‹ Le Larousse pour tousChapitre 549 sur 979 · V. BILLET DE BANQUE · texte numérisé non relu

V. BILLET DE BANQUE

Prosper Tiro ou d'Aquitaine, théologien

et chroniqueur français du v< siècle, correspondant de saint Augustin et de saint Hilaire.

prospérant [pros-pé-ran], e adj. Qui est en <Hat de prospérité.

prospère [pros-pè-re] adj. (lat. prospéras Favorable au succès : destinée prospère. Favorisé par le succès : maison prospère.

prospèrement [pros-pt-rc-man] adv. D'une façon prospère.

prospérer [pros-pé-ré] v. n. (de prospère. — Se conj. comme accélérer.) Avoir du succès. Devenir florissant : les arts ne prospèrent point sans la richesse. Fig. Croître, s'étendre : plante qui prospère dans tous les sols.

prospérité pros-pé] n. f. (lat. prosperitat Etat de celui . de ce qui prospère. Evénement heureux : les grandes prospérités nous aveuglent. Tarn. Avoir un visage de prospérité, être gras, bien portant.

prOSphySS [pros-fi-se] n. f. 'du gr. prospbusis. adjonction). Adhérence anormale. Jiot. Nom donné aux filets minces entremêlés aux corps reproducteurs des mousses et des hépatiques.

PrOSSnitZ, ville d'Autrich" (Moravie); 23.000 h. Fabrication de cotonnades; malteries.

prostatalgie [vros-ta-tal-jt] n. f. (de prostate, et du gr. algos, douleur). Douleur dans la prostate.

prostate n. f. (dugr. prostates, qui est placé devant). Corps glanduleux propre au sexe masculin,

PRO

de Proserpine, d'après Cli. de Lalosse.

qui enveloppe le col vésical et la première partie de l'urètre.

— Encycl. La prostate offre la forme et le volume d'un marron; elle est située dans la région supérieure du périnée. La prostate se compose d'une partie sécrétante produisant le liquide prostatique. A la suite d'urétrites chroniques, la prostate peut s'enllammer.

L'affection la plus fréquente est l'hypertrophie de la prostate, qui se rencontre chez les vieillards artérioscléreux, et qui donne lieu à des lésions inflammatoires et chroniques : cystite, urétérite, pyélite, néphrite. Le traitement consiste à inciser les abcès formés et à enlever, s'il est nécessaire, la prostate.

prostatectomie [pros-la-tik-to-mi] n. f. (de prostate, et du gr. aktomè, section). Ablation partielle de la prostate.

prostatique [pros-la-ti-ke] adj. Qui a rapport à la prostate.

prostatite [prqs-ta] n. f. Inflammation de la prostate.

proStatOCèle [pros-ta] n. f. (de prostate, et du gr. kèl*, tumeur). Tumeur de la prostate.

prostatolithe [pros-ta] n. f. (de prostate, et du gr lithos, pierre). Calcul de la prostate.

prostatorrhee [pros-ta-to-ré] n. f. (de prostate, et du gr. rhein, couleur). Ecoulement morbide provenant de la prostate.

proStemme \pros-tè-me] n.m. Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, à élytres rouges, qui vivent dans l'ancien monde.

prosternation [pros-tèr^na-si-on] n. f. ou

prosternement [pros-tèr-ne-man] n. m. Action de se prosterner. Etat d'une personne prosternée.

prosterner [pros-tèr-né] v. a. (lat. proslernere ; de pro, devant, et sternere, étendre). Etendre à terre, en signe d'adoration, d'humble respect: le repentir prosterne le coupable. Se prosterner v. pr. Se coucher à terre, se courber jusqu'à terre : se prosterner devant l'autel ; se prosterner devant les puissants.

pi'OSternum [pros-tèr-nom'] n. m. (préf. pro, ctslernu m). Face inférieure du pro thorax des insectes.

prosthèse [pros-té-ze] n. f. ( .t. prosthesis). Grain. Addition d'une lettre au commencement d'un mot. Lettre ainsi ajoutée : é est une prosthèse dans écrire, étude, puisque le latin dit scribere, studium. Chir. Syn. de prothèse.

prostituée \pros-ti-tu-é] n. f. (de prostituer). Femme de mauvaise vie.

prostituer [pros-ti-tu-é] v. a. (lat. prostituere). Li-rer à l'impudicité d'autrui : prostituer unejeune fille. Avilir, dégrader -.prostituer son talent. Se prostituer v. pr. Se livrer a l'impudicité d'autrui.

prostitueur, euse [pros-ti, eu-ze] n. Personne qui fait métier de livrer autrui à la prostitution.

prOStitUteur [pros-ti] n. m. 'lat. prostilutor). Celui qui prostitue, au prop. et au fig.

prostitution 'jiros-ti tu si-on] n. f. (lat. prostitutio). Métier qui consiste à livrer son corps aux plaisirs du public pour de l'argent. Maison deproslitution, maison de femmes qui font métier de se livrer à la débauche publique. Usage dégradant, infâme qu'on fait d'une chose : la prostitution du talent.

— Encycl. Dr. La prostitution n'est pas considérée comme illicite en elle-même. Mais, dans l'intérêt de la santé et de l'ordre publics, l'autorité municipale a le droit d'édicter, par voie d'arrêtés, toutes mesures nécessaires pour la surveillance et la réglementation de la prostitution.

D'autre part, sous des conditions de surveillance sévères, est admise l'existence des maisons de proslitution, que l'on appelle aussi « maisons de tolérance », à raison delà tolérance de l'administration quant à leur existence.

Ceux qui, de façon habituelle, excitent, favorisent ou facilitent la débauche ou la corruption de la jeunesse, de l'un ou de l'autre sexe au-dessous de l'âge de vingt et un ans ; ceux qui se livrent à l'embauchage en vue de la débauche de filles ou femmes mineures, même avec leur consentement, OU bien, soit par fraude, soit à l'aide d'un moyeu de contrainte, de filles ou femmes majeures ; ceux qui retiennent contre son gré, même pour causes de dettes contractées, une personne, même maleure, dans une maison de débauche, ou la contraignent à se livrer à la prostitution, sont passibles d'un emprisonnement de six mois a trois ans et d'une amende de )j0 francs à 5.000 francs. Si la prostitution a été favorisée par les père, mère, ou autres

Prostyle.

ascendants, les tuteurs, les précepteurs ou serviteur.-; à gage, les fonctionnaires, les ministres des cultes, la peine de l'emprisonnement est de trois ans à cinq ans. Pour réprimer le commerce auquel certains individus se livrent sur de malheureuses filles, qu'ils attirent loin de leur pays par de flatteuses promesses, puis qu'ils livrent une fois dépaysées à la prostitution, la convention de Paris du 18 mai PJU'f a édicté des mesures pour assurer une protection efficace contre le trafic connu sous le nom de traite des blanches.

prostration [pros-tra-si-on] n. f. (lat. proStra tio). Action de se prosterner. Fig. Abattement extrême, accablement: laprostration des forces.

prostré [pros-tré], e adj. (du lat. prostratus. renversé). Abattu, sans force.

prostyle [pros-ti-lé] n. m. (du gr. pro, devant, et stulos, colonne). Archit. anc. Façade d'un temple orné de colonnes sur le devant seulement. Vestibule formé par ces colonnes. Adjectiv. : temple prostgle.

prOStype [pros-ti-pe] n. m. (du préf. pro, et du gr. stupos, souche).

Bot. Cordon vasculaire, qui pénètre entre les lames du ligament propre d'une graine.

prOSUle [pro-zu-le] n. f. (dira, de prose). Liturg. Petite prose.

prosyllogisme [prosii-lo-jis-

nie] n. m. (préf. pro, et syllogisme). Syllogisme dont la conclusion sert de majeure a un second syllogisme. Cette conclusion elle-même.

Suite de syllogismes s'enchaînant de cette façon,

prosyllogistique [pro-sil-lo-jis-ti-ke] adj.

Qui a le caractère d'un prosyllogisme.

prosynodal, e, aux adj. Qui précède un synode.

protagoniste [m's-te]n. m. (gr. protagonistes; de prôtos, premier, et agon, combat). Principal acteur. Fig. Promoteur, pionnier, fauteur.

Protagoras, sophiste grec, né à Abdère (485- 411 av. J.-C). Il enseigna longtemps à Athènes, d'où il dut s'enfuir sous l'accusation d'impiété.

Protagoras (le) ou les Sophistes, dialogue de Platon, une des plus charmantes et des plus vivantes de ses œuvres, dirigée contre les sophistes, à propos de cette question: Si la vertu peut s'enseigner (vers 390 av. J.-C.)

Protais (saint). V. Gervais.

ProtaiS (Alexandre Paul), peintre français, né et m. à Paris (1826-1890) ; auteur de tableaux militaires de beaucoup de vérité et de puissance : le Bataillon carré, les Deux blessés, le Malin avant l attaque, le Soir après le combat, etc., de panoramas, etc.

protamine n. f. (préf.

prolo, et. am ine). Base extraite de la laitance de poisson.

protandreadj.(dupréf.

prolo, et du gr. anrr, anclros, mâle). Bot. Se dit des fleurs hermaphrodites chez lesquelles les étamines arrivent à la maturité avant le pistil.

protandrie [drt] n. f.

Ensemble des plantes dont les fleurs sont protandres.

protargol n. m. Sel d'argent, employé en médecine.

protase [ta-ze] n. f. (gr. protasis). Littér. anc. Exposition d'une pièce de théâtre, lihèt. Première partie d'une période. Majeure d'un syllogisme.

protatique adj. Relatif à la protase.

prote n. m. (du gr. prôtos, premier). Directeur et surveillant des travaux, dans une imprimerie.

protéacées [se] n. f. pi. Famille de plantes dicotylédones apétales superovariées , dont on connaît un millier d'espèces, qui croissent dans les régions chaudes du globe, et dont le genre prolée est le type. S. une prolèacée.

protecteur, trice [(è/c] n. (lat. proteetor,

trix). Personne qui protège. N. m. Nom donné aux cardinaux chargés de veiller, à Rome, sur les intérêts de certains pays ou de certains hommes. En Angleterre, titre donné à certains régents, et pris aussi par Cromwell et par son fils (en ce sens, prend une majuscule). Homme qui entretient une femme. Adj. Techn. Qui sert à protéger : cuirasse protectrice. Qui convient à un protecteur : air protecteur. Econ. polit. Système protecteur, système économique qui favorise l'industrie indigène en grevant les produits étrangers de droits plus ou moins élevés. Ant. Oppresseur, tyran.

protection [tèh-si-on] n. f. (lat. protectio). Action de protéger, appui, secours : solliciter la protection de quelqu'un. Personnage qui protège : arriver par les protections. Prendre sous sa protection, se charger de protéger, de défendre, d'aider, etc. EC071. polit. Ensemble des mesures que met en vigueur le système protecteur. Ant Oppression, tyrannie, hostilité.

protectionnisme [tèk-si-o-nis-me] n. m.

Ei on. polit. Système protecteur. (V. protectionniste.) Ant. Libre-échange.

— Encycl. V. libre-éciianoe.

protectionniste [lèk-si-o-nis-te] adj. Relatif

au protectionnisme. N. m. Partisan de ce système. Ant. Libre-échangiste.

— Encycl. Les protectionnistes sont ceux qui veulent accorder aux produits de l'industrie nationale le monopole du marché intérieur en frappant de taxes plus ou moins élevées les produits de l'industrie étrangère. Ces taxes ayant pour objet d'augmenter le prix des produits, il en résulte que les droits du consommateur se trouvent lésés au profit des fabricants. Au contraire, les libre-échangistes sont opposés à toute protection de l'industrie nationale et partisans de la libre concurrence; ils sou tiennent que l'avantage du consommateur ne doit en aucun cas être sacrifié à celui du producteur el que la masse de la nation ne doit pas •tir obligée de payer plus cher les produits dont elle a besoin, par

ProLais.

PRO

PRO

la seule raieonque les fabricants du paya ne onl pas en mesure de soutenir la concurrence étrange]

protectoral, e, aux [tek-to] ad]. Qui a rapport au protecteur ou au protectorat.

protectorat [tUt-to-ra] n. m. (du ];il . iiruirrhïi. protecteur). Dlgnitédcprotecteur. Gouvernement d'un Protecteur, tel que celui qui fut instauré parCromwell, en Angleterre, après la mort de Charles l". Situation d'un Etat étranger place; sous l'autorité d'un autre Etat, notamment pour tout, ce qui concerne ses relations extérieures : la Tunisie et l'Annam sont placés sous le protectorat de la France.

— ENCYCL. Iir. En général, l'exercice de la souveraineté extérieure de l'Etat protégé appartient à l'Etat protecteur ; parfois, aussi, certains droits dépendant de la souveraineté intérieure, comme l'administration de la justice, la perception de certains impôts et le commandement militaire, sont remis à l'Etat protecteur. Bien souvent, l'établissement d'un protectorat est un acheminement vers une annexion. Le type du protectorat est celui qui appartient à la France sur la Tunisie.

protectorerie [tek to re-rt] n. f. Dignité de

cardinal protecteur, à la cour de Rome.

Protee [lé] dieu marin qui avait reçu de Neptune, son père, dont il gardait les troupeaux monstrueux, le don de prophétie; mais il refusait souvent de parler, et, pour échapper à ceux qui le pressaient de questions, il changeait de l'orme à volonté. Il figure dans un épisode célèbre des Géorgiques, où Aristée l'obligea à lui indiquer les moyens de se procurer des essaims d'abeilles.

protèe [zc|n.m.(de/VoZee,myth.). Personne qui change continuellement de manières, d'opinion, par allusion au Protée de la Fable. Chose éminemment changeante, excessivement variable.

protee n. f. Genre type de la famille des protéacées, renfermant des plantes du Cap et de l'Australie, souvent cultivées en serre pour leurs fleurs purpurines, roses ou vertes : La protee à grandes fleurs, originaire du Cap, fournit un bois qui sert à faire les roues de voitures.

protée n. m. Genre d'amphibies pérennibranches, propres aux nappes d'eau souterraines de la Carniole et de la Dalmatie. (V. la planche reptiles.)

protégé, e n. Qui a un protecteur : les protégés du ministre.

protège-mine n. m. invar. Portecrayon dans le manche duquel on introduit la pointe taillée du crayon, pour éviter de briser la pointe de la mine.

protège -pointe ou protège - pointes

n. m. Toutes parties d'un instrument quelconque destinée à en protéger la ou les pointes.

protéger \jé] v. a. (lat. protegere. — Se conj. comme abréger.) Prendre la défense de quelqu'un, de quelque chose : protégez les faibles. Appuyer, recommander : protéger un candidat. Donner des encouragements : protéger les lettres. Garantir, défendre : des forts nombreux protègent Paris. Ant. Tyranniser.

protéiforme adj. (de profée, et forme). Qui change de forme très fréquemment.

protéine n. f. Composé résultant de l'action de la potasse sur les albuminoïdes.

protéique [té-i-ke] adj. (de protée). Qui change souvent de forme. Se dit de certaines albumines.

protéisme [is-me] n. m. Tendance à prendre des formes variées.

protèle n. m. Genre de mammifères carnassiers, voisins des hyènes, propres à l'Afrique du Sud.

pro tempore, mots lat- signif. : Selon le temps: agissez pro tempore.

protéolyse [li-ze]

n. f. (de protée, et du gr. lusis, dissolution).

Hydratation et dédoublement des albuminoïdes, sous l'influence Protèle.

de certaines conditions physico-chimiques et des ferments solubles.

protéolytique adj. Se dit des agents qui hydratent et dédoublent les albuminoïdes.

protéroglyphe adj. (du gr proteros, le premier, et gluphe, gravure). Qui possède des dents venimeuses cannelées, placées en avant de la mâchoire supérieure. N. m. pi. Sous-ordre de reptiles ophidiens, comprenant ceux qui, comme les najas, les élaps, etc., ont des dents venimeuses cannelées, situées en avant de la mâchoire, avec, en arrière, des dents pleines à crochets. S. un protéroglyphe,

ProtésilaS [si-£ass], héros thessalien.le premier des guerriers grecs qui mit le pied sur le sol troyen. Il fut tué par Hector. Sa femme Laodamie obtint des dieux infernaux la faveur d'une dernière entrevue avec son époux. Mais le héros, ramené sur la terre par Hermès, mourut bientôt une seconde fois, et Laodamie rendit l'âme presque aussitôt.

protestable [tès-ta-ble] adj. Qui peut être protesté : effet protestable.

protestant [tés-tan], 6 n. (de protester). Nom donné aux partisans de la Réforme : les prolestants se liguèrent a Smalkalde contre Charles-Quint. Adj. : religion protestante.

protestantiser [tès-tan-ti-zé] v. a. Rendre protestant.

protestantisme [tes-tan-tis-me] n. m. Croyance des protestants : Luther fut le fondateur du protestantisme allemand. Ensemble des protestants.

— Encycl. On désigne sous le nom de protestantisme l'ensemble des doctrines et des sectes religieuses issues de la Réforme, soit que ces sectes aient été alors formées par les catholiques qui se séparèrent de l'Eglise romaine en protestant au nom de l'Evangile et de la raison, soit qu'elles aient pris naissance dans la suite au sein des communions protestantes elles-mêmes. Les principales branches du protestantisme sont: 1" le luthéranisme, professé en Prusse, Suéde, Danemark, etc. ; 2° le calvinisme, qui se distingue surtout du luthéranisme par l'organisation extérieure; 3° le presbglérianisme ou calvinisme écossais, etc.

Malgré leur multiplicité, les Eglises protestantes rentrent dans quelques types, qui sont assez peu nombreux : le type luthérien, le type anglican, le

type réformé, calvim u etwri bytérien, le type con onniste, \- ni"' méthodiste, le type morave. Les divergenc i ent telles entre proti catholiqui peuvent i grouper sous trois chefs principaux.

1 lie/initiiin de lu foi. L'Eglise catholique se considère comme seul.' juge et gardienne de la vérité révélée, contenue dans l'Ecriture; le protestantisme place le critérium de la foi dans l'Ecriture, consultée et Interprétée parla raison individuelle.

u. Caractères internes de la doctrine. Les proie tants, particulièrement les calvinistes, reprennent dans toute sa vigueur le dogme du péché originel et de la prédestination. La foi devient, au lieu des œuvres, le principal moyen pour l'homme d'échapper à la damnation. Le nombre des sacrements est limité au baptême et à 1 eucharistie. Dans toutes les Eglises, la croyance au purgatoire et à la présence réelle est niée. Le culte des images, des saints et de la Vierge est proscrit.

III. Discipline et culte. Le protestantisme se distingue de la religion catholique par la participation plus grande des fidèles dans le gouvernement de l'Eglise, par la forme représentative qu'affectent les Eglises (élection des pasteurs, etc.), par la suppression du célibat ecclésiastique.

En France, après les guerres de religion, la situation des protestants l'ut nettement définie cl garantie par les édits de Nantes (15<J8j et d' A lais (1629) ; mais, sous Louis XIV, les réformés furent odieusement persécutés, et la révocation de l'édit de Nantes (1085) eut pour conséquence de priver notre pays d'au moins 500.000 habitants, qui allèrent portera l'étranger leursavoiret leur industrie. (V. dragonnades, . amisard.) La Révolution rendit aux protestants l'intégralité de leurs droits politiques et civils.

protestataire [tès-ta-tè-re] n. et adj. Personne qui proteste, qui fait une protestation.

protestation [tes-ta-si-on] n. f. (lat. protesta tio). Déclaration en forme, par laquelle on s'élève contre une chose : protestation par-devant notaire. Ecrit qui le contient : déchirer une protestation. Action par laquelle on dresse un protêt : protestation de traite. Promesse, assurance positive ■.protestation d'amitié, de dévouement.

protestationnisme [tès-ta-si-o-nis-mé] n. m.

Polit. Syn. de protestataire.

protestatoire [tès-ta] adj. Qui a la forme ou la valeur dune protestation : pétition protestatoire.

protester [tés-té] v. a. (lat. prolestari). Assurer fortement, publiquement -.protester à quelqu'un qu'on ne l'abandonnera pas. Faire un protêt : prolester un billet. Faire un protêt contre quelqu'un : protester un commerçant. V. n. S'élever, réclamer : protester contre une' injustice. Avoir la valeur, l'effet d'une protestation : le progrés proteste contre l'intolérance. Protester d;, donner l'assurance formelle de : protester de sa bonne foi.

protêt [te] n. m. (de protester). Acte par lequel le porteur d'un billet à ordre ou d'une lettre de change fait constater le refus de payement ou d'acceptation de la part du souscripteur ou du tiré.

— Encycl. Dr. Le protêt, acte d'un officier public (huissier ou notaire) est destiné à constater soit le refus d'acceptation d'une lettre de change par la personne sur laquelle elle est tirée, soit le refus de payement à l'échéance d'une lettre de change ou de tout autre effet de commerce négociable par voie d'endossement. L'acte de protêt contient la copie littérale de l'effet protesté, la sommation de payer faite au débiteur à son domicile, et les motifs de refus articulés par ce dernier. L'acte prend le nom distinclif de protêt faute d'acceptation dans le premier cas, et de protêt faute de payement dans le second.

Le protêt pour non-payement doit être fait le lendemain du jour de l'échéance, et si le lendemain est un jour férié, le jour suivant. (V. fêtes légales.) Il a pour effet d'abord de donner au porteur le droit d'actionner tous les signataires de la lettre, ensuite de faire courir les intérêts. Le porteur ne conserve toutefois son recours contre les endosseurs qu'à la condition que, dans la quinzaine de la date du protêt, on le leur notifie, et on les assigne devant le tribunal de commerce â défaut de remboursement par eux.

A défaut de protêt et assignation devant le tribunal, le porteur est déchu de tous ses droits contre les endosseurs.

Ceux-ci, de leur côté, ont chacun le même droit de recours contre les endosseurs précédents et contre le tireur.

A l'égard du tireur, le défaut de protêt en temps utile ne fait pas perdre toute voie de recours au porteur, à moins que le tireur n'établisse qu il y avait provision à l'échéance.

Le porteur d'une lettre de change protestée peut en outre, avec la permission du juge, saisir eonservatoirement les effets mobiliers des tireurs, accepteurs et endosseurs : le juge, en ce cas, est le président du tribunal de commerce, mais c'est le tribunal civil qui peut valider la saisie et autoriser la vente des objets saisis.

Le porteur peut, pour se rembourser de l'effet protesté, tirer à son tour une nouvelle lettre de change sur le tireur ou l'un des endosseurs : c'est ce qu'on appelle faire retraite. La retraite comprend, outre le capital, les intérêts, les frais et le rechange, c'est-à-dire le prix du change payé par le porteur pour se procurer des fonds.

protévangile n. m. (du gr.

prôtos, premier, et de évangile).

Nom donné quelquefois à la promesse d'un Rédempteur et à la description de ce qu'il serait, faite dans les livres saints antérieurs à l'Evangile. Nom donné quelquefois à l'Evangile apocryphe de Jacques le Mineur.

prothèse [té-se] ou pros-

thèse [pros-tè-ze] n. f. {gr.prothesis). Partie de la chirurgie, qui a pour objet de remplacer un organe enlevé en partie ou en totalité par un appareil artificiel : prothèse dentaire.

— Encycl. Chir. La prothèse des membres se pratique très utilement, mais elle est à peu près im-

possible dans le membre supérieur, lorsque les doigts seuls t.. ut défaut. On emploie des appareil. simulant la forme du membre perdu, et qui sont constitués d'acier, de cuir, de bois et peuvent s'articuler dans diver i dir. Etions.

La prothèse dentaire a fait des progrès considérables ; on fixe les dents artificielles soit par des pivots, soit par des crochets, soit par des dentiers, faits en diverses compositions : gulta-p. rrha, or, etc.

prothétique adj. Qui a rapport à la prothese appareus prothëtûjue

prothoracique adj. Qui dépend du prothorax.

prothorax [raks] n. m. (préf. proto, et tho\

Segment antérieur du thorax des insectes.

prothyron n. m. (m. gr. ; de pro, en avant, et thura, porte). Archit. anc. Vestibule d'une maison grecque.^

protiste [tis-té] n. m. (du gr. prôtos, premier,. Organisme présentant, suivant Ilaeckcl , le plus grand degré de simplicité et se l'attachant par des caractères communs aux deux règnes.

protistologie [tis-to-lo-jt] n. f [&e protiste, et du gr. logos, discours . Science qui traite des êtres les plus simples, des micro-organismes, des protistes.

pretO fdu gr. prôtos, premier) préfixe qui signifie premier.

protobromure n.m. Chim. Combinaison d'un corps simple avec le brome, contenant la plus petite quantité possible de brome

protocanonique adj. (du préf. proto, et de canonique). Théol. Se dit d'un groupe de livres sacrés, par opposition aux ieutérocanoniqui

protocarboné, e a.lj. Chim. Qui est combiné avec la première proportion de carbone : hydrogène prolocarbouè.

protocarbure n. m. Chim. Combinaison carbonée au premier degré.

protocarburé, e adj. Chim. Qui est à l'état de protocarbure.

protOCatéchique adj. Se dit d'un acide qui prend naissance dans l'action de la potasse sur la catéchine.

protochlorure [hlo]u. m. Chim. Combinaison chlorée au premier degré.

protochloruré, e [klo] adj. Chim. Qui est à l'état de protochlorure.

prOtOCOCCacéeS [ko-ka-sé] n. f. pi. Famille d'algues vertes. S. une protoeoecaeée.

protocolaire [lè-ré] adj. Conforme au protocole : civilités protocolaires.

protocole n. m. (gr. prôtokolhm ; de prôtos, premier, et kolla, colle). Au moyen âge, étiquette d'archives, puis registre authentique. Formulaire pour dresser des actes publics. Procès-verbal de conférence diplomatique : dresser un protocole. Décision prise par une reunion de diplomates sur des questions de politique internationale. Règle du cérémonial à observer dans les affaires de diplomatie, dans les écrits de toute sorte employés dans les relations officielles entre les Etats et entre les ministres publics, dans les entrevues entre les chefs d'Etat et leurs représentants. Fig. : le protocole mondain.

protOCOque [ko-ke] n.m. Genre d'algues vertes, type d'une famille dite des prolococcacées, qui se reproduisent par zoospores ou par œufs.

protocyanure n. m. Chim. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le cyanogène.

protodorique adj. Archit. Se dit quelquefois d'un ordre particulier, caractérisé par la colonne polyédrique des Egyptiens.

protofluorure n. m. Chim. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le fluor.

Protogène, peintre et sculpteur grec du temps d'Alexandre le Grand, né à Caune. en Carie. Il'vécut à Rhodes, puis à Athènes. Il travaillait à la perfection, mais avec une extrême lenteur.

protOgyne adj. (du préf. proto, et du gr. gunc. femme). Se dit des fieurs hermaphrodites où la maturation du pistil devance celle des étamines. N. m. Roche acide éruptive, qui constitue le massif du Mont-Blanc.

protohistorique [is-to] adj. Qui appartient aux premiers temps de l'histoire.

protoiodure [/o-io] n. m. Combinaison d'un corps simple avec l'iode : protoiodure de fer.

protomartyr n . m . Titre donné à saint Etienne, considéré comme le premier en date des martyrs.

protome n. m. Genre de mollusques gastéropodes prosobranches, à coquille turriculée. pointue, qui vivent sur les côtes occidentales de l'Afrique.

protonéma ou protonème n. m. (du préf.

proto, et du gr. nèma, filament). Organes filamenteux verdàtres, engendrés par les spores des mousses et d'où naissent ensuite des tiges.

protoneurone n. m. (du préf. proto, et de neurone). Physiol. Premier neurone de la chaîne centripète ou centrifuge de l'axe réflexe ou volontaire-

protonique adj. (préf. pro, et tonique). Placé avant la syllabe tonique. N. f. La syllabe protonique.

protonotaire [tè-re] n. m. (préf. proto, et notaire). Premier notaire des empereurs romains. Au moyen âge. nom donné aux arehichanceliers ou chefs de la chancellerie. Protonotaire apostolique, officier de la cour de Rome, chargé d'enregistrer les actes pontificaux et d'en surveiller les expéditions.

— Encycl. Il y a trois sortes de protonotaires: 1"> les protonolaires apostoliques participants, au nombre de sept, qui seuls enregistrent les actes pontificaux et en surveillent les expéditions ; 2° les protonotaires apostoliques ad instar participantium . prélats assimilés aux premiers- Ces deux catégories de protonotaires ont le droit de porter un costume violet: 3» les protonotaires honoraires, titulaires (ne portant que le titre) ou protonotaires noirs, n'ayant pas droit au costume violet.

protonotariat [ri-a] n. m. Charge, dignité de protonotaire.

protopaschite [pas-ki-te] n. m. (du préf. proto, et du gr. paskha, pâque). Nom donné souvent aux sabbatiens, hérétiques qui célébraient la pâque à la même date que les juifs.

PRO

protopathie [tf] n. t. du préf. proto, et du r pathos, maladif). Affection en quelque s. nie autonome, qui n'est ni la suite, ni la conséquence d'un1 autre maladie.

protophosphoré [fos fo^ré], e adj. Chim. Qui est & l'état de pcotophosphure.

protophosphure [fos-fu-ré] n. m. Chim.

Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le phosphore.

protophylle n. f. (du préf. proto, et du gr. phullon, feuille). Feuille séminale, premier.- feuille d'une plante.

protophyllome n. m. (du préf. proto, et de phyllome). Rudiment de la feuille, par opposition au phyllome, qui est le membre entier.

protophytogène n. f. (du préf. proto, du gr.

phvton, plante, et eennân, engendrer), t'entre de développement primitif de la vie végétative.

protoplasique [zi-ke] adj. (du préf. proto, et du gr. plasis. action de façonner). Se dit des eellules tilles qui, dans la division d'un blastomère, reçoivent également toutes les substances provenant de la cellule mère.

protoplasma \plas-ma] ou protoplasme [vlàs-me] a. m. (du préf. proto, et du gr. plasma,

formation). Substance qui constitue le corps de la cellule vivante et qui contient généralement une partie différenciée, le noyau.

— Encycl. Le protoplasma apparaît constitué tantôt par une substance homogène (hyaloplasma), tantôt par des granulations, tantôt par une matière spumeuse, tantôt enfin par une substance filaire formant un réseau.

Ai point de vue chimique, le protoplasma est constitué par des nucléo-albumines et des globulines; il peut en outre renfermer diverses matières de réserve, des matières minérales, etc. Le protoplasma est une substance vivante, qui jouit de la propriété d'assimilation et de ses conséquences (accroissement, division). Les protoplasmas réagissent aux excilants, mécaniques, chimiques et physiques ; ils peuvent émettre des pseudopodes et subissent des attractions et des répulsions. Ils possèdent des phénomènes d'assimilation et de désussimilation. Pour les phénomènes de division du protoplasma, V. CARYOCINÈSE.

protoplasmique plas-mi-ke] adj. Qui appartient au protoplasma : la rie protoplasmique. (On dit

aUSSi PROTOPLASMATIQUE.)

protoplaste [plas-te] n. m. (du préf. proto, et du gr. plasis. formation). Partie protoplasmique de la cellule, spécialement constituée par la plastine.

protoptère n. m. Genre de poissons dipnoï-

3ues, renfermant des formes allongées, cylindriques, e grande taille, qui vivent dans la vase des marais de l'Afrique tropicale.

protOSébaste [bas-té] n. m. (du préf. proto, et du gr. sebastos, vénérable). Titre honorifique de la cour byzantine.

protoséléniure n. m. Chim. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le sélénium.

protosiphon n. m. (du préf. proto, et de siphon). Caecum siphonal existant dans la loge initiale de la coquille de certains mollusques céphalopodes.

protOSpathaire [tos-pa-tè-rr] n. m. (du préf. proto, et du gr. spath', épée). Dignité de la hiérarchie byzantine.

protosulfure [<o-sw<] n. m. Chim. Premier degré de combinaison d'un corps simple avec le soufre.

protosyncelle [to-sin-si-lé] n. m. (préf. proto, et syncelle). Vicaire d'un patriarche ou d'un évêque de l'Eglise grecque.

protothalle n. m. (préf. proto. et thalle). Premier vestige de l'organisation des lichens.

protOthrone n. m. (s;r. protothronos). Premier évêque d'une province grecque.

prototype n. m. (préf. proto. et t.'//>e). Original, modèle, premier type, premier exemplaire. Fig. Exemple le plus parfait : le chien est le prototype de l'amitié. Adjectiv. : médaille prototype.

prototypé, e adj. Se dit d'un ouvrage en langue étrangère, destiné à servir d'exercice de traduction, et dans lequel on indiqué la forme sous laquelle l'élève doit chercher chaque mot dans le dictionnaire : un De viris prototype.

prototypique adj. Qui appartient à un prototype.

protovertébral, e, aux [i-èr] adj. Qui a

rapport à la protovertèbre.

protovertèbre [ver] n. f. Segment dé la corde dorsale de l'embryon des vertébrés.

protovestiaire [vés-tUe-re] n. m. Dignité de la cour byzantine ; chef des vestiaires.

protoxyde [tok-si-dé] n. ni. Chim. Oxyde le "'•uns oxygéné d'un métal : protoxyde de fer. '

protoxyde [tok-si-dé], e adj. Chim. Qui est à l'état de protoxyde : fer protoxyde.

protozoaire [zo-é-re]n. m. (du préf.proto, et du gr. zoon, animal). Animal comptant parmi les formes les plus simples du règne animal. N. m. pi. Embranchement du règne animal, renfermant les formes irhizopodes, infusoires) réduites souvent à une masse gélatineuse sans enveloppe ni noyau, et qui se reproduisent par division. S. un protozoaire. (V. la planche mollusques.)

protracteur, trice adj. Qui opère la protraction : muscle protracteur.

protraction [traksi-on] n. f. (préf. pro, et traction . Traction en avant.

protrus, e tru, u-z<-] adj. [lat. prolrusus). Se dit d'un organe qui semble avoir été poussé devant un autre.

protrusion [tru-zion] n. f. (de protrus). Action qui pousse un organe en avant, dans des eonanormales.

protubérance n. f. (de protubérant). Saillie : Gdtl on ' nnnaitre les aptitudes d'après les

protuli crâne. Au tîg. : les montagnes *<>iit

de l'écorce terrestre.

— Encycl. Anal. La. protubérance cérébrale ou annulaire, dite aussi pont de Varole. est située audessus du bulbe. Sa substance, grise, l'orme six noyaux d'où naissent divers nerfs crâniens : facial, moteur oculaire externe, pathétique, moteur ocu-

laire commun, masticateur. Les maladies de la protubérance engendrent dos paralysies.

— Astr. La chromosphère (v. soleil) est le plus souvent garnie sur son contour apparent de petits appendices coniques et irréguliers pentes flammes . qui sont des protubérances rudimentaires. D'ailleurs, on désigne sous le nom général de protubérance les filaments lumineux, ainsi que les amas, Jets, panaches, etc., qui se présentent comme appendices de la chromosphère. On a montré que ces protubérances peuvent s'élever à 400. ooo Kilomètres de la surface solaire; elles se transforment avec la plus grande rapidité.

protubérant [ran], e adj. (lat. protuberans; du préf. pro, et de tuber, bosse). Qui forme une pro tubérauce.

protubérantiel, elle [ran-si-il, ê-/e] adj. Qui esi eu forme de protubérance.

protuteur, trice n. il.it protutor, trix). Personne qui, sans avoir été nommée tuteur ou tutrice, est fondée a administrer les affaires d'un mineur, notamment hors des pays où celui-ci est domicilie.

protypographique adj. (du préf. proto, et

de typographie). Qui est antérieur à l'invention de l'imprimerie : ouvrage, manuscrit protypographique. prOU adv. (anc. t'v. proust ; peut-être du lat. ^jrodest, il est utile). Beaucoup : on souffre toujours peu ou prou. (Vx.) Ni peu ni prou, en aucune façon.

Prou (Maurice , historien français, né à Sens en 1861, professeur à l'Ecole des Chartes, auteur d'un Manuel de paléographie latine et française du vi« au xiiic siècle et dé la Gaule mérovingienne.

Proudhon ( Pierre - Joseph), socialiste et publiciste français, né à Besançon, m à Passy( 1809-1805; ; auteur de théories fameuses sur la propriété, et fondateur d'un intéressant système mutualiste. Il a critiqué avec vigueur le communisme, l'étatisme, et aussi le système économique fondé sur le machinisme.

Il voulait concilier la bourgeoisie et le prolétariat et constituer une classe moyenne. Parmi ses œuvres, Proudhon.

citons : Qu'est-ce que lapro-

priété? les Contradictions économiques, et sa Correspondance, d'un intérêt capital.

proudhomen, enne [do-ni-in, é-ne] adj. Qui

a rapport à Proudhon, à son système.

proue [proù] n. f. (lat. prora). La partie de l'avant d'un navire : les proues des anciennes galères étaient ornées de sculptures. Ant. Poupe.

prouesse [è-se] n. f. (de preux). Action décourage, de valeur : les prouesses de Hagard. Vaillance. Fig. Exploit, succès : les prouesses d'un buveur.

Proust [proust'] (Louis-Joseph), habile et savant chimiste français, né et m. à Angers (1754-1820) ; auteur de recherches sur le sucre, qu'il parvint à extraire du raisin.

prouter [té] v. a. et n. Pop. Se plaindre, grogner.

prouvable adj. Qui peut être prouvé : assertion prouvable. Ant. Improuvable.

Prouvaires (conspiration de la rue des), organisée à Paris, en 1832, par les légitimistes. Elle avorta misérablement.

prouver fae] v. a. (lat. probare). Etablir de façon indéniable la vérité, la réalité dé : les faits prouvent plus que les raisonnements. Témoigner, être le signe de : le dévouement prouve l'affection. Prov. : Qui prouve trop ne prouve rien, une preuve est infirmée par ce l'ait que, dépassant le but. elle tendrait à établir des choses qui sont certainement fausses.

provéditeur.n. m. (ital. provveditore . Fonctionnaire de l'ancienne république de Venise, chargé d'inspections, de gouverner une province, etc.

Proven, comm. de Belgique (Flandre-Occidentale, arr. d'Ypres); 1.770 h. Chaises.

provenance n. f. (de provenir). Origine : marchandises de provenance étrangère. Marchandise, objet provenu : les provenances des pays infectés sont soumises à la quarantaine. Fig. Source, origine : la provenance d'un mot.

provenant [nari\, e adj. Qui provient.

Provençal, e, aux [van], originaire ou habitant de la Provence : 1rs Provençaux. Adjectiv. : population provençale. N. m. Langue parlée en Provence : Mistral a écrit son poème de Mireille en provençal. Loc. adv. : A la provençale, à la manière des Provençaux.

— Encycl. Le mot provençal désigne tantôt l'ensemble des dialectes de langue d'oc, tantôt le dialecte propre à la Provence. Voici, au regard des mots français correspondants, quelques mots provençaux typiques. Prov. latz = fr. lez (près de); prov. pe z= fr. pied; prov. mor = vx fr. muert (il meurt) ; prov. ho = fr. bon ; prov. cap = fr. ch ief, chef. Les plus anciens documents provençaux remontent au x* siècle. A partir de 1350 environ, la langue parlée tombe à l'état de patois. Le français devient la langue littéraire du Midi et bientôt la langue usuelle des habitants des villes. De nos jours les félibres ont entrepris de faire reparaître à la vie littéraire les patois locaux (V. félibrige). Mistral se sert de la grammaire et de la phonétique du provençal, mais accueille les mots des autres dialectes de langue d'oc.

Provence [ van-se ), anc prov. de France, capit. Aix; divisée en haute et basse Provence , forme aujourd hui les départ, des Basses-Alpes, des Bouches* du-IUiôneet une partie de ceux de la Drôme, du Var et de Vaucluse. Elle a eu autrefois des rois royaume d'Arles,, puis des comtes, et fut enfin réunie à la France sou, Charles VIII en 1187. Elle se défendit vigoureuse nt, :, deux reprises, contre les armées de Charles-Quint. Climat sec, ensoleille, oliviers, orangers, mûriers, vignes.

PRO

Armes de Provence.

Provenchères-sur-Fave, oh.-l. de cant

des Vosges, arr. el a 1! kil de Saint-Dié; 700 h. — Le cant. a 7 comm. et 4.440 h.

provende [van-do] n. f. (lat. prabenda) révision de vivres. Econ. rur. Mélange de fourrages hachés et de graines concassées [noie gris, orge, seigle, avoine, mais, de résidus divers, que Ion donne aux moutons principalement, soit comme ration supplémentaire aux animaux à l'engrais, soit pour faire absorber au bétail des substances médicamenteuses.

provenir v. n. (lat. prouem"re;de pro, de, e' rentre, venir. — Se conj. comme venir.) Procéder. résulter, venir : le mal provient souvent de l'excès du bien.

proverbe [vèr-be] n. m. (lat. proverbiuoi). Maxime exprimée en peu de mots et devenue populaire : les proverbes sont les échos de l'expérience. Passer en proverbe, devenir proverbe : beaucoup de vers de Boileau sont passés en proverbes. Devenir proverbial : l'avarice d'Harpagon est passée en proverbe. Petite comédie qui est le développementu'un proverbe ; les proverbes d'Alfred de Musset.

Proverbes (Livre des), un des livres sapientiaux «le l'Ancien Testament, attribué à Salomon. C'est un recueil de sentences morales et religieuses, de règles de conduite pour tous les états de la vie.

proverbial, e, aux [ver] adj. Qui tient du proverbe : expression proverbiale. Qui est toujours cité comme type, comme vérité vulgaire : la cruauté proverbiale d'Attila.

proverbialement [ver, man]

adv. D'une manière proverbiale, (l'eu us.)

proverbialiser[i-6-r-6î-a-/('-se]

v. a Rendre proverbial.

provicaire \ke-re] n. m. fprèf.

pro, et vicaire). Ecclésiastique qui tient la place du vicaire.

provide adj. (lat. providus).

S'est dit pour prévoyant.

providence [dan-se] n. f. (lat.

providentia ; de pro, avant, et videre, voir). Thèol. Suprême sagesse par laquelle Dieu conduit toutes choses. Dieu (en ce dernier sens prend une majuscule) : les décrets de la Providence sont insondables . Fig . Personne qui veille, qui aide, protège la mère est la providence de la famille. Sœurs, filles de la Providence, nom de diverses congrégations (de Kuillc-sur-Loir, de Por tieux, de Troyes, etc.).

Providence (De la), traité de Sénèque le Philosophe (I" siècle ap. J.-C).

Providence [dan-se], v. des Etats-Unis, capit. de l'Etat de Rhode-Island ; 176.000 h. Bon port, commerce de blés, métallurgie.

providentialisme [dan-si-a-lis-me] n. m.

Système philosophique fondé sur l'idée de la Providence.

prOVidentialiSte [dan-si-a-lis-te] n. et adj. Se dit des partisans du providentialisme.

prOVidentialité [dan-si] n. f. Caractère de ce

qui est providentiel.

providentiel, elle [dan-si-èl. è-le) adj. Qui vient de la Providence : secours providentiel. Qui a reçu une mission de la Providence : c'est un rôle difficile que celui d'homme providentiel.

providentiellement [dan-si-è-le-man] adv.

D'une façon providentielle : Moise fut providentiellement sauvé des eaux.

provignable adj. Qui peut être provigné.

provignage ou provignement [manj n. m. Marcottage de la vigne par le moyen de pro-

Ordre

de ta Providence.

ngnage.

vins ; le provignage est pratiqué pour multiplier les cépages d'un enracinement difficile ou remplacer les souches qui ont péri.

provigner [gné] v. a. (deproWn). Syn. de marcotter, en parlant plus spécialement de la vigne V. n. Se multiplier par provins ou par marcottes : le rosier provigne beaucoup.

provigneur n. m. Celui qui provigne.

prOVin n. m. (du lat. propago, même sens). Cep de vigne on rameau d'arbre fruitier, que l'on recourbe et fixe en terre, pour le séparer du pied mère quand il a pris à son tour racine : le provin n'est séparé de la souche mère qu'après trots ans. Fosse dans laquelle est couché le rameau.

Provin, comm. du Nord, arr. et à 21 kil. de Lille; l.SOOh.

province n. f. (lat. provincia). Division territoriale, placée sous l'autorité d'un délégué du pouvoir central: les provinces de l'ancienne France. Les habitants : pacifier les provinces soulevées. Etat, pays : le roi d'une province. Toute la France en dehors de la capitale : se fixer en province. Les habitants des départements: la province envahit Pans. Antiq. rom. Pays conquis en dehors de l'Italie, assujetti aux lois romaines et administre par le gouverneur romain. Dr. can. Etendue de la juridiction d'une métropole. Groupe de maisons du même ordre, formant une des grandes divisions de tordre, sous l'autorité d'un provincial.

Province romaine, nom donné par les Romains à leur premier établissement dans la ville du Rhône. Auguste en fit la Gaule Narbonnai Elle comprenait alors la Provence et le Languedoc littoral, et avait pour capitale Narbonne.

Provinces-Unies, anc. nom des sept pro vinces des Pays-Bas, fédérées contre Philippe U. en 1579. V. Pays-Bas.

provincial, e, aux adj. Qui est de la province, qui lui appartient ; juges provinciaux. Qui tient de la province: accent provincial. Gauche:

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rmes de Provins.

«miY l'air provincial. N". Personne de la province. N. m. Supérieur régional de plusieurs maisons du même ordre religieux.

Provinciales {les) ou Lettres écrites par Louis de \fontalte à un provincial de ses amis et aux R.R, P. /'. Jésuites sur le sujet de la morale et île la politique de ces Pères, ouvrage de polémique religieuse sous la forme épistolaire par Pascal (23 janv. 1656 au 21 mars 1657). Dans ces dix-huit lettres anonymes, le célèbre écrivain prit fait et cause pour ses amis de Port-Royal contre les Jésuites. Après s'être tenu pendant quelque temps sur le terrain purement théologique, en essayant de montrer que les propositions condamnées par le pape ne se trouvent pas dans les livres de Jansémus, Pascal prend L'offensive sur le terroin de la ni" raie, et incrimine avec une magnifique éloquence l'Indulgence aux vices du lècle et le système des restrictions mentales. Chefd'œuvre de style simple, clair, alerte, d'ironie légère <ui d'Âpre indignation, les Provinciales ont beaucoup contribué .1 fixer la prose française.

provincialat [la] a. m. Charge de provincial. sa durée.

provincialement [man] adv. A la manière des provinciaux.

provincialisme [lis-me] n. m. Manière de

s'exprimer, propre à une province. Etroitesse. d'esprit, gaucherie particulière que l'on prête à la province, par opposition à Paris : le provincialisme est fort intolérant.

provincialité n. f. Caractère de la province ou d'une province.

Provins [vin], ch.-l. d'arr.

(Seine-et-Marne), sur la Voulzie, affl.de la Seine.Ch.de f. E., à 48 kil. de Melun ; 8.670 h.

(Provinois). Farines ; grains ; roses de Provins. Curieux donjon du xn« s. Patrie des poètes Pierre Lebrun et Hégésippe Moreau. — L'arr. a 5 cant., 101 connu., 50.510 h. Le cant. a 1+ connu., et H. 100 h.

proviseur [aeur] n. m. (lat. provisor). Chef d'un lycée.

provision [zi-on] n. f. (lat. provisio). Amas de choses nécessaires ou utiles : provision de blé. Faire ses provisions, ses emplettes de choses nécessaires à la vie. Ce qu'un tribunal adjuge provisoirement, ou qu'un client dépose préalablement : verser une provision à son avoué. Syn. de couverture, en t. de banque- Par provision, provisoirement. Jugement exécutoire par provision, préalablement. Dr. can. Mise en possession d'un bénéfice. Acte du supérieur qui donne un titre. N. f. pi. Lettres par lesquelles un bénéfice ou un office est conféré à quelqu'un.

— Encycl. Dr. En matière de change, c'est le tireur ou celui pour le compte duquel la lettre est tirée qui doit faire la provision. Même, dans ce dernier cas, le tireur est personnellement obligé envers les endosseurs et le porteur seulement. Une fois la provision faite, le tiré qui paye n'a pas de recours contre le tireur ou le donneur d'ordre ; s'il ne paye pas, il devient responsable envers eux. Si la provision n'a pas été faite, le tiré qui paye a un recours pour réclamer ses avances, et s'il ne paye pas il n'encourt aucune responsabilité.

Le porteur négligent n'est déchu vis-à-vis du tireur ou du donneur d'ordre qu'autant qu'il y avait provision.

La provision est une condition essentielle de la validité des effets. L'endossement translatif de propriété transfère la provision au bénéficiaire. L'existence de la provision est constatée par les mots

« valeur fournie en ». Elle n'a pas besoin

d'exister au moment de la création de l'effet ; il suffit qu'elle existe à l'échéance.

Jugement exécutoire par provision, v. juoemf.nt.

provisionné, e adj. Syn. anc. de approvisionné.

provisionnel, elle [zi-o-nel, è-Ie] adj. Qui se fait par provision : consignation provisionnelle.

provisionnellement [zi-o-nê-k-man] adv.

Au moyen d'une provision. (Peu us.)

provisoire [ zoi-re] adj. (lat. provisorius). Qui a lieu, qui se fait en attendant un autre état de choses: domicile provisoire. Gouvernement provisoire, gouvernement intérimaire. Dr. Prononcé par provision : jugement provisoire. N. m. Ce qui est provisoire : souvent, le provisoire dure longtemps- Dr. Décision par provision.

provisoirement [zoi-re -tnan] adv. Par provision : décision jn'ise provisoirement. En attendant : loger provisoirement à l'hôtel.

provisorat [so-ra] n. m. Fonction de proviseur. Sa durée.

provisorerie [zo-re-ri] n. f. Fonctions de proviseur. (Vx.)

provocant [kan], e adj. Qui irrite, excite ou incite : paroles, allures provocantes.

provocateur, trice n. et adj. Qui provoque, qui exprime la provocation : ton provocateur. Agent provocateur, individu qui a pour mission de pousser les gens à commettre certains délits.

provocatif, ive adj. Qui a le caractère d'une provocation : paroles provocatives.

provocation [si-on] n. f. (lat. provocatio). Action de provoquer. Acte par lequel on provoque : répondre a une provocation. Action de ce qui excite : provocation an sommeil.

— Encycl. Dr. La provocation à l'action coupable est l'un des modes de complicité prévus par le Code pénal; mais elle ne constitue un acte de participation punissable qu'autant qu'elle a lieu « par dons, promesses, mena;es, abus d'autorité ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables ».

Certains faits de provocation rendent excusables les meurtres, ainsi que les blessures et les 1 Ce sont : les coups et violences graves envers les personnes; l'outrage violent à la pudeur; le flagrant délit d'adultère dans la maison conjugale ; la violation, à l'aide d esca ade ou d'effraction, du domicile pendant le jour. D'autre part, la provocation rend excusable l'injure publique, mais à la condition que cette injure s'adresse à un particulier.

La provocation à certains crimes ou délits, à la désobéissance militaire, etc., qui, faite publiquement, peut résulter de discours ou écrits, est l'objet de prévisions spéciales.

provoquer Lé, v. a. lat. provocare,. Inciter, exciter : /*<" oqtti quelqu'un a boire. Défier : Fran-

,'t'i persomiellement Charles-Quint.

Absol. Proposer un duel. Agir de manière à s'attirer des représailles. Flg, Produire, occasionner: l'opium proi oque le sommeil.

Provost [vo] Jean-ISaptiste-François). acteur ns, né à Paris (1798-1805). Il joua avec éclat les financiers et les grimes à lu Comédie-Française.

proxène [prok-sè-ne] n. m. (gr. proxenot). Anlitj. gr. Magistrat ou citoyen qui, dans certaines cités, était chargé de recevoir au nom de- l'Etat les ambassadeurs, les hôtes publics et les étrangers de marque.

proxénète [proksé] a. (du gr. proxénète», courtier). Personne qui fait le honteux métier d'entremetteur.

proxénétisme [proksé-né-tis-me] n. m. Métier de proxénète.

— Encycl. Dr.V. PROSTITUTION.

proxénie [prok-sé-ni] n. f. (gr. proxenia). Antiq. gr. Fonctions ou titre de proxène. Honneurs et privilèges conférés aux hôtes publics d'un Etat. Contrat d'hospitalité publique entre deux Etats.

proximité [prok-si] n. f. (lat. proximitas). Voisinage dans l'espace; rapprochement des temps. Parenté : la proximité du sang. Loc. adv, A proximité et loc. prép. A proximité de, près de.

proyer [proi-ié] n. m. Genre d'oiseaux passereaux conirostres, renfermant une seule espèce de bruants, qui arrivent en France au printemps et émigrent en octobre vers l'Egypte et l'Arabie.

proZOÏque adj. (du préT. pro, et du gr. zôon,

animal). Qui est antérieur à l'apparition des êtres vivants : terrain prozolque.

prude n. et adj. (de prude femme . fém. de prud'homme). Qui affecte une circonspection excessive dans tout ce qui touche à la bienséance : les prudes sont généralement des hypocrites. Qui marque la pruderie : air prude. Signif. autref. Qui est d'une vertu austère.

prudemment [da^mari] adv. Avec prudence : s'avancer prudemment. Ant. Imprudemment.

prudence [danse] n. f. (lat. prudenlia). Vertu qui fait prévoir et éviter les fautes et les dangers : faire preuve de prudence. Prov. : La prudence est la mère de la sûreté, c'est en élant prudent qu'on évite le danger. Ant. Imprudence.

Prudence [dansé] (Aurelius Prudentius Clemens), poète latin chrétien, du iv« siècle, né à Calahorra (Espagne) en 318, 1" premier poète chrétien ; auteur d'hymnes et de pièces écrites dans une langue rude, mais dans im style imagé et plein d'enihousiasme. Citons ses recueils : le Cathemerinon et le Peristephanon. Une de ses hymnes, le Saleete, flores martyrum, figure dans le bréviaire romain.

Prudence (saint), évêque de Troyes, né en Espagne, m. à Troyes en 801. Il travailla à réformer les monastères de France et écrivit contre les hérésies. Fête le 6 avril.

prudent [dan], e adj. (lat. prudens). Qui a de la prudence : un conseiller prudent. Conforme à la prudence : réponse prudente. Substantiv. Personne prudente : le prudent prévoit le danger. Ant. Imprudent.

prudentiel, elle [dansi-êl, è-le] adj. Qui tient

de la prudence, qui est dicté par la prudence.

prudentiSSime [dan-tl-si-me] adj. Très prudent.

pruderie >i] n. f. Caractère de prude : la pruderie est la caricature de la sagesse. Acte de prude ; des pruderies ridicules.

prud'homal, e, aux adj. Qui appartient au conseil des prud'hommes.

prud'homie [do-mî] n. f. Probité. Grande expérience des affaires. (Vx.)

prud'homme [do-me] n. m. (de preux, de, et homme, signif. homme sage et probe). Membre d'un conseil électif, composé par moitié de patrons et d'ouvriers pour juger ou terminer les différends professionnels par voie de conciliation.

— Encycl. Prud'hommes (conseil des). On nomme ainsi une juridiction qui a pour mission de concilier ou déjuger rapidement les contestations s'élevant entre fabricants et ouvriers, relativement à l'exercice de leur industrie.

Les conseils des prud'hommes sont établis par décrets en conseil d'Etat, sur la demande des chambrés de commerce ou des chambres consultatives des arts et manufactures. Us sont danr les attributions et sous la surveillance du ministère de la justice et soumis aux mêmes règles disciplinaires que les autres tribunaux.

Il n'en existe que dans les villes constituant des centres industriels. Ils sont recrutés, par voie d'élection, parmi les patrons et les ouvriers, en nombre égal.

Le nombre des prud'hommes et la circonscription de chaque conseil sont fixés par le décret d'institution.

Tout conseil des prud'hommes se divise en deux bureaux, qu'il constitue lui-même : l'un appelé bureau particulier ou de conciliation ; l'autre, bureau '/encrai ou de jugement. Le bureau particulier est composé de deux membres, dont l'un est patron, l'autre ouvrier; il a pour mission de régler à l'amiable les contestations. Au cas de non-conciliation, l'affaire est renvoyée devant le bureau général, composé d'un nombre égal de prud'hommes patrons et de prud'hommes ouvriers.

L'appel, lorsqu'il est recevable, est porté devant le tribunal civil.

Les parties peuvent se faire assister et, en cas d'absence ou de maladie, se faire représenter par un ouvrier ou un patron exerçant la même profession. Les chefs d'industrie peuvent se faire représenter par le directeur gérant de leur établissement ou par un employé. Le mandataire doit être porteur d'un pouvoir soit sur papier libre, soit au bas de l'original ou de la copie de l'assignation.

Meiluiilc c*.* (.rud huiutue-.

Joseph Prudhomme.

Prud'hommes [médaille des), médaille portée à l'audience et dans les assemblées publiques par les

<n seillers ]i nul ' b 0 mmes. Instituée en 1828.

elle a été modifiée dans sa formées 1908.

C est, aujourd'hui une médaille ronde, que l'on porte suspendue à nn ruban di-

1 isé en deux bandes verticales d'égale largeur, rouge et bleue.

Prudhomme (Joseph,, type moderne de la nullité satisfaite et de la banalité magistrale, dont la mise en relief est due à Henri Monnier, dans les Mémoires de Joseph Prudhomme I857j. Monsieur Prudhomme se rencontre un peu partout, mais I articulièrement dans la petite bourgeoisie, où il se fait facilement reconnaître à la solennité banale de son langage. On lui doit des phrases aussi creuses que sonores, qui sont tantôt des truisrnes. tantôt des aphorismes d'une logique contestable :

l'est mon opinion, et je la partage... Le char de l'Etat navigue sur un volcan. Avant d'écrire les Hémoires de Joseph Prudhomme, le spirituel auteur avait lait jouer à 1 Odéon, en 1852. une comédie en cinq actes intitulée :

Grandeur et décadence de M. Prudhomme, où se irouve ce mot si comique : •• Ce sabre est le plus beau jour de ma vie. »

prudhommerie [do-me-rî] n. f. Caractère, langage analogues à ceux de Monsieur Prudhomme.'

prudhommesque do-mis-ke] adj. Sentencieusement banal : conseils prudhommesquee.

Prud'hon (Pierre Prudon, dit Pierre-Paul , peintre français, né à Cluny (Saône-et-Loire), m. à Paris (1758-1823). 11 eut une vie tourmentée' et ne commença guère à être apprécié que sous l'Empire. Composition habile, parfois un peu théâtrale ; dessin correct, beauxeffets de clair-obscur, poésie pénétrante et vaporeuse, tels sont les caractères de ce talent charmant. On admire surtout son tableau:

la Justice et la Vengeance poursuivant le crime (Louvre). Citons encore : l'Enlèvement de Psyché, l'Assomption, etc. Prud'hon fut le peintre le plus original de son temps.

prudoterie [ri] n.f.

Pruderie mesquine et sotte.

prue [prù] n. f. Lien l'ait avec deux tiges flexibles. Nom donné à des pièces de bois qui retiennent entre elles les deux parties d'un train flotté.

pruine n. f. (lat. pruina). Matière grenue, cireuse, qui recouvre les prunes, les cliampignons, les feuilles de choux.

pruiné, e adj. Qui est couvert de pruine.

pruinosité n. f. Bol. Syn. de pruine.

prune n. f. (lat. prunum). Fruit du prunier : eau-de-vie de prunes. Aux priâtes; viennent les pru-

Prunes : A, reine-Claude ; B, mirabelle : C, d'Apen ; D, sainte- CathLinie; É, quetsche: F, de Monsic-ir : G, kirke; H, goulled'Or ; I, du Japou.

nés. l'été prochain. Pour des prunes, pour des bagatelles: pour rien. Pop. Avoir sa prutie, être gris. — Encycl. La prune est un drupe à péricarpe charnu et comestible. Allongée ou globuleuse, elle possède en général une peau fine de couleur variable, recouverte d'un enduit appelé pruine, qui se détache facilement sous le doigt. On récolte les prunes lorsqu'elles sont complètement mûres. Les principales variétés sont : la reine-Claude, la mirabelle, la prune de Monsieur, la prune précoce de. Tours, la j)rune d'Agen, la quetsche, etc. (v. le tableau et la planche fruits). On prépare à l'aide des prunes des confitures et des compotes, et l'on en tire une eau-de-vie par fermentation et distillation.

PRU

pruneau [nà] n. m. (de prune). Prune séchéc au four ou au soleil : les pruneaux dAgen, de l'ours. Pop. Projectile. Chique de tabac. Fille ou femme dont la peau est très brune.

— Excycl. Les pruneaux sont prépares par séchage des prunes au soleil, puis au tour doux. Cuits dans de l'eau sucrée avec un peu de cannelle, de teste de citron et de vin rouge, les pruneaux constituent un laxatif doux.

prunées [né] n. f. pi. Tribu des rosacées, ayant pour type le genre prunier (prunus). S. une prunie.

Sjn. de AMYolm i i -

prunelaie [le] n. t. Lieu planté de pruniers.

prunelée [lé] n. f. Confiture de prunes.

prunelet [le] n. m. Boisson faite avec des prunelles ou avec des prunes séchées au four.

prunelle [nè-le] n. f. (dimin. de prune). Petite prune sauvage, fruit du prunellier, dont on fait une liqueur dite aussi prunelle.

prunelle [nè-le] n. f. (de pnnîe). Ouverture du milieu de l'œil, par laquelle passe la lumière. Œil. regard. Jouer de la prunelle, lancer des regards provocants. Connue ta prunelle de ses yeux, avec grand soin, avec amour.

prunelle [nè-le] n. f. Etoffe légère de laine.

prunelle [nè-le] ou prunella [nèi-ia] n. f.

Genre de labiées, renfermant des herbes vivaces a fleurs rouges, bleues ou blanches, groupées en épis, et qui croissent dans ies régions tropicales. (On dit

aussi BRUNF.I.I.E et BRUNELLA.)

Prunelli-di-Fiumorbo,ch -i.de c. (Corse).

arr. et à 51 kil. de Corte ; 1.200 h. — Le cant. a 5 comm. et 3.630 h.

prunellier [né-li-é] n. m. Nom d'une espèce de prunier sauvage, qui vient surtout dans les haies.

— Enctcl. Le prunellier (prunus spinosa), commun dans les haies de toute la France, est appelé aussi prunier sauvage, prunier épineux, épine noire ; on en fait des haies défensives, et il peut servir de sujet pour le greffage du pêcher. Ses fruits (prunelles ) . d'un noir bleuâtre, renferment une pulpe âpre , dont on tire une liqueur et de l'eaude-vie.

prunier

[m-e] 11. m. Pruoell,er de, h.ie,.

Genre de rosacées, surtout cultivées pour leur fruit comestible (prune).

— Enctcl. Les pruniers sont des arbres ou des arbrisseaux dont on connaît aujourd'hui de très nombreuses variétés; mais on n'est pas fixé sur l'origine même du genre. Rustique sous le climat de France, le prunier se plaît dans tous les sols, â condition qu'ils ne soient ni trop compacts, ni humides. On cultive aussi dans les jardins d'agrément des variétés de prunier à fleurs roses ou pourpres, d'un bel effet ornemental. (V. le tableau fruits.)

pruniforme adj. Qui a la forme d'une prune.

prunine n. f. Mucilage de la gomme du prunier-

prurigineux, euse [ji-neu, eu-ze] adj. Qui est de la nature du prurigo. Qui cause de la démangeaison : éruption prurigineuse.

prurigo n. m. (m. lat. ; de prurire, démanger). Nom générique d'un certain nombre de dermatoses caractérisées par des démangeaisons ou prurit, et par l'existence de papules plus ou moins volumineuses, munies d'une croùtelle noirâtre et dues aux effets du grattage.

— Encycl. Le plus important des prurigos est le prurigo de Bébra; le traitement de cette affection consiste en huile de foie de morue, arsenic, bains d'amidon et cure à la Bourboule ou à Salies-de-Béarn.

prurit [ri ou rit'] n. m. (lat. pruritus; de prurire. démanger). Altération fonctionnelle des nerfs de la peau, qui ne dépend pas de lésions cutanées antérieures appréciables, mais est le plus souvent subordonnée â une cause générale, et qui produit une vive démangeaison.

— Encycl. Le traitement du prurit est très variable et souvent très difficile à mener à bien : on ordonne les lotions très chaudes, les décoctions, les injections de pilocarpine, les pulvérisations antiseptiques, les grands bains alcalins ou les bains d'amidon et quelquefois les cautérisations au nitrate d'argent.

pruriteux, euse [teu. eu-ze] adj. Qui cause des démangeaisons, du prurit. (On dit aussi pruritant, E.)

Prusa, v. de l'anc. Bithynie; auj. Brousse.

Prusias [zi-ass] I", roi de Bithynie de 237 à 192 av. J.-C, beau-frère de Philippe de Macédoine, qu'il aida à combattre les Romains; — Prusias II. son fils, roi de Bithynie de 192 à 148. Il accueillit Annibal, qu'il consentit à tuer devant les menaces des Romains; mais Annibal. prévenu, s'empoisonna.

Prusse, royaume du centre de l'Europe ; 818.702 kil. car.; 37.893.000 h. (Prussiens); 14 provinces, dont les deux tiers sont des conquêtes ou des usurpations. Capit. Berlin ; v. principales : Cologne, Breslau, Francfort, Pose n, fcœnigsberg, Balle, Magdebourg, Hanovre, Steltin. Sol inégalement fertile, plat et sablonneux en général, arrosé par le "Weser. l'Elbe, l'Oder, la Vistule ; commerce actif. V. Allemagne.

La grandeur de la Prusse est due tout entière à la maison des Hohenzollern. originaire de Souabe, et dont les membres devinrent princes de l'Empire sous Charles IV. En 1417. Frédéric VI de Hohenzollern. margrave de Nuremberg, acheta à Sigismond I" l'électoral de Brandebourg, pri i. le nom de Frédéric ltr et fonda une dynastie dont les entreprises militaires furent brillamment secondées par les chevaliers teutoniques, que sécularisa, en |523, leur grand maître, Albert de Brandebourg. En loi».

Armoiries de la l'rus

l'électeur Jean Sigismond hérita du duché de Prusse la Prusse et le Brandebourg se trouvèrent donc

réunis sous le sceptre des Hohenzollern, devenu^ ainsi les maîtres de tout le pays compris entre la Baltique et la Vistule. Frédénc-Gtiiltaitme ( (640-

1088) intervint en véritable condottiere dans les affaires européennes, tira de notables bénéfices de la paix de Westphalio, où il gagna Camin et Mindcn.

organisa l'Etat prussien très fortemenl centralisé, créa une armée permanente, accueillit avec empressement les victimes de la révocation de l'édit de Nantes, auxquelles il donna des terres et des privilèges, posa en un mot les bases de la grandeur de sa patrie. En 1701, en récompense des services qu'il lui avait rendus pendant la guerre de la Ligue dAugsbourg, la maison de Habsbourg reconnut Frédéric 111 (1688-1713) comme roi de Prusse sous le nom de Frédéric I". Frédéric-Guillaume 1", le roi-sergent, sans avoir eu à soutenir de grande guerre, mit son armée sur un pied magnifique ; elle fut utilisée par Frédéric 11, le Grand "(1740-1786), habile administrateur et grand capitaine, qui se distingua dans la guerre de succession d'Autriche et résista pendant la guerre de Sept ans aux efforts combinés de la France, de l'Autriche et de la Russie. 11 peupla ses Etats en y attirant un puissant courant d'immigration et agrandit fortement le territoire prussien, qui bénéficia de la conquête de la Silésie, des démembrements successifs de la Pologne. Une décadence s'esquisse avec le règne du frivole Frédéric- Guillaume II. Vaincue a Valmy par la Révolution (1792), a Iéna par l'Empire (1806), et amoindrie â Tilsit (1807). la Prusse, dans un bel élan de patriotisme, auquel collaborèrent les poètes et les savants, réorganisa son armée et prit sa revanche contre la France à Leipzig, à Waterloo et au congrès devienne, où elle rentra en possession de ses territoires perdus. Entrée dans la Confédération germanique, elle y prit peu à peu au détriment de l'Autriche, malgré les efforts de Metternich et selon le vœu des libéraux et des patriotes allemands, une influence qui, sous le règne de Guillaume I" (18611888), amena entre Vienne et Berlin, à la suite de la campagne du Danemark (1864), une rupture dont la victoire de Sadowa (1866), l'exclusion de l'Autriche de la Confédération et la ruine de la petite féodalité allemande furent la conséquence. La Confédération de l'Allemagne du Nord, sous l'hégémonie de la Prusse, remplaça l'ancienne Confédération germanique. Quatre ans plus tard, les Prussiens triomphaient de la France, grâce à l'incurie du gouvernement de NapoléonlII. et nous imposaient le traité de Francfort, qui nous enleva l'Alsace-Lorraine (1871). Pendant la guerre, les Etats allemands avaient proclamé à Versailles le roi de Prusse empereur d'Allemagne, sous le nom de Guillaume 1".

La Prusse, dans le nouvel Empire allemand, a son gouvernement particulier et ses assemblées propres, le Landtag et la Chambre des seigneurs, dont les votes et les désirs sont quelquefois en contradiction avec ceux du Reichstag de l'Empire.

PrUSSe-Occidentale, prov. de Prusse; 641.700 h. Capit. Dantzig.

Prusse - Orientale , prov. de Prusse ; 2.030.000 h. Cupit.JCœnigsberg.

Prusse -Rhénane ou Province du

Rhin, prov. de Prusse; 6.436.000h. Capit. Coblenlz. prussianiser [pru-si-a^ni-zé] v. a. Rendre

prussien.

prussianisme [pru-si-a-nis-me] n. m. Caractère, tendance de la nation prussienne.

pruSSiate [pi-u-si-a-le] n. m. Chim. Sel, appelé aussi cyanure, dérivant de l'acide prussique.

Prussien, enne [pru-si-in, l-ne], habitant ou originaire de la Prusse : les Prussiens. Adjectiv. : Varmée prussienne. Cheminée prussienne ou à la prussienne, v. ciikminée. Loc. adv. A la prussienne, à la manière des Prussiens, avec une régularité automatique ; faire Vexercice à la prussienne.

prussique |pru-si-Ae] adj. Acide prussique,

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