où il séjourna pendant quelque temps en attendant la décision à intervenir à son égard.
Le 16 novembre, notre conseil des ministres décida que ce prince serait interné en Algérie, où la douceur du climat pourrait convenir à son état de santé délabré par les fatigues de la vie errante dans les montagnes. Ham Nglii fut amené par voie de terre, avec de grands honneurs, jusqu'à Tliuan An où le vaisseau de guerre « la Comète » vint le chercher pour le conduire à Saigon. De là, le transport de l'Etat « Bien Boa » l'amena à Alger, où il débarqua au mois de janvier 1889'.
Quelques jours après la prise de son roi. Ton That Dam, réduit, nous le savons, aux dernières extrémités , adressa au commandant français du cercle une lettre conçue en termes très élevés, et dénotant une grande noblesse de caractère. 11 disait, succinctement , qu'en présence du malheur affreux qui frappait l'Annam, la lutte qu'il avait entreprise ne pouvait continuer que sans utilité. Il demandait donc, pour ses mandarins et officiers, la faculté de venir au chef lieu du cercle français faire leur soumission. Ils s'engageraient à ne plus continuer la campagne, mais ne serviraient pas le nouveau régime, et rentreraient chacun chez soi. Les soldats seraient licenciés et renvoyés directement dans leurs villages; toutes les armes seraient remises aux mains des Français.
Le commandant du cercle répondit à Ton That
I . Voir aux notes la proclamation du roi Dong Khanh au sujet de la capture de sou frère Ham Nhgi.
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Dam en acceptant toutes ses conditions; il l'invita à se rendre en personne au poste français, lui donnant l'assurance qu'il y serait reçu avec les plus grands ég'ards, mérités par sa haute situation, et par la façon loyale et clievaleresque dont il avait toujours mené la campagne contre nous.
La lettre f}ue Ton That Dam envoyait au commandant français était accompagnée d'une autre lettre adressée au roi Ham Nghi. Ce message, très court, disait la douleur qu'avaient éprouvée les mandarins civils et militaires en apprenant la trahison qui avait livré le roi. Ce serait, ajoutait le jeune général, « l'éternel remords des mandarins militaires de ne pas avoir pu se trouver auprès de la personne royale pour la défendre ». Ton That Dam ajoutait que c'était, assurément, « à son incapacité personnelle, et à son trop jeune âge, qu'il fallait attribuer les événements si malheureux qui venaient de terminer la lutte, et que, si son père n'avait pas été appelé, pour le service du roi, dans un empire voisin d'où il n'avait pu revenir, les choses se seraient, probablement, passées d'une autre façon ». Il terminait en assurant le roi du dévouement « jusqu'à la mort, et quoi qu'il arrive » disait-il, de tous les mandarins sous ses ordres.
Quelques jours après, cent dix-huit mandarins civils et militaires de tous rangs se présentaient au poste français de Thuan Bai, pour faire leur soumission. Quel contraste entre leur aspect, à cette heure si douloureuse pour eux, et l'allure habituelle des grands personnages de l'Annam ! Les
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allribuls ordinaires du rang- élevé qu'ils occupaient n'existaient plus depuis long-temps déjà, leurs vêtements en lambeaux témoig-naientde la rude campagne qu'ils avaient supportée, mais leur attitude était restée la même. Revêtus, avant i885, des plus hautes charges de l'Etat, ils avaient, malgré cette lutte de trois années^ les fuites continuelles dans la brousse devant nos colonnes, conservé le grand air et la façon d'être si particulièrement empreinte de dignité, qui les caractérisaient autrefois, lorsqu'ils se rendaient au conseil du roi, accompagnés de brillants cortèges.
Ton That Dam seul ne vint pas. Aux pressantes questions qu'adressait aux mandarins, à son sujet, le commandant français, ceux-ci répondirent que leur chef avait succombé, la veille, emporté par un accès de fièvre pernicieuse. La vérité est que le noble fils de Thuyet ne put consentir à se soumettre. Il réunit, aussitôt après avoir reçu la lettre du commandant du cercle, tous ses mandarins, leur donna l'ordre de faire leur soumission aux autorités françaises, mais leur défendit de servir le nouveau régime, puis il ajouta : « Si les Français demandent où je suis, qu'ils cherchent dans la forêt, ils y trouveront ma tombe. » Le soir il se tua, en s'étrang-lant à l'aide de son turban, après avoir prescrit aux quelques fidèles qui l'entouraient d'enterrer son corps auprès de cette modeste pagode de Vang Lieu, dans laquelle, pendant la dernière partie de la campagne, il avait, conformément aux rites, rendu le culte traditionnel à son
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roi et à ses ancêtres. Il était âge de vinçl-deux ans. C'était le troisième fils de Ton That Thujel qui, dans cette période de trois années, payait de sa vie son dévouement sans limites à son souverain.
Ces faits mirent fin à l'insurrection, et la tranquillité devint complète dans les provinces du nord de l'Annam.
L'ancien roi ?Iam Ni^'^hi, aujourd'hui le prince d'Annam,car c'est le nom sous lequel il est connu, habite la Villa des Pins, à quelques kilomètres d'Alger, au village d'El Biar, sur les riants coteaux de Mustapha Supérieur. Il vit là très retiré, recevant seulement quelques amis, dont l'affection l'aide à supporter les rigueurs de l'exil. Nous ne pouvons mieux dépeindre le jeune prince qu'en donnant ici le portrait qu'a fait de lui M. de Varigny^ le géographe bien connu, et qui a paru dans le journal le Temps au mois de décembre 1894.
« Prince d'Annam. La carte de visite ne portait rien de plus que les mots ci-dessus; ils signifiaient que Ham Nghi me recevrait le lendemain. J'avais exprimé le désir de le voir à M. G..., très connu et très estimé du prince. Avec un tel introducteur et un pareil répondant, j'étais assuré d'un excellent accueil.
« Nous sortons d'Alger par la route de Mustapha Supérieur, et notre voiture gravit les premières pentes du Sahel. A mesure que nous nous élevons, le panorama s'élargit ; à chaque tournant, le paysage apparaît sous un aspect nouveau et toujours plus beau. Alger la blanche se mire dans son