‹ Le Laos, et le protectorat françaisChapitre 29 sur 46 · I . Lcllrcs du capitaine Rivière · texte numérisé non relu

I . Lcllrcs du capitaine Rivière

les territoires qui, avant l'occupation française du Laos, relevaient de la région de Oui Hop, en Annam.

Il faut ajouter, pour les faire complètement connaître, que ce sont eux qui, de tous les habitants de la province, deviennent le plus facilement les adeptes de nos missionnaires, paraissant, en face de l'indifFérence complète des Laotiens, avoir une certaine tendance, très faible encore, à embrasser la religion chrétienne.

Les jeunes générations se modifient peu à peu, et, chez les Khas du Cam Mon, plus peut-être que chez toute autre race, ne sont plus ce qu'ont été leurs devancières. Nous ne parlons, bien entendu, que des Khas de notre province, qui sont très peu nombreux, et vivent resserrés entre les deux grosses populations annamite et phou thay. Ceux qui sont très voisins de l'Annam, habitant les cantons de Ban Tong, épousent des femmes annamites qu'ils vont chercher dans la région de Oui Hop. Il en résulte pour leur race un affinage très sensible, qui, à côté de ses avantages, a l'inconvénient de les rendre, comme le sont les Annamites, sensibles à l'action du climat, et susceptibles d'être atteints par la fièvre des forêts. Paul Bert disait des Annamites, que, « derniers venus en Indo-Chine de toutes les races qui y habitent actuellement, ils n'étaient pas encore acclimatés.

« Les jeunes Khas, au contraire, vivant en plein pays laotien, commencent à adopter les usages des populations qui les entourent; quelques-uns se font tatouer, portent la coiffure siamoise en forme

de brosse, se revêtent du sampot et sont charmés d'être pris pour des Phou Tliajs '. »

Nous ne dirons rien des quelques Chinois" qui habitent la province de Cam Mon; ils sont en trop petit nombre, et se montrent ici tels qu'on les rencontre partout ailleurs, négociants entreprenants et travailleurs, soutenus financièrement par des grandes maisons de Bangkok appartenant à la même congrégation qu'eux, et cherchant à détourner peu à peu à leur profit tout le commerce du pays. Quelques Chinois de Lakhone, où les gens de leur race tiennent plusieurs comptoirs, manifestaient, à la fin de l'année 1897, l'intention de venir s'installer à Tha Khek.

Les Annamites, assez nombreux dans certaines parties de la province, se groupent entre eux, et ne se mélangent pas aux autres races. Ils mènent le même genre de vie qu'en Annam, se livrent à l'agriculture, font du commerce, et leur activité, nous ne saurions assez le répéter, contrasle'[étrangement avec l'indolence laotienne. C'est pour ce motif que nous croyons à l'avenir prochain de leur race au Laos. Les mesures restrictives n'ont qu'un temps, et ne sauraient jamais faire obstacle à l'expansion naturelle d'une nation dont la population augmente d'une façon constante. L'accroissement de population a bien subi un ralentissement sensible pendant les vingt dernières années, à la suite des circonstances pénibles que traversa l'Annam.

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