I. Lettres du capitaine Rivière
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deux très courts. Ils ne se tatoueul jamais, mais se percent les oreilles d'un trou qu'ils ag^randissent en y plaçant des bâtonnels de bois ou d'ivoire.
Ce qui disling^ue essentiellement les Khas des Pliou Thays, c'est que ceux-ci sont sédentaires, tandis que ceux-là sont nomades. Aussi n'entourent-ils pas leurs demeures d'arbres nécessitant une langue croissance, tels que le mang-uier ou l'aréquier. A quoi bon planter pour ne pas récolter? Leurs maisons, élevées sur pilotis, comme celles des Phou Thays, sont, pour le même motif, construites d'une façon très primitive. Leur système de culture entraîne, en effet, pour eux des déplacements fréquents.
(( Lorsque le chef de village a désigné un emplacement propre à la production du riz ou du maïs, 11 le fait débrousailler; on coupe au ras du sol les arbres de faible dimension, les plus g-rosà un mètre au-dessus de terre, puis on y met le feu à plusieurs reprises. Quand le feu est éteint, on répand sur le sol uniformément les cendres destinées à servir d'engrais, puis, avec un bâton pointu, on creuse dans la terre des trous espacés régulièrement. Dans chacun de ces trous sont placés quelques grains de riz ou de maïs, et l'insouciant Kha ne se donne même pas la peine de recouvrir ces grains d'un peu de terre, de sorte qu'il est obligé de veiller continuellement auprès de son rai, c'est le nom de cette rizière rudimentaire, pour disputer aux oiseaux sa future récolte.
« Quand les premières pousses commencent à
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paraître, il entoure le champ d'une forte palissade de troncs d'arbres, et de branches taillées en pointe vers l'extérieur, pour en défendre l'approche aux cerfs, aux sangliers, et même aux éléphants. Après trois années du culture de ce genre, le Kha, juçeant le sol épuisé, abandonne la région, allant construire un nouveau village près d'un nouveau champ de travail. Ses déplacements ont toujours lieu dans un très petit rayon, dans la même vallée, ou sur la même croupe de montagnes.
« Une année après son départ, il ne reste aucune trace de l'ancien rai, vite envahi par les bambous épineux, et aussitôt recouvert d'une végétation inextricable *. »
Nous avons, à diverses reprises, fait mention, au cours de cette étude, des ken, ces petites orgues de roseau, dont on joue indifféremment en soufllant ou en aspirant, et que l'on rencontre dans toutes les fêtes ou parties de plaisir du Laos. Ces orgues sont fabriquées par les Khas Sos,qui paraissent, tant cet instrument est joli et bien compris, ne pas être étrangers à une certaine tendance artistique.
Ces Khas Sos ont une autre qualité ; ils sont, ou, du moins, peuvent être à l'occasion de bons soldats. Ce sont eux que nous avons trouvés dans le canton de Ban Toi g, quand nous avons relaté les incidents relatifs à la capture du roi Ham Nglii. La dernière garde muong de ce prince était, pour la majeure partie, composée de gens de leur race, choisis sur