‹ Le Laos, et le protectorat françaisChapitre 27 sur 46 · I. Lettres du capitaine Rivière · texte numérisé non relu

I. Lettres du capitaine Rivière

qu'un Klia, voyageant à une journée de marche de chez lui, el arrivant dans un hameau cependant habité par d'autres Khas, ne puisse se faire comprendre.

La plupart des Khas ignorent le Boudhisme, ou, du moins, ne le pratiquent pas; mais, en revanche, ils sont remplis de respect ou de crainte, ce qui est tout un dans ces pays d'Extrême Orient, pour les terribles et puissants génies.

« Les Khas riches sont quelquefois, comme les Annamites, et plus rarement les Laotiens, polygames ; cependant ils ne peuvent introduire une concubine à leur foyer conjugal sans l'autorisation de leur première épouse, qui paraît jouer dans la famille un rôle encore plus prépondérant que celui de la femme laotienne i. »

On ne marie jamais une fdle kha sans avoir obtenu son consentement, et un de nos missionnaires m'a rapporté qu'après un an de mariage les filles khas avaient le droit de répudier un mari dont elles n'avaient pas encore d'enfant. Elles sont peut-être moins dépravées que les Laotiennes, cependant le rachat des offenses existe aussi pour elles, mais ne se paye jamais en argent. C'est à une amende en nature qu'est condamné le délinquant : quelques poulets, un porc, un bœuf ou un buffle, suivant le degré de son audace ou de sa maladresse.

Les Khas des montagnes portent le costume des Annamites pauvres, pantalon et blouse, tous

Page 1