AVANT-PROPOS
éloignées, à la fin de notre xix^ siècle, que, dans quelques années, le Laos aura considérablement chance d'aspect. Déjà les bateaux à vapeur sillonnent le Mékong-, et les générations qui vont naître, lancées dans notre mouvement européen, seront bien différentes de leurs devancières.
J'ai eu la bonne fortune d'arriver au Laos avant que ce mouvement vers le prog-rès commençât; j'ai vu les Laotiens tels qu'ils ont été, sans aucun doute, pendant une longue série de siècles, et je n'ai pu résiner au désir de les peindre, avant qu'ils subissent les modifications que notre contact va certainement leur apporter à très bref délai.
Puis, en parcourant, et en étudiant de plus près cette province de Cam Mon, qui m'avait tout d'abord séduit par ses côtés pittoresques, je vis que son sol était fertile, que son sous-sol paraissait très riche, et que ses forêts contenaient des éléments de prospérité certaine et rapide, et alors je conclus qu'il était non seulement intéressant, mais utile, de la faire connaître en France.
On a certainement publié sur elle, comme sur les autres provinces de l'Indo-Chine, des statistiques et des rapports administratifs; mais ces documents ne sont guère lus que par un public spécial et très restreint.
Aussi, j'ai pensé qu'en faisant du Cam Mon une étude générale j'arriverais plus facilement au but que je me propose : faire apprécier la province,