AYANT- PROPOS
montrer le parti qu'une colonisation honnête et habile peut en tirer, et les profits certains que nos nationaux sont assurés d'y réaliser.
Il faut que nos nouvelles acquisitions deviennent pour la France une source de richesse, et cela ne peut être que le jour où les colons auront commencé à y pénétrer. Ce jour, qui sera pour la contrée le commencement d'une ère de prospérité, viendra bientôt, j'en ai le ferme espoir, si ce travail peut décider quelques-uns de nos compatriotes à étudier, d'une façon complète, le sous-sol de la province, et à tenter l'exploitation de ses forêts, dans lesquelles, entre autres richesses, se trouvent des lianes caoutchouc dont on verra l'importance et la qualité.
Dans tous les cas, je pense que mon travail n'aura pas été inutile. Les administrateurs qui se succéderont dans la province de Cam Mon auront entre les mains des documents qui les aideront à la connaître plus rapidement, profitant ainsi du peu d'expérience qu'aura pu, en un temps trop limité, acquérir un de leurs prédécesseurs. Je sais que, pour mon compte, j'aurais été fort heureux, en arrivant au Cam Mon, d'y trouver une étude semblable à celle-ci. C'est un des motifs qui m'a décidé à l'entreprendre.
Si nous avions, sur chacune des nombreuses provinces de rindo-Chine,desrenseig-nementsdumême genre, ils formeraient un ensemble bien curieux à lire dans cent ans, quand tout ce que nous dépei-
AYANT-PROrOS 7
çnons aujourd'hui, usages, mœurs, façous de vivre et de voyager, n'existera plus depuis longtemps. Que sera alors l'Indo-Ghine, et particulièrement le Cam Mon? un pays riche, sans aucun doute, entré dans le mouvement commercial et industriel. Les sifflets des machines à vapeur se feront entendre dans ces forêts, qui ne résonnent, jusqu'à ce jour, que des cris stridents des paons, ou des rugissements des tigres. Les habitants du pays en serontils plus heureux ? Les Français et les Laotiens qui vivront à cette époque pourront comparer et conclure.