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CHAPITRE XII Conclusion

Les populations du Laos étaient, à notre arrivée, découragées ; elles semblaient incapables de prendre une initiative quelconque pour sortir de leur longue torpeur et recouvrer, avec l’indépendance, leur ancien état de prospérité.

Depuis un siècle surtout, cet infortuné Laos a été la proie de voisins rapaces qui l’ont dépouillé. 11 n’est pas étonnant qu’à la suite de ces événements les habitants aient conservé un triste souvenir du passé, qu’ils soient incertains du présent et qu’ils redoutent l’avenir. C’est ainsi qu’ils ont été amenés, par une sorte de fatalisme, à ne produire au delà de ce qui leur est indispensable.

Il n’en a pas toujours été ainsi. A en juger par les ruines de nombreuses pagodes, de monuments et de remparts, qui, dans leur délabrement, ont conservé un cachet de mélancolique grandeur, on peut dire qu’une ère de prospérité a régné dans ce pays jusqu’à une époque relativement peu éloignée. Les bijoux, les armes, les pièces d’orfèvrerie, les statues de bronze, les riches tissus qui ont échappé aux envahisseurs, ne sont-ils pas la preuve d’une antique splendeur ?

D’ailleurs, si nous en croyons divers historiens, les royaumes laotiens de Lan-Xang (Luang-Prabang) et de Tchandapouri (Vien-Tiane) étaient, au xvn® siècle, assez renommés au loin pour que le gouverneur des Indes néerlandaises ait envoyé auprès du roi de Vien-Tiane une ambassade conduite par un général hollandais, Gérard Van Wusthof, chargé de nouer avec ce souverain des relations d’amitié et de commerce.

Aujourd’hui, chefs ou notables, pas plus que les bonzes, ne pourraient obtenir des indigènes les ressources et les efforts que nécessiterait la construction de ces monuments, de ces pagodes ou la fonte de ces statues religieuses que nous voyons tomber en ruines.

Toutefois, il faut se garder de croire que la situation actuelle du Laos soit immuable dans sa médiocrité. Un tel jugement serait par trop hâtif ; il existe encore dans le pays de sérieux éléments de richesse. 11 serait aussi excessif qu’injuste d’admettre que les habitants, en général, soient incapables d’initiative et de travail.

Le peuple laotien, piis dans son ensemble, a besoin d’être guidé et soutenu avec fermeté et douceur tout à la fois; il faut, pour le conduire, suivant l’expression consacrée, « une main de fer dans un gant de velours ». Ce qu’il est nécessaire de lui faire comprendre pour en tirer parti, c’est que les améliorations qui lui sont proposées n’ont pour but que d’augmenter son bien-être, ce qu’il est loin, d’ailleurs, de dédaigner.

En prenant possession du Laos, nous avons, il faut l’espérer, assuré à Jamais sa sécurité. Le développement très appréciable de l’agriculture et du commerce en ces dernières années est la preuve que les habitants ont compris le but que nous poursuivons. Augmenter les ressources du pays pour y améliorer leur condition, telle est la

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