V. MARNAGE
— Géol. La cassure de la marne est terne, le plus souvent conchoïde, et sa texture généralement grumeleuse. Sèche, elle happe à la langue, est onctueuse au toucher, et se délite à l'air. Elle présente, du noir au blanc, toutes les teintes.
On distingue les marnes calcaires, qui contiennent au moins 50 p 100 de calcaire; les marnes argileuses (00 à 75 p. 100 d'argile), siliceuses, magnésiennes , etc. Les deux dernières sortes sont utilisées pour les amendements.
Marne (la), rivière de France, qui prend sa source dans la Haute-Marne, au plateau de Langres, arrose Chaumont, Vitry, Châlons, Epernay, où elle devient navigable, Château-Thierry, Meaux et se jette dans la Seine (riv. dr.) à Charenton ; 525 kil.
Mame (dép. de la), départ, formé d'une partie delà Champagne; préf. Châlons; sous-préf. Epernay, Reims, Sainte-Menehould, Vitry -le- François, 5 arr., 33 cant., 602 comm., 434.160 h. 6» région militaire; cour d'appel de Paris; évêché à Châlons, archevêché à Reims. Ce département doit son nom à la rivière qui l'arrose. Il tire ses principales ressources de ses vignobles, qui fournissent les fameux rins de Champagne, de ses carrières, des filatures et de l'industrie métallurgique.
Marne (dép. de la Haute-), départ, formé d'une partie de la Champagne, de la Bourgogne et de la Franche-Comté; prêt. Chaumont; sous-préf. Langres, Wassy; 3 arr., 28 cant., 550 comm. ; 222.000 h. Ce département doit son nom à sa position dans le bassin de la Marne. L'agriculture, les vignobles, l'exploitation des forêts, des carrières, la métallurgie sont ses principales ressources.
mamer [ne] v. a. Incorporer la marne au sol arable : on marne les terres trop sableuses.
mamer [né] v. n. Mar. Monter au-dessus du niveau ordinaire en parlant de la marée : la Méditerranée marne peu.
mameron n. m. Ouvrier employé dans une marnière.
Marnes-la-Coquette, comm. de Seine-et-
Oise, arr. et à 6 kil , de Versailles, à la lisière du parc de Saint-Cloud; 400 h. Château de Yilleneuveî'Etang, ancienne propriété de Napoléon III.
mameur n. et adj. m. Ouvrier qui marne les terres ou qui travaille dans une marnière.
mameux, euse [neû, eu-ze] adj. De la nature de la marne : sol marneux.
Mami (Jeanne Marnière, dite Jeanne), romancière françaiso et auteur dramatique, née à Toulouse en 1854.
mamière n. f. Carrière d'où l'on tire la marne : on exploite les marnieres à ciel ouvert ou par galeries souterraines.
Marnière (la Grande), roman par G. Ohnet (1885). Tandis que le riche Carvajan poursuit de sa haine le marquis de Clairefont, son fils Pascal s'éprend d'Antoinette la fille du marquis, et après avoir sauvé les Clairefont du déshonneur, obtient la main de la jeune fille. De ce roman intéressant et habilement construit, l'auteur a tiré une comédie en cinq actes (1888;.
Mamix (Philippe de), baron de Sainte-Aldeqonde, littérateur et diplomate, né à Bruxelles, m. à Leyde (1538-1598). Il seconda Guillaume d'Orange dans la lutte contre les Espagnols. Il composa le chant national Wilhelmuslied.
mamon n m. Tas de marne qu>> l'on dispose à la surface d'un champ pour les Incorporer au sol.
marOC [rok] n. m. Ancienne étoffe de laine.
Maroc [rok], Etat de l'Afrique septentrionale, borné au N. par la Méditerranée et le détroit de Gibraltar, à l'O. par l'océan Atlantique, au S. et au S.-E. par le désert du Sahara, au N.-E. par l'Algérie; 800.000 kil. carr. ; environ 8 millions d'h. (Marocains). Sol montagneux, traversé par le?
chaînes du Rif, du moyen Atlas, du grand Atlas et de l'Anti- Atlas, entre lesquels s'étendent des plaines agricoles. La population, composée de tribus sédentaires ou nomades, assez imp rfaitement soumises au pouvoir central, se comoose de Juifs, Nègres, Maures, Berbères et Arabes. Capit. Fez et Maroc. V. pr. Méquinez, Tanger, Tétouan, Mogador, Ai-Katar.
L'état d'anarchie qui régnait au Maroc détermina en 190V l'intervention de la France et de l'Espagne, mais l'Allemagne, au nom du principe de l'indépendance marocaine, provoqua la conférence d'Algésiras (1906), qui chargea notamment la France et l'Espagne du maintien de l'ordre au Maroc, d'où l'expédition entreprise en 1907.
Maroc ou Merrakech, une des deux capitales du Maroc: 45.000 h ^Marocains). Sur le Tensift, au pied du Haut-Atlas. Tanneries, fabriques de cuirs maroquins renommés.
Marocain, e \kin, i-ne], habitant ou origi-
Tjpe
s marocaine.
naire du Maroc ou de Maroc : les Marocains. Adjectiv. : les tribus marocaines sont très turbulentes.
Marœuil, comm. du Pas-de Calais, arr. et à 7 kil. d'Arras ; 1.450 h. Sucrerie, tissages.
Maroilles, comm. du Nord, arr. et à 13 kil. d'Avesnes, sur l'Helpe Mineure; 2.030 h. Ch. de f. N. Fromages dits marottes. Tanneries.
marolles [ro-le] n. m. Fromage estimé, de pâte grasse, d'une odeur et d'un goût forts, fabriqué à Maroilles (Nord).
Marolles (l'abbé Michel de), écrivain français, né à Marolles, près de Genillé (Indre-et-Loire), m. à Paris (1600-1681). Ses Mémoires sont le plus intéressant de ses ouvrages.
Marolles-les-Braults, ch.-i. de c. (Sarfhe),
arr. et à 34 kil. de Mamers, au-dessus du ruisseau de Malherbe; 2.010 h. Ch. de f. O. — Le cant. a 18 comm. et 9.750 h.
Maromme, ch.-l. de cant. (Seine-Inférieure), arr. et à 6 kil. de Rouen, sur le ruisseau du Cailly; 4. 000 h. (Marommais). Ch. de f. O. Patrie du maréchal Pélissier. — Le cant. à 13 comm., et 30.800 h.
maronage n. m. Droit de couper des bois pour la construction des vaisseaux.
Maroni (le), fleuve de la Guyane, séparant la Guyane française de la Guyane hollandaise; 680 kil. Il se jette dans l'Atlantique près de la colonie pénitentiaire de Saint-Laurent-du-Maroni.
maronier [ni-é] n. m. Au monastère du Mont- Saint-Bernard, frère lai qui sert de guide.
maronite n. et adj. Catholique du Liban : les Maronites parlent arabe.
— Encycl. Les maronites eurent pour fondateur, au vu» siècle, Jean Maroun ou Maron, qui leur laissa son nom. Ce sont des catholiques du rit syrien, qui vivent en Syrie sur le versan t O. du Liban, et dont plusieurs rameaux s'étendent à Damas, à Beyrouth et jusqu'à Alep.
Ils ont été longtemps en état de rivalité sanglante avec leurs voisins les Druses patriarcal
Maronites.
Leurs mœurs ont gardé un caractère
Qui fail
Pop.
maronnant [ro-nan], e adj
maronner ; wne pluie maronnante.
maronner [ro-né] v. n. Fam. Murmurer, gronder sourdement; rager. V. a. Dire en grondant: maronner des injures.
maroquin [kin] n. m. (de Maroc). Cuir de bouc ou de chèvre tanné et mis en couleur du côté de la fleur avec de la noix de galle ou du sumac. Papier maroquin, papier qui imite le maroquin. Mar. Gui servant à plusieurs palans de charge.
maroquinage [ki] n. m. Action de maroquiner. Son résultat.
maroquiner [ki-né] v. a. Apprêter à la manière du vrai maroquin : maroquiner du veau.
iVIAR
maroquinerie [ki-ne-ri]
n. f- Art de faire le maroquin.
Lieu où il se prépare. Commerce du maroquin. Objet en maroquin.
maroquinier [la-ni-é] n.
et adj. m. Ouvrier qui façonne des peaux en maroquin.
Maros, grande rivière de Transylvanie , descendue des Karpathes. Elle baigne Arad, Mika. et se jette dans laTheiss, près de Szegedin ; cours 029 kil.
Maros- Vasarhély,
v. d'Austro -Hongrie (Transylvanie), ch.-l. de eumitat, sur le Maros i 9 .100 h. Tabacs, vins.
Marot Jean), poète français né à Caen (vers 14S0-152V), écrivain recherché, mais intéressant auteur du Voyage de G nas, ftdu Voyage de Venise, où il raconte les deux expéditions de Louis XII en Italie.
Marot [ro] (Clément), poêle français, fils du précédent, ne à Cahors , m. à Turin (U95-1S44).
Il fut valet de chambre chez M a r g u e ritcd'Alençon, sœur de François Ier, puis chez le roi. Susp e c t de protestait tisme, il dit s'exiler vers
1 40. en Suisse, puis en Italie, à Ferrare, auprès de Renée de France. Citons, parmi ses œuvres : le Temple de Cupido, le Dialogue de deux amoureux, des Epigranunes, Ballades, Btrennes, une traduction des Psaumes, etc. Faible dans l'élégie, il excelle dans l'épigramme, et I il atteint souvent la perfection dans l'épitre familière, le rondeau, le madrigal et la ballade. Au fond, les poésies de Marot ne sont autre chose qu'une causerie facile en vers de dix syllabes, semée de mots vifs et d'éclairs de sensibilité, la causerie d'un poète gaulois, survivant des derniers trouvères. Elles manquent de force , et la pensée n'en soutient pas la verve mordante,
marotique adj. Qui imite le langage archaïque de Clément Marot, surtout par l'emploi de certains mots vieillis, tombés en désuétude: le style marotique.
marotiser [zé] v. n. Fam. Ecrire en style marotique.
marotisme [tis-me] n. m. Imitation du style de Marot.
marotiste [lis-te] adj. et n. Personne qui imite le style marotique.
marotte [ro-te] n. f. (forme diminutive de Marie). Espèce de sceptre, surmonté d'une tête
Marot.
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