‹ Le Larousse pour tousChapitre 152 sur 979 · MÉM · texte numérisé non relu

MÉM

Mémoires de la cour de France, par M*' de La Fayette, comprenant les années 1088 et 1089, lecture aussi agréable qu'instructive.

Mémoires du comte de Gramont, par

Ant. llamilton, livre original, d'un esprit Léger et fin ; le héros était le beau-frère do l'auteur (1713).

Mémoires de Saint-Simon, ouvrage célèbre, qui introduit le lecteur dans l'intimité du xvn« et du xviii» siècle, remarquable par l'énergie des peintures, le pittoresque et la propriété de l'expression ; récit passionné et incorrect dans son éloquence naturelle, où l'on trouve « le style de cour dans un homme de génie, le style sans frein dans un homme plein d'honneur et de vertu, une âme mise à nu ». En tant que source historique, ils doivent être lus avec précaution; Saint-Simon, en effet, mécontent du gouvernement de Louis XIV, est sévère à l'excès pour tous les anciens serviteurs du grand roi, et souvent affecté, dans ses jugements, par son parti pris aristocratique.

Mémoires de Mme de Staal de Launay, œuvre d'une femme de grand esprit et d'un esprit délicat ; tableau intéressant de la petite cour de la duchesse du Maine. Le styl3 en est d'une fermeté et d'une précision remarquables (xvme siècle).

Mémoires historiques de Frédéric II, roi de Prusse, écrits ent'rançais, ouvrage qui placcl'autem' au premier rang parmi les historiens de son temps. Leroiy témoigne d'une perspicacité remarquable dans les jugements qu'il porte sur ses contemporains.

Mémoires de Beaumarchais, factums judiciaires, pleins de malice et d'intérêt ; ces chefs-d'œuvre de plaisanterie et de dialectique passionnée obtinrent un succès d'enthousiasme (1774-1775).

Mémoires de Marmontel, composés pour l'instruction de ses enfants ; livre intéressant surtout au point de vue de l'histoire littéraire, et qui est le meilleur ouvrage de l'auteur (1798).

Mémoires de M"' Roland, écrits pendant son incarcération, sous la Terreur; pages intéressantes surtout pour l'histoire de sa jeunesse et celle des deux ministères de son mari. Ils furent publiés en l'an VII.

Mémoires de Napoléon, récits dictés à Sainte- Hélène et traitant notamment des campagnes de la Révolution et de l'Empire. Les événements militaires y sont parfois un peu défigurés, dans une pensée d'apologie personnelle; mais les jugements sur les hommes de la Révolution et du début du xix« siècle y sont d'une profonde vérité, et l'ensemble est digne d'un grand homme et aussi d'un grand écrivain (1823-1847).

Mémoires d'Outre-tombe, par Chateaubriand. Ils furent écrits de 1831 à 1836 et publiés après sa mort dans la Presse (1849-1830). L'orgueil de l'auteur s'y étale avec excès, mais l'ouvrage a des parties qui comptent parmi les plus belles qu'il ait écrites, et certains passages, ceux notamment qui ont trait à l'histoire de l'émigration, présentent un intérêt documentaire considérable,

mémorable adj. (lat. memorabiUs). Digne de mémoire : acte mémorable.

Mémorables de Socrate. V. Entretiens mémorables.

mémorablement [man] adv. D'une manière mémorable.

mémorandum [dorn'] n. m. (du lat. mémorandum, signif. chose qu'on doit se rappeler). Note diplomatique, contenant l'exposé sommaire de l'état d'une question. Note qu'on prend d'une chose que l'on ne veut pas oublier. Carnet sur lequel on écrit des notes de ce genre. Ordre d'achat de marchandises rédigé par le commerçant et remis par ses commis aux fournisseurs. PI. des mémorandums.

mémoratif, ive adj. (du lat. memorare, remettre en mémoire). Qui concerne la mémoire : faculté mémorative. Qui se souvient. (Peu us.)

mémorer [ri] v. a. (lat. memorare). Rappeler: mémorer un fait.

mémorial n. m. Mémoire servant à l'instruction d'une affaire diplomatique. Livrejournal d'un commerçant, d'un banquier.

Ouvrage dans lequel sont consignés certains faits mémorables (en ce sens, prend une majuscule) : le Mémorial de Sainte- Hélène. Thèol. Ce qui sert à consacrer la mémoire de Dieu ou de ses actes.

Mémorial de Sainte-Hélène, ouvrage de Las Cases ; c'est le journal des entretiens de Napoléon 1er, SUr toutes les époques de son histoire. Le livre est d'une lecture attachante, et de nombreux témoignages en ont attesté l'exactitude. Mais il faut se prémunir contre l'enthousiaste admiration que Las Cases professait à l'égard de l'empereur (1823).

mémorialiste [lis-te] n. m. Auteur de Mémoires historiques.

mémorisation [za-si-ori] n. f. Travail de la mémoire. Action de fixer dans la mémoire.

MemphiS [min-fiss], v. de l'ancienne Egypte, dont elle fut la capitale. Elle fut fondée par Menés sur les bords du Nil et compta jusqu'à 700.000 h. (Memphites). Sur son emplacement s'élève aujourd'hui le bourg de Mit-Rahinèh, qui compte 3.200h. Mariette, Maspero et de Morgan ont mis au jour les substructions d'une parti.' des monuments de l'antique ville.

MemphiS, v. des Etats-Unis 'Etat de Tennessee), port fluvial, sur le Mississipi; 114.000 h. Grande industrie.

memphitique [min] adj. Qui appartient à Mempbis. (Se dit du dialecte égyptien qu'on parlait à Memphis.)

Mena (Juan de), poète espagnol, né à Cordoue, m. à Torrelaguna 1411-1456 . auteur du Labyrintho, ail, -cru imitée de Dante.

menable adj. Qui peut être mené.

Menabrea (Louis-Frédéric), général et homme d'Etat italien, né à Chambéry, m. à Saint-Cassin (1809-1896). Il fut longtemps ambassadeur à Paris, et servit de toutes ses forces l'entente franco-italienne.

menaçant [sari], e adj. Qui exprime la menace: prendre un ton menaçant. Qui parait devoir être

malheureux : un avenir menaçant. Temps menaçant,

circonstances atmosphériques qui font prévoir un orage prochain. Asi, Rassurant.

menace n. f. (lat. minacia). Parole on

annonçant à quelqu'un le mal qu'on veut lui la menace irrite le courage. Menaces en l'air, celles que l'on n'a pas l'intention ou la possibilité d'su plir. Fin. Imminence ou présage d'un danger : aper cevoir à l'horizon des menaces d'orage,

— Encyci.. JJr. Les menaces sont prévues et réprimées par le Code pénal, qui gradue les peines selon que les menaces se produisent par écrit ou verbalement, selon qu'elles sont pures et simplet ou accompagnées d'un ordre ou d'une condition, enfin selon le fait sur lequel elles portent a sinat, violences, etc.).

La menace de destruction à l'aide d'explosifs el la menace d'incendie sont punies de la peine portée contre la menace d'assassinat.

Les menaces à un magistrat, il un officier ministériel ou agent dépositaire de la force publique, sont considérées et punies comme outrages. V. OUTRAGE.

Les menaces constituent une circonstance aggravante du délit de mendicité.

menacé n. m. Feinte faite à l'adversaire pour l'obliger a se fendre.

menacer [se] v. a. (Prend une cédille sous le c devant a et o : il menaça, nous menaçons,) Faire des menaces : menacer quelqu'un de sa colère. Fin. Faire craindre : le temps nous menace d'un orage; la révolte menace de s'accroître. Mettre en péril : dangei qui menace la rie. Menacer ruine, être dans un état de délabrement qui présage une chute prochaine. l'oit. Menacer le ciel, s'élever très haut : tour qui menace le ciel. Ant. Rassurer.

menaceur, euse [eu-ze]n. Personne qui fait,

qui a l'habitude de l'aire des menaces.

ménade n. f. (gr. mainas. n. myth.). Bacchante : les ménailes tuèrent Orphée. Fia. Femme qui a l'esprit troublé, en fureur. Femme dissolue ou acariâtre.

ménage n. m. Action de mener : le ménage des chevaux.

ménage n. m. (lat. pop. mansionalicum). Ensemble des soins, des travaux de la maison : vaquer au ménage. Mobilier et ustensiles nécessaires à la vie domestique : acheter un ménage complet. Vie commune de l'homme et de la femme : entrer en ménage. Tous ceux qui composent une famille : ménage de huit personnes. Mari et femme dans leur vie commune : un jeune ménage. Ménage à trois, le mari, la femme et l'amant. Administration des revenus domestiques. (Vx.) Epargne, économie. Vivre de ménage, avec économie. (Vx.) Faire bon ménage , s'accorder. Femme de ménage, femme qui, sans être domestique dans une famille , vient y vaquer aux soins du ménage. Faire des ménages, être femme de ménage. Toile, pain, etc. de ménage, fabriqué à la maison, et, par e.rt., ordinaire, économique.

Ménage (Gilles), littérateur français, né à Angers, m. à Paris (1613-1692), qui s'est surtout occupé des élymologies et des règles de notre langue. Son principal ouvrage a pour titre : les Origines de la langue française. Il a laissé des vers français et italiens. 11 fut le maître de Mme de Sévigné. Ses bons mots sont réunis dans la Menagiana.

Ménage de garçon (un), roman de Balzac (1842i, une de ses meilleures œuvres par la richesse, la puissance etl'unité des caractères. V. Rabouilleuse.

Ménage du menuisier {le) , chef-d'œuvre de Rembrandt, au Louvre. Ce délicieux tableau a été

Le Ménage du menuisier, d'après Rembrandt.

souvent désigné comme représentant une Sainte. Famille.

ménageable [ja-ble] adj. Qui peut ou doit être ménagé : la santé est ménageable.

ménagement [man] n. m. Circonspection.

précaution, réserve : annoncer une pénible nouvelle

avec det ménagements Action de régler les choses avec mesure. f\*x en ce sens;.

ménager \jê] V. a. (de ménage. — Prend un e muet après le g devant a et o : il ménagea, n<. nageons.) Régler avec précaution : ménager une négociation. Amener avec un certain art: ménager son dénouement. Procurer, faciliter: ménager une tntrevue. Réserver une place: ménager un escalier dans le mur. Employer avec économie -.ménager son argent, sa santé. Ne pas exposer : Turenne ménageait ses si, Uni';. Traiter avec circonspection et égards : ménager les sots. Ne pas accabler : ménager un adversaire. Ménager ses paroles, parler peu. Ménager ses ';" <iOTU parler avec circonspection. Ménager le temps, en faire bon emploi, àl inager sa voix, la bien conduire. N'avoir rien à ménager, plus de mesure à garder. Bien ménagea t'ombre et la lumière dans un tableau, ti ■ incident dans un ouvrage, les distribuer habilement. Pr.ov. : Qui veut aller loin, ménage sa monture, il faut user avec modération de choses dont on veut se servir longtemps. Ant. Brusquer, prodiguer.

ménager >;. ère adj. Qui a rapport au ménage : les travail i ménagers. Qui entend le ménage, l'économie : une femme ménagère. Qui ménag. tique ménager de ses éloges. N. f. Femme qui a soin du ménage : une bonne ménagère. Servante qui fait un ménage. Fam. Epouse. Support qui porte les burettes à huile, a vinaigre, la salière, la poivrière, etc.

ménagerie [rt] n. f. (de ménager). Collection d'animaux de toute espèce, entretenus pour l'étude ou pour la curiosité. Lieu où se trouvent ces animaux. Collection foraine et ambulante d'animaux. Jouet qui consiste dans la réunion d'animaux en bois, en caoutchouc. Anciennem. Etable, basse-cour.

ménageur, euse \eu-ze] n. Personne qui ménage, qui prend des ménagements. (Peu us).

ménagier [ji-é] a, m. Au moyen âge, traité de morale et d'économie domestique.

Menai [nè\ (détroit de), détroit qui sépare l'île d'Anglesey de l'Angleterre. Sa largeur varie de 200 à 400 mètres, pour 25 kilomètres de longueur. 11 est traversé par deux ponts.

menaïca

[mé-na-i ha] n f.

Embarcation, en usage dans le sud de l'Italie, allant à la voile ou à l'aviron.

menaisien, enne

[nè-zi-in, è-ne\ adj. Qui appartient a Lamennais ou à sa doctrine. :

Ménam,

Mé-Kam ou :

, , » i r% .U1. Udll.il.

(le). grand fleuve

de l'Indo-Chine, qui arrose le Laos, passe à Bangkok et se jette dans le golfe de Siam par un delta très allongé; 1.200 kil.

Menandre, poète comique grec, né et m. à Athènes, élève de Théophrasle, le représentant le plus célèbre de la Comédie moyenne. La presque totalité de ses œuvres est perdue; elle est surfout connue par les imitations qu'en a faites Térence. Pourtant d'importants fragments de ses comédies ont été retrouvés en 1907. Ménandre avait le don du pathétique aussi bien que de l'invention comique, et il fut un peintre de moeurs incomparable (342-292 av. J.-C).

menant [non], e adj. Qui a la propriété de mener, de conduire.

Menant [nan] (Joachim), assyriologue français, né à Cherbourg, m. a Paris (1820-1899). On lui doit des travaux sur le déchiffrement des écritures cunéiformes et sur l'histoire de la Chaldée et de l'Assyrie.

Ménard (Louis-Nicolas), chimiste et écrivain français, né et m. à Paris (1822-1901). On lui doit la découverte du collodion- Admirateur passionné de l'hellénisme, il a écrit des vers, et de curieuses études de philosophie et d'histoire religieuse : Rêveries d'un païen mystique, De la morale avant les philosophes, Etudes sur les origines du christianisme. — Son frère René, peintre et critique d'art français, né et m. h Paris (1827-1887); a publié : Histoire des beaux-arts, Vie privée des anciens. — Le fils de celui-ci, le peintre EMii.E-flené, né à Paris en 1802, a exécuté des paysages antiques d'un grand style.

Menât (no], ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), arr. et à 37 kil. de Riom ; 1.290 h. — Le cant. a 12 comm. et 10.100 h.

Mencius. v. meno-Tseu.

mendaïte ou mandaïte [man-da-i-te] ou

mendéen [man-dé-in] n. m. Membre d'une secte très ancienne qui habite l'Arabie, les bords du golfe Persique, et qui mêle au culte de saint Jean-Baptiste et de la Croix des théories gnostiques.

Mendana [min] (archipel de). V. Marquises.

Mende [man-de], ch.-l. du dép. de la Lozère, sur le Lot, au pied du cnusse de Mende ; eh. de f.Orl., a 650 kil. de Paris; 7. 000 h.

[Mendoisj. Evèehé. Serges. — L'arr.a7 cant., 67 comm, 49.600 h.; le cant. a 10 comm., et 1 2.010 h.

Mendéléev ( Dimitri-Ivanovitch ), chimiste russe, né à Tobolsk en 1834, m. à Moscou en 1906. On lui doit une loi célèbre sur les poids atomiques.

mendélien, enne [man-dé-li-in, è-ne] adj. (de Mendel, n. pr.). Seditd'une forme d'hérédité discontinue, qui aboutit à la disjonction des caractères.

— Encyci.. Quand on croise deux plantes, l'une à fleurs blanches, l'autre à fleurs rouges, si les produits des croisements ont tous des fleurs rouges, on dit que la couleur rouge est le caractère dominant ou mendélien : la couleur blanche est le caractère dominé. A la seconde génération, les caractères dominant et dominé se disjoignent si bien que l'on a 25 pour 100 de fleurs blanches.

Armes de Mende.

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